droits des femmes
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Droits des femmes : tout ce que vous devez savoir sur les dates clés du féminisme en France

Droit de vote, légalisation de la contraception et de l’interruption volontaire de grossesse, création du Planning Familial, autorité parentale partagée, égalité des salaires, parité, harcèlement sexuel, lutte contre les violences faites aux femmes, écriture inclusive… Les progrès sont nombreux, les combats parfois violents, mais il reste encore du chemin à faire en faveur des Droits des femmes.
Retour sur les personnalités et les événements marquants de 1791 à 2019.

[Utilisez les flèches gauche et droite pour naviguer entre les événements ou faites glisser la souris sur la frise chronologique.]

[Document mis à jour au gré de l’actualité]

Les personnalités et événements qui ont marqué l’histoire du féminisme et les droits des femmes en France

1791 – Olympe de Gouges première féministe

Marie Gouze, dite Olympe de Gouges, est une femme de lettres née à Montauban (Tarn-et-Garonne) en 1748. Autrice de nombreux essais en faveur des droits civiques et politiques des femmes, et de l’abolition de l’esclavage des Noirs, elle publie en 1791 la « Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne ».
Grande figure de la Révolution française, elle est considérée comme l’une des pionnières du féminisme en France. Elle meurt guillotinée en 1793.

1804 – Vu dans le Code Civil :

« Le mari doit protection à la femme, la femme doit obéissance au mari. »

1876 – Hubertine Auclert fonde la société « Le droit des femmes »

Journaliste, écrivaine, Hubertine Auclert est la première militante française à se déclarer “féministe”. Elle se mobilise pour la République et les droits des femmes, notamment en faveur de l’éligibilité des femmes et leur droit de vote. Elle innove dans le combat féministe en proposant par exemple l’idée du contrat de mariage entre conjoints avec contrat de mariage et la féminisation de certains mots (témoin, avocat, électeur, député, etc.). Sa société deviendra « Le suffrage des femmes ».

En 1877, elle lance un appel : « Femmes de France, nous aussi nous avons des droits à revendiquer : il est temps de sortir de l’indifférence et de l’inertie pour réclamer contre les préjugés et les lois qui nous humilient. Unissons nos efforts, associons-nous ; l’exemple des prolétaires nous sollicite ; sachons nous émanciper comme eux ! ».

13 février 1881 – 1er numéro du journal « La Citoyenne »

Ce journal bimensuel lancé par Hubertine Auclert paraîtra jusqu’en 1891. Avec sa ligne éditoriale féministe, il défend l’émancipation des femmes, exigeant notamment la modification du code Napoléon et le droit pour les femmes de se présenter aux élections.

9 décembre 1897 – « La Fronde », le premier quotidien féministe au monde

Fondé par Marguerite Durand, ancienne journaliste au Figaro et féministe, « La Fronde » est le premier journal français entièrement conçu, dirigé et distribué par des femmes. Marguerite Durand veut ainsi prouver que les femmes peuvent réussir dans le monde du journalisme, à l’époque largement dominé par les hommes.

D’abord quotidien jusqu’en 1903, puis mensuel, il sera diffusé jusqu’en 1905.

1903 – Marie Curie reçoit le prix Nobel de physique

Née Maria Sklodowska à Varsovie en Pologne, Marie Curie est connue pour ses recherches sur la radioactivité, avec son mari Pierre Curie, ce qui lui vaudra de recevoir le prix Nobel de physique avec le professeur Henri Becquerel. En 1911, elle recevra le prix Nobel de chimie pour la découverte de nouveaux éléments : le radium et le polonium.

Marie Curie est la seule femme à avoir reçu deux prix Nobel.

1907 – Salaire

Les femmes mariées peuvent disposer librement de leur salaire.

1909 – Congé maternité

La loi institue un congé de maternité de huit semaines sans rupture du contrat de travail.

1919 – Création du baccalauréat féminin

Les programmes scolaires et épreuves d’examen deviendront les mêmes pour les filles et les garçons seulement au cours de l’année scolaire 1924-1925.

18 février 1938 – Les femmes peuvent s’inscrire à l’université

… sans l’autorisation de leur mari.

