dimanche 23 juin 2024
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Charlotte Tandou – Wilbi

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Choisir son futur métier est souvent un moment de grand questionnement dans lequel on ne se sent pas toujours bien accompagné. Consciente de cet enjeu majeur, Charlotte Tandou a créé Wilbi une appli qui réveille un peu le fastidieux parcours d’orientation professionnelle en proposant de découvrir les métiers en immersion directement avec les professionnels.

Pouvez-vous nous présenter votre activité ?

Wilbi c’est une application de découverte des métiers pour aider les jeunes (mais pas qu’eux) dans leur orientation avec un concept un peu innovant. C’est-à-dire que, une fois inscrit sur l’application, pendant plusieurs jours, on va recevoir des vidéos, format « story » comme sur Instagram, d’une vraie avocate, boulanger, graphiste…etc. qui nous montre et nous explique son quotidien en vidéo. Donc ça permet d’avoir une vision très concrète et réaliste de ce qu’est le métier. L’application est totalement gratuite.
On travaille aussi avec des entreprises et des organisations professionnelles qui ont des besoins de valorisation de métier pour faciliter le recrutement bien souvent.

Comment est née l’idée ?

Cette idée m’est venue pendant mes études. J’ai fait un Master en marketing et communication et dès le début de ma 4e année on m’a demandé d’avoir une idée innovante à développer sur les 2 ans de Master. J’ai pensé aux jeunes parce que ma mère est assistante maternelle et je côtoie les petits qu’elle garde depuis ma naissance. J’ai aussi un filleul qui est dans l’âge crucial de l’orientation. En pensant justement à eux je me suis dit que c’était assez incroyable qu’on n’ait toujours pas développé d’outils pour leur permettre de découvrir quel est très concrètement le quotidien des métier pour qu’ils puissent s’y projeter et se dire si oui ou non ils s’imaginent dans ce métier là. Et je me suis dit puisqu’aujourd’hui ils ont un téléphone greffé au bout de leurs mains autant l’utiliser à bon escient en leur montrant des vidéos de la même manière qu’ils suivent des influenceurs mais pour suivre des pros.

J’ai fait des concours d’entrepreneuriat en parallèle de mes études pour valider le concept. J’ai eu d’assez bons retours des jurys et j’ai gagné des prix et donc je me suis dit «Go ! En fait je n’ai rien à perdre, il faut que je le lance.»

Mon associé, Corentin Bouffard, est arrivé dans l’aventure un peu avant la fin de mon Master. En gros, cela me faisait un peu peur de me lancer seule parce qu’il y a quand même eu des discours où on me disait : «Mais tu es jeune, tu n’as pas d’expérience. Pourquoi veux-tu monter une boîte ?». Donc j’ai voulu trouver quelqu’un qui ait des compétences un peu complémentaires aux miennes. J’ai tapé sur Google « comment trouver un associé » et je suis tombée sur un site qui s’appelle Biznessful où ils font la mise en relation entre des porteurs de projets et des personnes qui cherchent à s’investir dans des projets et c’est là que j’ai trouvé Corentin. Donc on a fait plusieurs rendez-vous ensemble pour voir si le projet lui plaisait, si les compétences matchaient, si on avait la même vision etc. Ça a plutôt bien fonctionné et encore aujourd’hui on continue de bosser ensemble et ça se passe très bien.

Comment ça a démarré ?

Très rapidement on est tombés sur un appel à projet du ministère de l’Éducation et celui de l’Enseignement supérieur, qui était “MOOC et solutions numériques pour l’orientation”. Je déteste parler de chance, c’est que du travail, mais là il faut avouer que le timing était plutôt pas mal. On a candidaté, on a été sélectionnés et on a passé des auditions ensuite à Paris qui étaient assez impressionnantes pour être honnête. Je pense que ça nous a tous les deux biens marqués mais on était assez contents. Le confinement est arrivé et on a reçu une réponse positive disant qu’on était lauréats de cet appel à projet. Et on ne va pas se mentir, ça a été un énorme coup de pouce financier parce que quand on démarre, hormis les quelques bourses qu’on va chercher et notre capital, c’est compliqué. Donc le fait d’avoir de la subvention qui vient dès le début, ça a été très chouette pour nous. Ça nous a permis de se lancer et aussi d’avoir de la visibilité puisqu’ils ont fait en sorte qu’on soit référencés sur Parcoursup comme outil d’aide à l’orientation. Ce sont des vrais coups de pouce non négligeables quand on démarre.

Vous êtes accompagnés ?

On était dans un premier incubateur pendant un an et là ça fait un peu plus de 2 ans qu’on est au Village by CA, qui nous permet d’avoir à la fois des locaux pour l’équipe, un accompagnement et surtout, ce qui est important en fait, c’est de pouvoir échanger avec les autres start-ups parce qu’on traverse les mêmes étapes et ça fait souvent du bien de pouvoir échanger entre nous.

Ce qui a été déclencheur et très motivant pour moi, c’est les concours.

Charlotte Tandou
Des conseils pour lancer un projet ?

Je dirais tout simplement déjà de se lancer, parce que c’est le plus dur à faire. Mais une fois qu’on a franchi le cap, on est dans une mouvance qui fait qu’on y va à fond. Ce qui a été quand même déclencheur et très motivant pour moi, c’est les concours. Il y a énormément de concours qui existent pour les porteurs de projets. Même au tout début, quand on est juste au stade d’idée, il faut y aller, il faut le tenter parce que je trouve qu’il n’y a rien eu de plus bénéfique que d’être face à un jury de personnes qui savent de quoi ils parlent (pour la plupart des cas) et qui vous confronte à certaines problématiques et permettent de faire évoluer son concept de base.

Et puis après, il ne faut pas avoir peur de parler de son idée. Je sais qu’au début on a tendance à la garder parce que c’est notre bébé et on a peur qu’on nous la vole, ce qui est juste, parce qu’on n’est pas à l’abri et ça arrive, mais en fait plus on en parle plus on a des avis et plus on peut la faire évoluer aussi.

Qu’est-ce qui vous motive ?

C’est de me dire qu’il y a des centaines de milliers de personnes qui en partie ou grâce à Wilbi, trouvent ce qui va les faire vibrer eux, qui va leur donner la pêche justement tous les matins de se lever en allant vers un travail qui leur plaît vraiment. Si j’avais un petit mot à glisser, ce serait envers toutes les personnes qui nous font confiance. Donc il y a tout l’entourage, mais il y a surtout les membres de notre équipe, parce qu’on est passé de deux à maintenant six personnes et bientôt 7. Et l’équipe j’en suis très contente aujourd’hui. Elle est soudée, elle est à fond. Donc ça fait vraiment plaisir. Et remercier aussi nos clients, mais surtout les ambassadeurs métiers qui prennent le temps de se filmer, de montrer leur quotidien à des jeunes qu’ils ne connaissent même pas, mais voilà ce côté entraide et partage qui me plaît énormément et sans eux l’appli n’existerait pas. Donc nos ambassadeurs, je les remercie constamment.

Photo de couverture Charlotte Tandou ©Grizette.

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