Sophie Batty, fondatrice d’Enesia

Sophie Batty fondatrice d’Enesia, un  « exhausteur d’énergie positive », partage ses conseils d’entrepreneuse optimiste.

Découvrez l’interview dans son intégralité :
Quel est votre parcours ?

C’est un parcours un peu atypique. Au départ, je voulais être prof. Donc j’ai fait une licence d’anglais, pour être prof d’anglais. Et puis finalement non, je ne sais pas ce qui s’est passé mais je ne suis pas partie à l’IUFM à l’époque où c’était possible. Du coup j’ai voulu tester l’expérience avec les enfants – c’est ce qui m’intéressait – pour être animatrice en centre de loisirs. Et ça ne l’a pas fait non plus. C’est pas grave, on teste autre chose ! Je suis repartie en BTS, après la licence. Un BTS de gestion, en alternance, dans le bâtiment et l’immobilier. C’était bien, mais ça se passe de façon très particulière quand même en entreprise… J’ai continué cette expérience, plutôt dans l’architecture, mais toujours dans ce secteur du bâtiment, un secteur particulier qui m’a permis de me forger un certain caractère. Les conditions de travail y sont très difficiles, il faut toujours être disponible pour l’entreprise et ça peut être assez insurmontable pour certains. C’est cette expérience-là je crois, qui a fait que j’ai commencé à m’intéresser à “l’entrepreneuriat du changement”. Au début, ça sonnait comme un truc super magique, c’était incroyable : « Changer, ok. Par l’entrepreneuriat. Mais comment ? ». Et finalement c’est un MOOC (Massive Open Online Course, cours en ligne gratuit et accessible à tous, ndlr) de Ticket for Change et HEC qui m’a permis d’y voir plus clair et de poser les bases des projets futurs.

Être une femme : avantage ou inconvénient ?

Honnêtement, je ne l’ai jamais senti comme ça. J’ai jamais senti de barrière particulière au fait d’être femme. Je pense qu’il y a des difficultés, différentes de celles que peut rencontrer un homme – mais il en y a dans les deux cas. Je n’ai jamais senti de piège particulier par rapport à ça et j’en n’ai jamais souffert dans le lancement des projets.

Comment stimuler sa créativité ? 

Il faut savoir se mettre sur pause

Alors la première méthode que j’applique assez régulièrement est inspirée d’une réplique d’un film – Le Cœur des hommes – où l’un des personnages dit aux autres : « ce serait peut-être pas mal de se poser la question “qu’est-ce que je ferais si j’étais moins con ?” ». Et cette question, moi je l’ai trouvée phénoménale parce que finalement cela revient à se demander ce qu’on ferait si on mettait son ego de côté, si on arrêtait un peu “d’over mentaliser” tous ces problèmes qu’on peut s’inventer et ça revient à se concentrer simplement sur l’essentiel : « qu’est-ce que moi, j’ai vraiment envie de faire ? ». Et juste en se reconnectant à ça, il y a plein de petites choses qui “popent”, c’est là où on se reconnecte à sa créativité.
La deuxième est simplement de se mettre parfois sur pause. Alors c’est un peu particulier, moi j’ai besoin d’un symbole pour le faire sinon je trouve que c’est délicat (elle fait le geste d’appuyer ses doigts sur sa tempe) quand effectivement ça s’emballe, il y a un moment où on dramatise et finalement, revenir à un état de simplicité est beaucoup plus serein et propice à la créativité.

Vous préférez travailler seule ou en groupe ?

Moi, clairement, je ne sais pas travailler complètement seule. Je pense que j’ai besoin de phases seules, c’est évident. Par contre, j’ai besoin de ce côté “communauté” que j’ai réussi à trouver ici de façon extraordinaire au sein d’Étincelle – un espace de coworking à Toulouse – et c’est quand même assez magique : on arrive, il y a toujours quelqu’un pour nous accueillir avec le sourire, quelqu’un avec qui on peut partager un café, et avec qui échanger, confronter des idées. C’est assez extraordinaire ce panel de personnalités, de compétences, d’idées, qui fait que l’on va pouvoir avancer beaucoup plus vite.

