lundi 18 janvier 2021
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Margaux Terryn – Jaja la Fouine

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Margaux Terryn a cofondé Jaja la Fouine le premier « fripes-truck » de France avec Amandine Licsko. Une véritable aventure pleine de rebondissement, de doutes et de grandes joies qu’elle partage avec nous dans cette interview vitaminée !

Pouvez-vous nous présenter votre activité ?

Jaja la Fouine, c’est une friperie itinérante à bord d’une caravane. Nous étions itinérantes et maintenant on s’est sédentarisées, ça fait deux ans que l’on est installées au Marché du Lez.

Comment avez-vous eu cette idée ?

Jaja la Fouine est une idée un peu farfelue qui est venue par hasard avec Amandine. Nous avons toujours aimé chiner dans les vide-greniers, les vide-dressings, et même carrément chez les particuliers. Nous trouvions souvent des choses qui n’allaient ni à l’une ni à l’autre, et on s’est dit que ce serait dommage de les laisser sur le carreau. Du coup, on les a achetées en pensant à des personnes en particulier, des amis notamment, et on a monté une page Facebook en août 2015 qui a très bien marché grâce au bouche à oreille. Nous avons réfléchi à ce qu’il fallait faire, s’il fallait se lancer ou pas, les montants des loyers et des boutiques de Montpellier étaient trop élevés à ce moment-là pour nous. Un ami nous a dit : « Mais pourquoi vous n’achetez pas une caravane pour faire les marchés ? ». C’est parti de là, nous avons monté notre projet en mettant en place une cagnotte participative et nous avons réussi à obtenir le financement pour acheter la caravane et faire les travaux. Jaja la Fouine est sortie la première fois en avril 2016.

Quel est votre parcours ?

Je suis diplômée de l’école de Journalisme de Nice. J’ai eu mon diplôme en 2011, c’est Harry Roselmack qui me l’a remis d’ailleurs ! C’est vrai que mon parcours dans le journalisme s’est arrêté, peut-être parce que je n’ai pas trouvé ce que je recherchais finalement dans ce métier-là. Et puis il faut dire que c’est un métier difficile, il n’y a pas beaucoup de débouchés ni de postes.
J’ai rencontré Amandine à peu près au même moment, en septembre 2011, je venais d’être diplômée. C’est vrai que j’ai été un peu coincée pendant un an, j’ai cherché sans trouver, j’ai fait des remplacements mais ça ne s’est pas vraiment fait.
C’est Amandine qui m’a apporté le côté chine, et je me suis dit que ce serait dommage de ne pas en faire quelque chose, surtout avec cet aspect écologique qu’on a aujourd’hui et qui nous touche beaucoup. On a envie d’être acteurs de ça. De ce fait, j’ai complètement changé de branche, mais mon côté journaliste ressort quand même beaucoup. C’est moi qui m’occupe de la communication, des réseaux sociaux, des relations presse et puis aussi du côté un peu moins rigolo qu’est l’administratif.

Comment devient-on entrepreneure ?

Devenir entrepreneure n’est pas inné, ça demande beaucoup de connaissances que l’on n’a pas forcément au début. Effectivement, il faut se faire accompagner et c’est quelque chose que nous n’avons justement peut-être pas assez fait au départ. La première étape pour nous a été d’aller à la Chambre de Commerce pour savoir quelles étaient les démarches à faire pour créer une entreprise en France. Nous avons eu un dossier de près de dix mille pages à remplir [rires], ce n’était franchement pas évident parce qu’il y avait des termes que nous ne connaissions pas, des termes juridiques vraiment pro que nous n’avions jamais entendus.

Avez-vous rencontré des difficultés ?

Le plus dur pour nous a été de se faire une place dans ce milieu-là. Nous avons beaucoup tâtonné en commençant par les marchés, mais il fallait évidemment essayer de trouver où était située notre clientèle, qu’elle était notre cible. On l’a finalement trouvée dans les marchés, brocantes et notamment sur les Dimanches du Peyrou. Camille nous a fait confiance et nous a invitées à déballer sur ce marché. C’est un peu nos débuts même s’il y en a eu d’autres, mais un peu plus chaotiques. Nous sommes fortes à deux, c’est notre plus grosse force. Dès qu’il y en a une qui flanche, et c’est souvent moi il faut le dire, Amandine me remonte toujours et me dit : « On y a toujours cru et il faut continuer d’y croire ». Aujourd’hui ça marche bien et nous embauchons.

Vous innovez en permanence…

La vente en ligne, les sites internet tout le monde connaît ça, par contre le live, c’était quelque chose qu’on n’avait jamais vu, en tout cas dans la fripe. Nous nous sommes dit que c’était quelque chose de très ludique. C’est simple nous avons pris nos téléphones portables et nous nous sommes mises sur Facebook et Instagram en direct. Nous avons essayé les vêtements face à nos clients pour qu’ils se rendent compte, depuis chez eux, de ce que ça pouvait donner. Je ne sais pas si on peut qualifier ça d’innovation, mais en tout cas pour nous ça a été une solution. Déjà pour se déconfiner la tête parce que concrètement, c’est compliqué d’être enfermé, et puis en plus ça fait du bien de voir que nos clients, qu’on soit ouvert ou fermé, continuent à nous suivre. C’est une super reconnaissance de voir qu’on arrive à vendre sur les réseaux sociaux sans avoir de structure particulière, parce que la vente en live c’est juste un téléphone portable et une connexion internet. En revanche, ce qui est super important quand on fait ça, c’est d’avoir une communauté. Et nous l’avons, notamment grâce à ces quatre années où nous n’avons pas arrêté les réseaux sociaux, pour nous ça a été une évidence. C’est comme ça que nous avons commencé, par une page Facebook en août 2015, et c’est grâce à ça que nous pouvions aussi annoncer à notre clientèle à quel endroit nous retrouver, puisque nous étions ambulantes au début.

Des conseils pour celles qui voudraient se lancer ?

La première chose quand on crée sa boîte, c’est de croire en son projet, c’est le plus important. Je pense qu’à partir du moment où soi-même on est sûr que notre idée est bonne, alors elle est bonne. Il n’y a pas à se poser la question de savoir si on va trouver la clientèle, si on se dit que ça va marcher, c’est que ça va fonctionner, c’est sûr.

Il ne faut jamais laisser la flamme s’éteindre, ça c’est vraiment le plus important.

Ensuite, le deuxième conseil que je peux donner, c’est de bien s’entourer vraiment, c’est super important. En tout cas d’après notre expérience, le plus important ce sont les comptables quand on monte une société. Il faut vraiment bien se renseigner, essayer d’avoir un très bon contact, poser des questions et se faire aider au maximum.
La dernière chose, c’est de ne jamais arrêter d’y croire, même quand il y a des moments difficiles, même quand on a l’impression que tout va se casser la figure. Il y a toujours un moment où l’on va rencontrer quelqu’un, comme un client qui va nous féliciter, il y aura toujours quelque chose qui rallumera la flamme. Il ne faut jamais laisser la flamme s’éteindre, ça c’est vraiment le plus important.

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