21 avril 1944 – Les Françaises obtiennent le droit de vote

Le droit de vote et d’éligibilité est accordé aux femmes françaises. Elles voteront pour la première fois aux élections municipales du 29 avril 1945.

28 octobre 1949 – Simone de Beauvoir publie « Le Deuxième Sexe »

Dans cet essai, Simone de Beauvoir dénonce une société aliénante pour les femmes et appelle à la lutte pour leur émancipation. Vendu à plusieurs millions d’exemplaires depuis sa sortie et traduit dans plusieurs langues, « Le Deuxième Sexe » est devenu l’ouvrage de référence de la philosophie féministe.

8 mars 1956 – Création de La Maternité Heureuse qui deviendra le Planning Familial

« La Maternité Heureuse » est un mouvement de femmes clandestin en faveur du contrôle des naissances. Il deviendra le Mouvement Français pour le Planning Familial (MFPF) en 1960.

Le Planning Familial a pour objectif l’éducation sexuelle, la lutte pour le droit à la contraception et à l’avortement.

13 juillet 1965 – Les femmes mariées peuvent exercer une profession sans l’autorisation de leur mari

La loi modifie le régime légal du mariage pour les couples se mariant sans contrat : les femmes peuvent gérer leurs biens, ouvrir un compte en banque et exercer une activité professionnelle sans le consentement de leur mari.

28 décembre 1967 – Légalisation de la contraception

La loi Neuwirth (du nom du député Lucien Neuwirth qui l’a proposée à l’Assemblée Nationale) autorise la contraception dès 18 ans. Mais elle n’est pas pour autant remboursée par la Sécurité Sociale et sa publicité est interdite. Les décrets d’application ne seront publiés qu’entre 1969 et 1972.

3 février 1970 – Autorité parentale partagée

La loi relative à l’autorité parentale conjointe modifie le Code Civil et substitue l’autorité parentale conjointe à la « puissance paternelle » (les deux époux assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille).

29 avril 1970 – Les femmes sont admises à Polytechnique

26 août 1970 – Naissance du MLF

Dix femmes déposent une gerbe « à la femme du soldat inconnu » sous l’Arc de Triomphe à Paris. Cette manifestation marque la naissance du Mouvement de Libération des Femmes (MLF), cofondé notamment par Antoinette Fouque.

Le MLF intervient pour la protection des femmes, pour lutter contre les violences faites aux femmes et pour le droit à l’avortement.

5 avril 1971 – Le Manifeste des 343

Le Nouvel Observateur publie le « Manifeste des 343 », signé par 343 femmes, parmi lesquelles de nombreuses personnalités comme Catherine Deneuve, Françoise Sagan, Agnès Varda, Jeanne Moreau ou encore Marguerite Duras. Elles déclarent avoir avorté et réclament l’avortement libre.

Une semaine après sa publication, Charlie Hebdo a contribué à la popularité de ce Manifeste et à son ampleur médiatique en titrant en Une « Qui a engrossé les 343 salopes du Manifeste de l’avortement ? ». Autant dire que depuis, l’expression des “343 salopes” est restée !

8 novembre 1972 – Procès de Bobigny

L’avocate Gisèle Halimi défend cinq femmes jugées pour pratique ou complicité d’avortement, dont Marie-Claire Chevalier, une mineure qui avait avorté après un viol.

Ce célèbre procès a servi d’amorce à la loi Veil de 1975 autorisant l’IVG.

22 décembre 1972 – À travail égal, salaire égal

Une loi pose le principe de l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes.

16 juillet 1974 – Françoise Giroud, première Secrétaire d’État à la condition féminine

Création d’un Secrétariat d’État à la condition féminine. Françoise Giroud, célèbre journaliste et fondatrice de L’Express, lancera cent mesures pour les femmes.

« La femme serait vraiment l’égale de l’homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente. »
Françoise Giroud, Le Monde – 11/03/1983

17 janvier 1975 – Légalisation de l’avortement

Promulgation de la loi autorisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dite « loi Veil », adoptée pour une période de 5 ans.

11 juillet 1975 – Divorce par consentement mutuel

Loi initiée par Valéry Giscard d’Estaing autorisant le divorce par consentement mutuel.

