Parce qu’elles s’épanouissent en ayant deux activités d’ailleurs souvent radicalement opposées, de plus en plus de jeunes femmes mènent une double vie professionnelle. Décryptage.

Pur produit de la génération Y, elles représenteraient 2,5 % de la population active.
Elles ? Les slasheuses qui, comme Karine, travaille dans un office notarial et porte à ravir la casquette de rédactrice en chef du webzine Teck’yo. Aurélia, photographe, qui a ouvert avec son compagnon le site de vente Boutique Vintage. Ou encore Louise, qui a créé avec son amie Joanna une structure de création d’événements éco-responsables Nuts, mais travaille une partie de la semaine dans un magasin d’alimentation naturelle. Et à Paris, le phénomène est encore plus développé. Nombre de jeunes femmes, fonctionnaires, médecins ou chefs de produit le jour deviennent le soir et le week-end stylistes ou Dj.
Leurs motivations ? Contrairement à celles, malheureusement aussi de plus en plus nombreuses, qui sont contraintes de cumuler plusieurs petits jobs pour pouvoir payer leurs factures, les slasheuses le sont avant tout par choix.

Des artistes qui ont les pieds sur terre

Créatives mais pas insouciantes, elles veulent laisser vivre leur fibre artistique sans pour autant envoyer balader un poste stable qui non seulement leur assure une certaine sécurité financière mais leur procure également du plaisir.
C’est certainement le plus frappant dans ce nouveau phénomène de société : parce qu’elles s’éclatent dans leurs deux jobs, elles ne veulent renoncer ni à l’un ni à l’autre. Bien sûr, ça demande une sacrée dose d’organisation et d’énergie. Et jamais cette tendance n’aurait pu se développer sans les progrès technologiques de ces dernières années.

Hyperconnectées, les slasheuses n’arrêtent en effet jamais vraiment de travailler. Et seules celles ayant un chéri/des enfants/des amis compréhensifs qui les soutiennent dans leur marathon quotidien, heureux de les voir s’épanouir, tiennent sur la durée.

(…) il semblerait que chaque nouvelle activité vienne toujours d’une manière ou d’une autre enrichir la précédente et l’animer d’une nouvelle force créative…

Autre agent démotivateur bien identifié, les parents. Difficile pour leur génération de concevoir qu’on puisse jongler avec plusieurs emplois. Beaucoup y voient du dilettantisme, un refus de grandir, et ils craignent pour leur fille que son employeur ne la prenne pas au sérieux.

Qu’ils se rassurent : selon un sondage Opinion Way publié en janvier 2012, 80 % des patrons trouvent les membres de la génération Y très motivés, 90 % pensent qu’ils sont bien intégrés et 70% très créatifs. À en croire les principales intéressées, il semblerait effectivement que chaque nouvelle activité vienne toujours d’une manière ou d’une autre enrichir la précédente et l’animer d’une nouvelle force créative. Sans compter qu’elles échappent aussi au phénomène plombant de lassitude.

Les slasheuses se protègent de la peur de tout perdre

Malgré tout, certaines entreprises peuvent voir d’un mauvais œil que leurs salariées tentent ainsi de se démultiplier. La crainte qu’elles ne se dispersent et soient de moins en moins performantes. Mais aussi qu’elles ne soient moins contraintes à tout accepter de crainte d’un éventuel licenciement. Quel poids aurait sur elles demain la menace du chômage puisqu’elles ont une seconde activité en parallèle ? Et c’est sûrement d’ailleurs là qu’on trouve une des meilleures explications au phénomène.

Comme l’expliquent les sociologues, les slasheuses ont fabriqué leur propre stratégie de survie, à la fois matérielle et psychologique, face aux crises qui secouent le monde du travail. En ne mettant plus toutes leurs billes dans le même sac, elles sont moins dépendantes de leur entreprise. Elles savent que si elles sont licenciées, elles auront d’autres ressources. Ce qui, au final, fait dire à ces mêmes sociologues qu’en remettant le travail à sa juste place et en cherchant avant tout à s’épanouir, les slasheuses sont à leur façon en train de réinventer l’entreprise et la société.

Où se renseigner avant de se lancer dans un projet perso ?

Auprès de la CCI

Vous ne savez pas trop par où commencer ? Choix du statut juridique, montage d’un plan de financement, inscription à la chambre des métiers… À la CCI de Montpellier par exemple, des spécialistes de la question (juristes, comptables) vous donnent rendez-vous pour vous aider à y voir plus clair et à entreprendre vos premières démarches. Une matinée d’information gratuite sur inscription préalable au 04 99 51 52 00.

■ Tous les vendredis de 8h45 à 11h30 à la CCI Entreprises. Zone aéroportuaire Montpellier Méditerranée, Mauguio. www.icf-montpellier.com

■ Consultez la CCI de votre ville : CCI de France

Auprès d’autres femmes

Créer sa boîte et travailler seule quand on est une femme, ce n’est pas forcément plus compliqué. Mais cela sous-entend certaines spécificités auxquelles il est plus facile de se frotter quand on se sent soutenue par des consœurs qui sont déjà passées par là. D’où l’idée du Centre de Ressources pour l’Entrepreneuriat au Féminin d’inviter les porteuses de projet et toutes celles qui se sont déjà lancées dans l’aventure de la création d’entreprise à se retrouver chaque dernier mardi du mois. L’occasion d’échanger en toute liberté et de partager son expérience.

■ CREF. Tél. 09-72-12-99-86. www.cref-france.com

Auprès d’un cabinet de conseil à petits prix

L’ISEM Junior est un Cabinet de Conseil étudiant créé en 2003 et affilié à la Confédération Nationale des Junior-Entreprises (CNJE). Un label qui lui permet de proposer des prestations de qualité certifiées à des prix beaucoup moins élevés qu’un cabinet de conseil classique. L’idéal quand on se lance et que l’on a besoin d’une étude de marché ou d’un plan de communication mais que l’on ne dispose pas forcément d’un gros budget.

■ ISEM Junior. Bât B. Rue Vendémiaire, Montpellier. Tél. 04 34 43 20 57 www.isemjunior.com

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