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©Alexandra Gorn-unsplash

La contraception, c’est à l’évidence une affaire de couple. Pourtant, par facilité ou manque d’informations, ce sont très majoritairement les femmes qui endossent le choix et les conséquences qui y sont liées, afin d’éviter une grossesse non désirée. Si elle est un vrai symbole de l’émancipation féminine, elle peut aussi devenir une contrainte, s’ajouter à la charge mentale, être une plaie financière, voire présenter de réels dangers pour la santé. Fiabilité, risques, confort de vie… Focus sur les méthodes de contraception les plus viables pour les femmes, mais pas que !

Contraception féminine hormonale, des méthodes qui font polémique

Selon le baromètre santé de l’Inpes, la pilule est la plus plébiscitée des méthodes de contraception en 2016 [1] (suivie ensuite par le stérilet et le préservatif). Bien que la plus connue, elle n’est pas le seul contraceptif hormonal. Patch, stérilet, implant, anneau vaginal, injection… Les méthodes sont nombreuses, certaines comme le stérilet ou l’implant sont pratiques pour leur côté permanent et très fiables mais demandent une mise en place contraignante, contrairement par exemple à la pilule. Toutes ont en commun l’administration d’hormones (progestérone et/ou œstrogène) empêchant l’ovulation ou l’implantation de l’œuf.

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Contraception féminine hormonale©DR

Depuis le début des années 2010, avec le scandale des pilules de 3e et 4e génération, les méthodes hormonales font polémique. Aux effets secondaires déjà bien connus comme la dépression, la baisse de libido, la prise de poids viennent s’ajouter AVC, embolies pulmonaires, phlébites, infarctus du myocarde. On impute à la prise de pilule de nombreux décès ou accidents chaque année.

Les conséquences ne se font pas attendre, selon un rapport de l’INED, alors que 50 % des femmes prenaient la pilule en 2010, elles ne sont plus que 41 % en 2013 [2].

Contraception mécanique, dites stop aux hormones !

La contraception mécanique est une méthode visant à bloquer le passage des spermatozoïdes et donc éviter une fécondation. Parmi celle-ci, le préservatif, le diaphragme (pas facile à mettre en place), le stérilet en cuivre.

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Contraception mécanique, les dispositifs intra-utérins (DIU)©macontraception.fr

Si le préservatif (féminin et masculin) est largement utilisé de façon ponctuelle, le stérilet au cuivre (appelé DIU ou dispositif intra-utérin) s’impose comme seule méthode contraceptive permanente sans hormones. Selon une étude menée en 2014 par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé [3] à la suite de la polémique concernant les pilules de 3e et 4e génération, les ventes de DIU au cuivre auraient augmentées de 45 %. Un véritable regain de notoriété justifié par sa fiabilité, son absence d’hormones et son côté pratique.

Victime de préjugés, le DIU est moins proposé aux femmes qui n’ont pas eu d’enfants et accusé à tort d’augmenter le risque d’infections génitales. Sa pose, effectuée en cabinet de gynécologie, peut provoquer des règles plus abondantes et plus douloureuses, voire à l’inverse dans certains cas, l’arrêt des règles.

Le saviez-vous ?

Un préservatif qui craque, une pilule oubliée ou pas de contraception, il y a risque de grossesse. Dans les 3 à 5 jours, il est possible d’avoir recours à une contraception d’urgence.

La contraception n’est pas réservé qu’aux femmes

En France, les femmes assument en grande majorité la responsabilité de la méthode de contraception, un constat qui n’est pourtant pas une réalité mondiale. Au Royaume-Uni où la vasectomie est largement pratiquée et le préservatif davantage prescrit « la régulation des naissances repose encore pour moitié sur des méthodes contraceptives utilisées par les hommes ».

La contraception doit être autant l’affaire de l’homme que de la femme.

En effet, pour Cécile Ventola, autrice d’une thèse questionnant le lien entre genre et contraception, « le faible taux d’utilisation de méthodes masculines en France ne signifie pas forcément un manque de motivation de la part des hommes. »[4]. Les Français seraient même 91 % à assurer que « la contraception doit être autant l’affaire de l’homme que de la femme ».[5]

Alors, que propose-t-on à ces hommes qui sont prêts à passer le pas ? Les alternatives existent, avec les même enjeux qu’au féminin : fiabilité, réversibilité, limitation des risques et des effets secondaires.