1975 – Benoîte Groult publie « Ainsi soit-elle »

Militante engagée depuis mai 1968, la romancière et journaliste Benoîte Groult publie « Ainsi soit-elle », et devient ainsi une référence dans le féminisme.
Dans cet ouvrage à l’humour corrosif, elle dénonce la condition des femmes, la suprématie masculine et pour la première fois, ose aborder le délicat sujet des mutilations génitales féminines comme l’excision.

« À toutes celles qui vivent dans l’illusion que l’égalité est acquise et que l’Histoire ne revient pas en arrière, je voudrais dire que rien n’est plus précaire que les droits des femmes. »

1976 – Mixité obligatoire dans les écoles

6 mars 1980 – Marguerite Yourcenar à l’Académie française

Marguerite Yourcenar est la première femme élue à l’Académie française.
Suivront ensuite : Jacqueline de Romilly (1988), Hélène Carrère d’Encausse (1990), Florence Delay (2000), Assia Djebar (2005), Simone Veil (2008), Danièle Sallenave (2011), Dominique Bona (2013).

Oui à ce jour, parmi les 731 « immortels » que compte l’Académie française depuis sa fondation en 1635 par Richelieu, seulement 8 femmes ont occupé l’un des 40 fauteuils !

23 décembre 1980 – Loi sur le viol

La loi relative à la répression du viol et de certains attentats aux mœurs donne une définition précise du viol et le reconnaît comme un crime : « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui, par violence, contrainte, menace ou surprise, est un viol. »

21 mai 1981 – Yvette Roudy, ministre déléguée aux Droits de la femme

François Mitterrand, nouvellement élu président de la République, transforme le Secrétariat d’État aux femmes en « ministère des Droits de la femme » dont il confie la responsabilité à Yvette Roudy pendant cinq ans.
Elle mettra en oeuvre notamment la loi relative à la prise en charge des frais liés à l’IVG non thérapeutique par la Sécurité Sociale.

8 mars 1982 – La France organise sa première « Journée internationale des femmes »

La médiatisation de cette journée permet de mettre en avant les enjeux de l’égalité entre les femmes et les hommes. C’est Clara Zetkin, journaliste, enseignante et militante allemande qui avait proposé cette journée dédiée à la mobilisation des femmes, à la Conférence internationale des femmes socialistes, à Copenhague en 2010. La tradition ne se met en place qu’à partir de 1917 lors de la grève des ouvrières à Saint-Pétersbourg. Après 1945, la « Journée des femmes » est célébrée dans tous les pays socialistes. Elle est célébrée par les Nations-Unies en 1975, reconnue officiellement en 1977, puis en France en 1982. Aujourd’hui dans de nombreux pays dont la France, cette journée est appelée « Journée internationale des Droits des Femmes » [et non pas journée de LA femme !].

1983 – Loi sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes

L’une des lois importantes mises en oeuvre par Yvette Roudy, alors ministre déléguée aux Droits de la femme.

1984 – Congé parental et égalité des époux

Congé parental autorisé à chacun des parents salariés, sans distinction de sexe. Égalité des époux dans la gestion des biens du foyer et des enfants.

5 septembre 1990 – Viol entre époux

La Cour de Cassation reconnaît pour la première fois le viol entre époux. Les 15 ans de réclusions prévus dans la loi de 1980 pour un viol sont majorés à 20 ans en cas de viol entre époux.

15 mai 1991 – Édith Cresson est la première femme nommée Premier ministre

Et reste la seule à ce jour.

2 novembre 1992 – Harcèlement sexuel au travail

Loi sanctionnant l’abus d’autorité en matière sexuelle dans les relations de travail.

18 octobre 1995 – Parité

Création de l’Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes (OPFH).
Institué auprès de la ministre en charge des Droits des femmes, ce service assure une fonction d’expertise et d’évaluation des politiques publiques visant à favoriser l’égalité entre les femmes et les hommes dans les domaines politique, économique et social.

Depuis 2013, il a été remplacé par le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes (HCE), créé par Najat Vallaud-Belkacem.

8 mars 1998 – Féminisation des noms

Publication au Journal Officiel (JO 57 du 8 mars) d’une circulaire relative à la féminisation des noms de métier, de fonction, grade ou titre.