Avez-vous été accompagnée par des incubateurs ou d’autres structures plus institutionnelles ?

Là effectivement je suis accompagnée par ce qu’on appelle une « couveuse d’entreprises », ce n’est pas encore super connu en France. C’est un dispositif très pratique qui permet justement de tester un projet sans trop prendre de risque : on bénéficie de l’hébergement juridique de la couveuse, ce qui évite d’avoir à créer une société directement – pas besoin d’immatriculation -, on peut se lancer et voir ce qui se passe, tester son activité.

Des conseils pour celles (et ceux) qui voudraient se lancer ?

Gardons l’esprit ouvert, voyons tout ce qu’il y a de possible autour de nous.

C’est de toujours faire ce qui vous plaît. Souvent, on se pose la question de ce qui serait bien et on focalise beaucoup sur le jugement des autres. Je pense que c’est quand même quelque chose qui nous freine au quotidien. Se dire juste : « qu’est-ce que moi, j’ai envie de faire concrètement ? », c’est là où on va le plus vibrer, mobiliser le plus de ressources possibles parce qu’on va avoir une énergie phénoménale. Donc c’est là-dessus qu’il faut se concentrer. Et concrètement, on va revenir à la théorie du petit pas : je fais ce petit pas et je vois ce qui se passe. « Est-ce que c’est ok pour moi de continuer sur cette voie ? Non ? C’est pas grave, j’ai fait qu’un petit pas, je peux revenir en arrière, il n’y a pas d’impact monumental tout va bien ». Il n’y a pas mort d’homme, on peut tester des choses et ne pas forcément le voir comme un échec. Alors ce terme échec est souvent repris, à la limite si on le voit comme tel c’est pas grave, transcendons l’échec et allons plus loin. Et puis on a 30 échecs, mais qu’est-ce qu’on a appris de tout ça ? C’est génial, ça fait autant d’expériences pour mieux avancer sur le projet suivant. Donc de toute façon, toujours tester, tester, tester… il y a toujours quelque chose d’incroyable qui va sortir.

Ne jamais dire « jamais »

Un autre conseil serait de ne jamais dire « jamais ». C’est pareil, ça fait partie des croyances limitantes, des barrières que l’on se met et qui sont la plupart du temps inefficaces au possible. Dire « jamais », c’est juste se fermer les portes à certaines possibilités. Gardons l’esprit ouvert, voyons tout ce qu’il y a de possible autour de nous. Et juste saisir toutes ces opportunités-là, c’est toujours génial !

Quelles sont les prochaines étapes ou défis à relever ?

Dans le cadre de ce projet, c’est très certainement une association avec quelqu’un, toujours dans cet esprit de travail d’équipe, de synergie, pouvoir proposer quelque chose de plus complet, un accompagnement plus global et un peu plus sympa. Peut-être plus intrigant aussi du coup, toujours dans cet esprit d’innovation. Il va y avoir d’autres petits projets aussi en parallèle. Ça fait partie des choses qui me tiennent à cœur de pouvoir justement jongler parfois entre plusieurs projets. Je crois que ça alimente aussi la créativité. Donc voilà, à suivre très bientôt.

Enesia, « exhausteur d’énergie positive », consiste d’une part en l’accompagnement au développement professionnel et personnel – plutôt en individuel – et d’autre part facilite les relations humaines en entreprise.

L’idée est de voir dans quelle mesure on peut se bloquer au quotidien, analyser ces blocages et les désamorcer pour aller de l’avant et se réaliser pleinement. La partie facilitation des relations humaines permet de voir ce qui se passe dans une équipe, comprendre ce qui fait qu’une équipe ne fonctionne pas, ce qui pose problème au niveau de la communication et proposer des outils pour que l’équipe communique efficacement et soit bien au quotidien.

1 COMMENTAIRE

  1. Une rencontre, une complicité, un partenariat Toulouse-Montpellier pour réveiller les potentiels positifs infinis qui sommeil en Nous ?! je suis très très intéressée Sophie !

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