La contraception masculine hormonale, efficace mais peu pratique

Étudiée depuis très longtemps, la pilule masculine peine à voir le jour. Ses délais de mise en place s’avèrent très long et l’absorption orale est rendue inefficace par le foie qui détruit la testostérone.

Mais une méthode hormonale existe bel et bien : elle consiste en une injection intramusculaire de testostérone une fois par semaine. Son efficacité et sa fiabilité ont été prouvées, et ses effets indésirables plus ou moins légers (prise de poids, acné, impact sur la libido, augmentation de l’irritabilité…) s’apparentent à ceux connus par les femmes utilisant une contraception hormonale. Sa mise en place est cependant plus longue, comptez trois mois pour une contraception efficace (le cycle masculin étant plus lent à arrêter que le cycle féminin) et six mois pour un retour à la normale après l’arrêt du traitement.

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Contraception masculine hormonale ©DR

Reconnue et validée par l’Organisme Mondial de la Santé (OMS), elle n’est pourtant prescrite que par deux médecins pionniers de la contraception masculine en France, le Dr Jean-Claude Soufir à Paris et le Dr Roger Mieusset à Toulouse.

Moins contraignant et avec un risque minime d’effets secondaire, le gel contraceptif est également à l’essai sur 450 couples volontaires au Royaume-Uni.

La méthode thermique : quand les hommes aussi portent la culotte

Une autre méthode développée il y a une quarantaine d’année par le Dr Roger Mieusset propose d’altérer la fécondité de façon thermique. La création de ce médecin toulousain surnommée le « slip chauffant » consiste à plaquer les testicules au corps, augmentant leur température de deux degrés et bloquant ainsi la production de spermatozoïdes. Pour en assurer son efficacité, il doit être porté 15 heures par jour et accompagné d’un suivi médical rigoureux.

Bien que méconnu, ses avantages sont nombreux : pas d’intervention médicale ou chirurgicale, pas d’effets secondaires, absence d’hormones, fiable, réversible. Selon le magazine Cheek, « il est en cours d’industrialisation, en vue d’essais cliniques à l’échelle européenne, pour qu’il soit reconnu comme un dispositif médical, vendu en pharmacie. » [6]

Une méthode de plus qui mérite d’être connue. Qu’elles soient hormonales, thermiques ou plus définitives, des alternatives au masculin existent, bien qu’elles manquent cruellement de médiatisation et ne soient prescrites seulement par une poignée de médecins en France.

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Les méthodes naturelles de contraception©DR

Méthodes naturelles, un fossé entre théorie et pratique

Au cœur des polémiques liées aux pesticides ou aux produits chimiques, le retour “au naturel” a le vent en poupe ! Et la contraception ne fait pas exception. Prise de la température, analyse des glaires (méthode Billings), calcul calendaire (méthode Ogino)… des indicatifs biologiques évoluent tout au long des cycles menstruels, il s’agit simplement de leur porter attention en “écoutant son corps”. Une méthode bien ancienne plébiscitée sur les réseaux sociaux et remise au goût du jour, avec comme fer de lance l’émancipation féminine. Des applications smartphone se proposent même de les centraliser et les interpréter : Ovulation Mentor, Sympto, iCycleBeads, LilyPro, Lady Cycle

Si la théorie est implacable, il en est tout autre dans la pratique. En 2018, la Fédération Nationale des Collèges de Gynécologie Médicale tire la sonnette d’alarme [7], fustigeant des méthodes très anciennes et peu fiables. En effet, l’analyse des glaires pourrait être faussée par notre alimentation, le calcul calendaire des périodes d’ovulation serait réservé aux femmes aux cycles parfaitement réguliers, la prise de température demande une rigueur très stricte… Alors, évolution ou régression ?

[1] Baromètre santé 2016 – Santé Publique France
[2] Population et Société, mai 2014
[3] Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé
[4] Cairn.info
[5] Docplayer.fr
[6] Cheek magazine
[7] Fédération Nationale des Collèges de Gynécologie Médicale

Pour aller plus loin

Ameli
Choisir sa contraception
Planning familial

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