8 mars 1999 – Manifeste « Les Chiennes de garde »

Cette association féministe créée par l’écrivaine Florence Montreynaud et la romancière Isabelle Alonso, défend les femmes contre les insultes sexistes, notamment dans l’espace public, les médias, la publicité. Leur action a pour but de « décrypter, dénoncer, résister » car selon leur devise : « Adresser une injure sexiste à une femme publique, c’est insulter toutes les femmes ». Leur manifeste compte de nombreuses personnalités du monde politique, artistique et culturel parmi les signataires.

25 novembre 1999 – Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes

Le 25 novembre marque pour la première fois la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, soutenue par l’Organisation des Nations Unies. C’est l’assassinat ce même jour en 1960 des sœurs Mirabal – militantes politiques dominicaines – qui est à l’origine de ces campagnes de sensibilisation organisées par les gouvernements, les ONG et les organisations internationales.

1er juin 2000 – 1ère représentation des « Monologues du vagin »

La pièce de théâtre créée par la dramaturge et féministe américaine Eve Ensler en 1996 à Broadway, est mise en scène par Tilly pour la première fois à Paris avec Fanny Cottençon. Considérée comme un pilier du féminisme, la pièce a été interprétée dans plus de 130 pays et traduite en 46 langues.

6 juin 2000 – Les femmes en politique

Égal accès des femmes et des hommes aux fonctions électives et mandats électoraux.

10 août 2001 – Création du congé de paternité

Une nouvelle loi permet au père de prendre un congé de paternité de onze jours.

4 mars 2002 – Choix du nom de famille

La loi n°2002-304 relative au nom de famille vise à renforcer l’égalité entre les père et mère en substituant la notion de nom de famille à celle de « nom patronymique ».

Cette loi offre aux parents la possibilité de transmettre à leur enfant soit le nom du père, soit le nom de la mère, soit les deux noms accolés dans l’ordre choisi par eux.

1er février 2003 / 8 mars 2003 – Ni putes ni soumises

En réaction à la mort de Sohane, 17 ans, brûlée vive dans un local à poubelles de la cité Balzac à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), un collectif de 7 filles « Ni putes ni soumises » vont parcourir la France pendant un mois.
Cette marche des cités « contre les ghettos et pour l’égalité » arrivera à Paris le 8 mars.

2006 – Alignement de l’âge légal du mariage pour les filles et les garçons à 18 ans

23 mars 2006 – Égalité des salaires

Promulgation de la loi n°2006-340 relative à l’égalité salariale entre les femmes et les hommes.
Cette loi prévoit la suppression des écarts de rémunération entre femmes et hommes dans un délai de cinq ans, le renforcement des droits des femmes en congé de maternité et favorise l’accès des femmes à l’apprentissage.

5 avril 2006 – Prévention et répression des violences conjugales

La loi n°2006-399 renforce la prévention et la répression des violences au sein du couple ou commises contre les mineurs (JO n° 81 du 5 avril).

14 mars 2007 : Mise en place du 3919, un numéro de téléphone national pour les victimes et témoins de violences conjugales.

2008 – Création du Mouvement HF

L’association créée en Rhône-Alpes a pour objectif « l’égalité réelle entre femmes et hommes aux postes de responsabilité, dans l’attribution des subventions, dans les programmations, dans les instances de décisions et de nominations » dans les arts et la culture.
Aujourd’hui, la Fédération interrégionale du Mouvement HF compte 14 collectifs régionaux.

28 février 2008 – 1ère manifestation publique de « La Barbe »

Ce groupe d’action féministe français dénonce de manière ironique l’absence ou la sous-représentation des femmes dans des instances de pouvoir économiques, politiques, culturelles et médiatiques. Affublées de barbes postiches comme symbole de la pilosité masculine, les militantes opèrent sur des actions publiques mises en scène, comme lors de la séance de dédicaces du journaliste et écrivain Éric Zemmour.
À Toulouse, le groupe existe depuis 2011.

2008 – Naissance des FEMEN

Ce mouvement féministe créé en Ukraine par Anna Hutsol entre autres, regroupe des activistes aux actions commandos menés seins nus pour défendre le droit des femmes.

