lundi 5 décembre 2022
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Sophie Franco – La Food Locale

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Sophie Franco est une hyper active, débordante d’énergie et d’idées. Vous l’avez déjà peut-être croisée à Toulouse quand elle animait le blog Boudu Toulouse qu’elle avait lancé pour faire profiter les Toulousain·es de ses bons plans. Nous la retrouvons aujourd’hui à la tête de La Food Locale, l’agence qu’elle a créée avec son associée Estelle Elias.

Présentez-nous La Food Locale

La Food Locale est une agence spécialisée dans la communication, l’accompagnement et l’événementiel pour les professionnel·les de l’alimentation. On travaille avec des restaurants, des labels et toutes les personnes et entreprises qui travaillent dans le secteur de l’alimentation.

Quel est votre parcours Sophie Franco ?

J’ai commencé par faire des études de tourisme et puis j’ai créé un blog qui s’appelait Boudu Toulouse parce que j’adorais écrire, tout comme j’adorais Toulouse. Ce blog a vécu pendant sept ans et il présentait des adresses, de la bouffe, notamment à Toulouse. Grâce à cette expérience, j’ai découvert le secteur de la communication, des réseaux sociaux, du référencement. J’ai découvert la com’ au sens large et j’ai adoré. Ensuite, je suis devenue chroniqueuse pour un journal, j’ai fait plein de choses en lien avec la com’ suite à Boudu Toulouse et la suite logique de tout cela, c’était la création de mon agence La Food Locale.

Comment est née La Food Locale ?

C’était d’abord une rencontre. Ma rencontre avec Estelle Elias, mon associée. Elle a été restauratrice pendant sept ans et quand on s’est rencontrées, ça a été un coup de foudre professionnel et on s’est dit qu’on allait entreprendre ensemble. On a donc cherché des choses, on est parties un peu dans tous les sens et La Food Locale c’était l’évidence par rapport à nos parcours respectifs : elle en tant que cheffe d’entreprise et gérante de restaurant, et moi, en étant dans la com’.

On adorait ce que l’on faisait et on a uni nos forces. On est très complémentaire et on partage un socle de valeurs communes. On rigole beaucoup ensemble et notre association se passe très bien. Avant de créer une agence, on voulait tellement travailler ensemble. Et c’est ce qui fait la force de l’agence aujourd’hui.

Quelles sont vos valeurs ?

On est très engagées dans le féminisme, premièrement, et même pour la planète au sens plus large. On est chacune maman et on essaie de faire plein de petites choses qui vont faire en sorte que l’avenir soit meilleur. En tout cas, on essaie d’aller dans ce sens.

C’est quoi être féministe aujourd’hui ?

C’est nécessaire et essentiel d’être féministe.

Sophie Franco

Le fait d’accéder à l’égalité femme-homme rendra le monde meilleur, je pense. Pourquoi on est féministes à l’agence ? Et pourquoi je le suis personnellement ? C’est parce que je n’en peux plus de voir ces injonctions aux femmes. Il suffit de regarder les violences faites aux femmes, l’inégalité des salaires, l’inégalité de traitement à tellement d’endroits dans notre société. Je pense donc que c’est nécessaire et essentiel d’être féministe. D’ailleurs, l’invisibilisation des femmes dans les médias dans le domaine de l’alimentation de manière générale, me pose vraiment problème aussi.

C’est pour ça que vous avez lancé le prix Femmes de Food ?

Ça a commencé par le fait que j’en avais marre que l’on m’invite à des tables rondes où il n’y avait pas de femmes sur le sujet de l’alimentation. J’en avais marre de voir des reportages où l’on mettait en avant que les chefs hommes. Ça me rendait dingue et j’ai donc commencé par faire une vidéo qui réunissait cinquante femmes du domaine à Toulouse, pour dire que les femmes sont bel et bien présentes.

Cette vidéo a vraiment eu un fort impact sur les réseaux sociaux et suite à ça, plusieurs mois plus tard, on a décidé de créer un prix qui s’appelle le prix Femmes de Food, avec Elodie Pagès, qui est une super femme dans le domaine de l’alimentation.

On a fait deux éditions déjà, mais on espère qu’un jour ce prix n’aura plus besoin d’exister. Mais il est là aujourd’hui pour mettre les femmes du secteur de l’alimentation sur le devant de la scène. Le message qu’on fait passer c’est : « Regardez ! Elles sont là ! Arrêtez de nous dire que vous ne trouvez pas de femmes quand vous organisez des tables rondes et quand vous écrivez des articles« . C’est plus possible aujourd’hui de dire cela et c’est justement ce pourquoi on a fait ce prix.

Les mots, c’est votre force ?

J’ai toujours écrit, j’ai toujours été fascinée par le pouvoir des mots et je pense que c’est sûrement une des grosses valeurs ajoutées de l’agence, de prendre l’essence de l’entreprise du client et essayer de transmettre une histoire. Ça va être à travers mes mots, à travers les mots de mes clients, mais on va ajuster pour que ça raconte quelque chose. Je ne sais pas faire autrement. C’est-à-dire que le fait de raconter une histoire me permet de donner du sens à ce que je fais, dans tous les pans de ma vie. Même sur mes propres réseaux sociaux, je vais raconter l’histoire de mon post-partum, je vais raconter une anecdote du quotidien qui va prendre dix pages d’un carrousel Instagram.

Voilà, je ne sais pas faire autrement. Ça a toujours fait partie de ma vie et j’adore les entreprises qui racontent des histoires. Je suis très touchée par ce concept et c’est ce que je veux faire avec mes clients de manière générale, raconter leurs histoires.

Des conseils pour lancer un projet ?

Je ne pense pas qu’il y ait une formule magique dans l’entrepreneuriat ou dans le fait de porter un projet. Une telle chose n’existe pas. Le seul point commun que j’ai toujours trouvé avec les gens, qui à mon sens représentent la réussite, c’est qu’ils n’ont rien lâché. C’est-à-dire que quand on se lance dans un projet entrepreneurial, on va être confronté à plein de problèmes, à plein de difficultés, qu’on n’avait pas anticipés et c’est bien normal. Je dis souvent que passer par là est mieux qu’une psychothérapie parce qu’on se découvre soi-même au fur et à mesure.

Il faut s’écouter, ne rien lâcher et éviter ce sentiment d’imposture

Sophie Franco

En tout cas, je pense que le fait de ne rien lâcher et de toujours s’accrocher va faire le point de bascule à un moment donné. Donc il faut s’écouter, ne rien lâcher et éviter surtout ce sentiment d’imposture, qui est quelque chose que l’on observe beaucoup chez les femmes candidates pour le prix Femmes de Food. J’ai personnellement ressenti ce fameux sentiment et j’ai dû le traiter avec une coach pour me dire que je n’étais pas nulle. C’est vraiment le problème qui revient souvent. Donc il faut mettre un mot sur le sentiment d’imposture qui touche plein de gens, y compris beaucoup de femmes, et essayer de le traiter. Ce traitement passe par le fait de se faire accompagner bien évidemment.

De toute façon, si on se lance dans l’entrepreneuriat seul·e et si on ne s’entoure pas, on ne va pas loin généralement. Il est donc important de s’entourer.

Photo de couverture Sophie Franco copyright Grizette.

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