Sandy Berthomieu – Les Éditions de l’épair

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Associée à Soraya Hocine, Sandy Berthomieu a choisi de créer sa maison d’édition en Lozère, où elle est née. Les Éditions de l’épair est avant tout une question de passion et d’engagement pour une approche différente de la culture en milieu rural.

Pouvez-vous nous présenter votre projet ?

J’en ai plein la tête des projets… Le plus concret a été réalisé il y a un an et demi déjà : Les Éditions de l’épair. C’est une toute jeune maison d’édition associative qui porte des projets photographiques et littéraires. Les deux premières publications sont sorties en 2018, il y a quelques mois. La première, est un petit livret qui a été réalisé avec des patients de l’hôpital de Saint-Alban, c’est un hôpital psychiatrique, sur la thématique du rêve. Donc pendant une semaine, les patients, qu’on appelle des rêveurs, ont travaillé avec un photographe et un écrivain, et la restitution a été un livret. Le deuxième projet est un livre d’une artiste qui s’appelle Soraya Hocine qui a travaillé sur des photos de famille, elle a fait une collecte auprès des habitants de Lozère et a retravaillé les photos avec des papillons et des insectes sur les visages, tels des masques. C’est assez perturbant et en même temps, c’est magnifique !

Pourquoi avoir monté une maison d’édition ?

Le livre est présent dans ma vie au quotidien depuis très longtemps. Et en parallèle, je travaille sur la photographie numérique sur les réseaux sociaux dans le cadre de mon doctorat, le rapport à l’écran et l’image sur écran. C’était peut-être le déclic, faire une maison d’édition pour retrouver le toucher de l’image. Ce projet-là s’est présenté et voilà, on s’est lancé… un défi. Il faut un peu de folie je pense, pour faire ça. Oui, on aurait pu aller voir un éditeur et proposer le projet, mais bon finalement, on apprend tellement de choses.

Comment avez-vous surmonté les difficultés ?

Avec Soraya Hocine, nous avons créé une association mais on n’avait rien au début, on n’a pas les formations pour faire une maison d’édition. Donc les premières difficultés, c’est le droit lié au livre : le prix du livre, les droits d’auteur, faire un contrat… L’aspect très technique qu’on a surmonté en rencontrant d’autres personnes, c’est-à-dire d’autres éditeurs, des auteurs qui me donnent des conseils… Enfin voilà, il faut savoir s’entourer pour passer les difficultés. La question de l’argent est finalement intrinsèque à toute création – livres ou autres – donc c’est souvent un problème dans le milieu culturel.

Il faut savoir s’entourer pour passer les difficultés.

Comment on fait : on est passionnée, on est motivée, on est sûre de soi et on va rencontrer le maximum de personnes pour essayer d’avoir du soutien. Donc nous par exemple, on est allées voir le Département de la Lozère en présentant qu’on n’avait jamais sorti de livres et que ce n’était pas notre formation et pourtant, ils nous ont quand même suivies à leur hauteur, mais bon, ça nous a permis de faire le premier livre donc nous prouver qu’on était capables de le faire et on espère pour la suite, amener d’autres financements, d’autres institutions ou autre. Et l’autre solution, c’est de faire participer le public, c’est-à-dire nos futurs lecteurs, donc là aussi un petit peu courageux ou fous… En tout cas ils nous ont suivies en faisant des souscriptions. Donc c’est un peu comme un financement participatif, une forme de pré-commande du livre.

Un conseil pour les porteuses de projets ?

Le conseil, c’est la passion en fait, donc quand on est passionnée il faut foncer, il ne faut pas hésiter. Voilà c’est… Il faut s’accrocher à ses rêves aussi, garder les pieds sur terre bien-sûr, parce que c’est toujours très technique, la partie financement, le cadre juridique, mais au-delà de ça, c’est vraiment s’accrocher puis garder toute son énergie pour l’objectif qu’on avait au départ c’est-à-dire créer quelque chose.

La Lozère vous inspire ?

C’est un territoire propice aux libertés et à la création, c’est-à-dire que tout est possible. Le lieu est inspirant, les paysages sont inspirants, il y a des talents partout qui fourmillent, c’est assez… comment dire… des découvertes en fait. Il faut aller les chercher et puis les rencontrer.

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