Inna Shevchenko, figure médiatique, est la leader actuelle en France des FEMEN.

9 juillet 2010 – Violences faites aux femmes

Promulgation de la loi n°2010-769 relative aux violences faites aux femmes, aux violences au sein du couple et à leurs incidences sur les enfants.

Cette loi renforce le dispositif de prévention et de répression des violences faites aux femmes, en instituant notamment l’ordonnance de protection des victimes et le délit de harcèlement moral au sein du couple.

27 janvier 2011 – Loi Copé-Zimmermann

Les grandes entreprises doivent veiller à une représentation équilibrée des femmes et des hommes dans les conseils d’administration et de surveillance, et à l’égalité professionnelle.

8 mars 2012 – Pacte de l’égalité

Le Pacte pour l’égalité, proposé à la signature des candidat·e·s à la présidentielle de 2012, a pour objectifs de les interpeller sur la question de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, et de proposer une série de mesures permettant de l’instaurer.

Il sera signé en 2013 par François Hollande aux côtés d’Olga Trostiansky, cofondatrice du Laboratoire de l’Égalité.

21 juin 2012 – Création du Ministère des Droits des femmes de plein droit

Mise en place d’un gouvernement paritaire et préparation de la loi sur l’égalité entre les femmes et les hommes (depuis 1986, les droits de femmes s’exerçaient au gré des gouvernements).

Najat Vallaud-Belkacem est nommée ministre des Droits des femmes avec la volonté de faire émerger une « troisième génération de droits des femmes ». Elle crée notamment en 2013 le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes, présidé par l’ancienne députée Danielle Bousquet.

6 août 2012 – Harcèlement sexuel

Promulgation de la loi sur le harcèlement sexuel (JO du 7 août). Le texte donne une nouvelle définition du harcèlement sexuel, établit des circonstances aggravantes et détermine les sanctions qui y sont associées.

Cette loi a été votée en procédure d’urgence à la suite du vide juridique provoqué par une décision du Conseil Constitutionnel qui avait annulé l’article du Code pénal sur le harcèlement sexuel. Le Conseil avait jugé que l’article était contraire au principe constitutionnel de l’égalité des délits et des peines, dans le cadre d’une question prioritaire de constitutionnalité.

22 novembre 2012 – Manifeste des 313

Pour faire écho à sa publication en 1971 du « Manifeste des 343 » à propos de l’avortement, Le Nouvel Obs publie le « Manifeste des 313 ».

Comme Clémentine Autain, femme politique à l’origine de cet “acte politique”, toutes déclarent avoir été violées et se mobilisent pour qu’enfin « la parole se libère, car le silence, la honte et la culpabilité font le jeu des violeurs ». Pour qu’émerge la réalité sociologique de ce crime qu’est le viol.

25 mars 2013 – L’IVG et les contraceptifs médicaux remboursés pour les mineures de plus de 15 ans

Décret qui établit le remboursement à 100% du forfait IVG par l’Assurance maladie ainsi que la gratuité des contraceptifs médicaux pour les mineures âgées de plus de 15 ans.

4 août 2014 – Loi pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes

Promulgation de la loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes (JO du 5 août). Le texte vise à combattre les inégalités hommes-femmes dans la sphère professionnelle, publique et privée. Elle prévoit notamment la sanction du non-respect des dispositions sur l’égalité professionnelle, par l’interdiction d’accès à la commande publique (marchés publics, contrats de partenariat et délégations de service public).

20 septembre 2014 – Discours d’Emma Watson au siège des Nations Unies

Ambassadrice de bonne volonté d’ONU Femmes, l’actrice britannique Emma Watson fait un discours très remarqué à New York dans le cadre de la campagne #HeForShe : « Je m’adresse à vous en ce jour, car j’ai besoin de votre aide. Nous souhaitons mettre fin aux inégalités entre les sexes, et pour y parvenir, l’implication de tous est indispensable. (…) L’égalité des sexes est aussi votre problème. »

2016 – 1er Plan interministériel en faveur de l’égalité professionnelle

Ce plan est inscrit dans la continuité des grandes avancées en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes au travail, marquées par la loi Roudy de 1983, la loi Copé-Zimmermann de 2011 et la loi pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes adoptée en 2014. Il poursuit trois objectifs :

  • Créer des emplois
  • Diminuer le taux de chômage des femmes
  • Améliorer la performance économique des entreprises et accompagner les transformations du marché du travail

1er janvier 2016 – Taxe tampon

Baisse de la TVA sur les produits d’hygiène féminine de 20% à 5,5%. Les serviettes hygiéniques, tampons et coupes menstruelles sont désormais considérés comme des produits de première nécessité.

20 janvier 2016 – #JamaisSansElles

140 entrepreneurs, acteurs du numérique, des médias et de la politique s’engagent à ne plus participer à des événements, débats, panels d’experts ou tables rondes sans femmes.

L’appel lancé sous le hashtag #JamaisSansElles par le Club des Gentlemen pour voir davantage de femmes intervenir dans les manifestations publiques, a donné naissance à l’association éponyme présidée par Tatiana F. Salomon et Guy Mamou-Mani.

6 avril 2016 – Lutte contre la prostitution

Promulgation de la Loi n°2016-444 visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et accompagner les personnes prostituées.

21 janvier 2017 – Women’s March

La Women’s March on Washington (Marche des Femmes) s’est déroulée le lendemain de l’investiture du président des États-Unis Donald Trump, afin d’envoyer un message fort à la nouvelle administration menaçante pour la condition féminine, selon lequel « les droits des femmes sont des droits de l’Homme » (voire de l’humain). Les manifestantes portaient le fameux pussy hat, un bonnet rose aux oreilles de chat devenu depuis un signe de ralliement de la “révolution” des femmes et un symbole féministe anti-Trump.

Ce mouvement politique a rassemblé des centaines de milliers de personnes à Washington. Des marches sœurs (« Sister Marches ») ont été organisées partout dans le monde (408 aux USA et 168 dans d’autres pays). En France, des manifestant·e·s se sont rassemblé·e·s pour défendre les droits et les libertés des femmes notamment à Paris, Marseille, Bordeaux, Toulouse et Montpellier.

Septembre 2017 – L’écriture inclusive fait débat

Le principe de l’écriture inclusive ? Rétablir la parité dans la langue française en utilisant des règles orthographiques plus neutres et égalitaires. Exit par exemple le « masculin l’emporte sur le féminin » au pluriel (règle adoptée du reste en 1647 alors que jusqu’au XVIIe, tous les noms de métiers, fonctions et dignités exercées par des femmes avaient leur féminin : autrice, doctoresse, charpentière…).
Bonjour la féminisation des noms, une communication dégenrée et l’utilisation des mots épicènes (dont la forme ne varie pas selon le genre). L’écriture inclusive se caractérise aussi par l’ajout d’un point médian dans un mot (artisan·e·s, client·e, lect·eur·trice·s etc.)

Encouragée par le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes dans son « Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe » publié en 2015, l’écriture inclusive crée pourtant la polémique, surtout depuis la publication par l’éditeur Hatier d’un manuel scolaire en mars 2017 l’utilisant.

13 octobre 2017 – #BalanceTonPorc

Après les révélations sur l’affaire Weinstein, les femmes osent parler des harcèlements sexuels – voire agressions sexuelles – dont elles ont été victimes dans leur travail.

#BalanceTonPorc est un hashtag créé sur Twitter par la journaliste française Sandra Muller expatriée à New York, pour dénoncer les abus sexuels au travail et inciter les femmes à témoigner sur les réseaux sociaux afin de briser les tabous autours du harcèlement sexuel.

Insultes dans la rue, gestes déplacés, menaces, agressions… c’est une avalanche de témoignages qui déferle sur la Toile – plus de 50 000 tweets en un weekend. À tel point que le hashtag est passé en deux jours au top des « tendances France » sur Twitter.

15 octobre 2017 – #MeToo

En réponse à #BalanceTonPorc et cet élan solidaire, aux États-Unis, l’actrice Alyssa Milano incite toutes les femmes à dénoncer les abus sexuels dont elles ont été victimes : « Si vous avez été harcelée ou agressée sexuellement, écrivez “moi aussi” en réponse à ce tweet ».

Là aussi, le sujet s’est retrouvé en tête du réseau social car plus de 27 000 personnes en deux jours ont publié des statuts, y compris sur Facebook, sous le hashtag #MeToo.

8 mars 2018 – 8 mars 15h40

Les femmes en France sont toujours payées 26% de moins que les hommes. Comme si elles arrêtaient tous les jours d’être payées à 15h40…

1er mars 2019 – Féminisation des noms de métiers et de fonctions

Dans sa séance du jeudi 28 février 2019, l’Académie française a adopté à une large majorité le rapport sur la féminisation des noms de métiers et de fonctions présenté par une commission d’étude comprenant quatre de ses membres.

Pour aller plus loin :

8 mars – Journée internationale des Droits des Femmes en Occitanie : découvrez le programme

Carole Delga pour l’Égalité femmes-hommes en Occitanie

Le féminisme à travers les générations

Harcèlement de rue inversé : comment les hommes réagissent ?

Sextrémisme : Femen ouvre la voie

Égalité professionnelle ? Just do it !

Sources :

egalite-femmes-hommes.gouv.fr
Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes
Centre national d’information sur les droits des femmes et des familles
8mars.info
Vie Publique
France TV Education
Linternaute
Le Monde (en BD)
« 100 ans de combats pour la liberté des femmes » de Frédérique Agnès et Isabelle Lefort – Flammarion
Images d’archive : France Télévisions / INA Institut National de l’Audiovisuel / Gaumont 1944-45
Wikipédia

Et maintenant, où en sommes-nous des droits des femmes ?

Le 25 novembre 2017 lors de son discours depuis le Palais de l’Élysée à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le président Emmanuel Macron a déclaré l’Égalité entre les femmes et les hommes « grande cause nationale » du quinquennat. Les premières mesures gouvernementales portent sur la lutte contre les violences sexuelles et sexistes.
Au-delà de l’urgente nécessité d’une prise de conscience et d’une sensibilisation de toute la société, il s’agit en effet de mettre en oeuvre les actions sur le terrain.

Le bilan est lourd. L’édition 2018 de la brochure « Vers l’égalité réelle entre les femmes et les hommes – l’Essentiel » rassemble les dernières données statistiques sexuées dans différents domaines tels que l’éducation et la formation, l’emploi, la précarité, la santé, la culture, le sport, les violences faites aux femmes. Voici quelques exemples.

Quelques chiffres-clés – 2018

  • Une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son partenaire ou ex-partenaire.
  • En 2016, 225 000 femmes ont déclaré avoir été victimes de violences physiques et/ou sexuelles par leur conjoint ou ex-conjoint.
  • 27% des femmes ont subi des discriminations en raison de leur sexe.
  • 79% des femmes sont régulièrement confrontées à des attitudes ou décisions sexistes dans la sphère professionnelle.
  • 72% des tâches domestiques sont réalisées par les femmes.
  • 82% des femmes estiment que la publicité renvoie des images qui suscitent des complexes.
  • En 2016, près d’un tiers des femmes travaillent à temps partiel (30,1% des femmes actives / 8,2% des hommes actifs).
  • En 2014, l’écart des salaires entre les femmes et les hommes était de -18,6%.
    L’écart des retraites était de 653 € (femmes : 1007 € / hommes : 1660 €).
  • Les femmes sont davantage touchées par la précarité et les plus jeunes par la pauvreté.
  • Plus de femmes parmi les élus, mais elles restent minoritaires dans les présidences.
  • Les plafonds de verre se retrouvent dans chaque secteur.
  • Les femmes sont de plus en plus visibles dans les spectacles vivants et la musique, mais pas assez dans le cinéma.
  • Les femmes vivent plus longtemps que les hommes, mais en moins bonne santé.

Ces chiffres montrent que l’Égalité des femmes et des hommes est un objectif majeur de ce siècle (décennie ?). Certes, des politiques publiques sont mises en oeuvre pour l’atteindre, mais la mobilisation doit se généraliser à l’ensemble de la population, dans tous les domaines, y compris au sein du foyer. Rendre effective l’Égalité, lutter contre le sexisme et pour les Droits des femmes est un combat de tous les jours.

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