Cinthia Born – Le Mouton Givré

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On pourrait croire que quelques bonnes fées se sont penchées sur le berceau de Cinthia Born tant celle-ci est dans une dynamique positive… Mais non ! Elle doit tout ce qui lui arrive à son énergie, ses belles intuitions et son engagement pour le Lot et le monde rural qu’elle défend avec passion.

Pouvez-vous vous présenter ?

Le Mouton Givré c’est un sac isotherme zéro plastique, en feutre de laine et en chanvre que j’ai conçu suite à la rencontre d’agriculteurs sur ma commune et dans le but de revaloriser la laine. Puis j’ai recherché une autre matière qui puisse le solidifier et finalement j’ai choisi le chanvre parce que c’est une des cultures les plus écologique qui existe depuis très longtemps, mais qu’on a oubliée. Je me suis associée à Élodie Madebos qui est couturière et costumière. Elle va s’occuper de toute la fabrication et de l’atelier, moi de tout le côté marketing.

Comment avez-vous eu l’idée ?

Je me suis aperçue que 80% de la laine française part en Chine pour revenir en pull en France. Pour moi c’était vraiment aberrant de me dire qu’on ne savait même plus valoriser nos propres produits. Donc je suis partie sur cette idée de laine en me demandant ce que je pouvais en faire. Et c’est là qu’est sorti de mes cours de couture et de ma tête un sac isotherme un peu fou sans plastique, en laine de mouton.

Pourquoi ce projet ?

Aujourd’hui, j’ai besoin de faire quelque chose qui soit utile dans le milieu que je connais : c’est le milieu rural et le milieu agricole. J’ai rencontré beaucoup de gens, je suis quelqu’un de très curieuse donc je me renseigne de tout ce qui peut arriver. Mon mari est très curieux aussi et il me fait découvrir d’autres choses. Lui aussi a tout revu sur sa ferme et il y a des choses magnifiques qui se font en milieu agricole. On n’est plus sur de l’intensif, faut aller dans le rural et vous verrez il n’y a pas d’intensif, pas du tout. Et donc j’ai besoin de communiquer sur ça, de montrer à tout le monde qu’il se passe de belles choses et qu’on n’est plus dans le côté industriel de l’agricole. Les agriculteurs n’en peuvent plus aussi donc il y a besoin de porter une autre parole, c’est pour ça que je fais ce projet… Ça commence par un sac isotherme, ça va peut-être finir par d’autres choses, mais ça commence par là !

Vous avez été accompagnée ?

J’ai rencontré Les Premières Occitanie et c’était très important pour moi parce que c’est un pré-incubateur, féminin ou mixte (mais faut qu’il y ait une femme dans l’histoire), et je trouvais ça super intéressant. C’était une promo, il y avait des ateliers du coaching tout ce qu’il faut. On a pu suivre un atelier business plan, posture entrepreneuriale, le leadership… tout ce qui était important pour l’entrepreneur. C’est comme ça que, comme un papillon, j’ai éclos ! La chrysalide est sortie et c’est comme ça que tout s’est mis en place. Grâce aux Premières, à mon coach et grâce aussi à toutes les participantes de ma promo toutes celles qui étaient avec moi, ça nous booste énormément.

Je suis aussi allée à un événement qui s’appelle « La Startup est dans le pré » organisé à Laguiole. C’est un endroit où on booste un projet pendant 48 heures. C’est très éprouvant, très fatigant et très frustrant des fois. En fait, j’y suis allée sans attendre quoi que ce soit et au final j’ai gagné le premier prix ! Ça a été vraiment la surprise de se dire qu’on est soutenu à l’unanimité par le jury et donc voilà, après on n’en revient pas. J’ai les pieds sur terre mais j’ai toujours la tête dans les nuages parce que ça a fait boule de neige et plein d’autres choses qui en ont découlé : des journaux qui sont passés… France 3… plein de choses ! Et c’est ça qui a fait que j’ai eu beaucoup de contacts partout.

Comment réussir son financement participatif ?

Le financement participatif doit se préparer beaucoup en amont. Pour la communication, on n’a pas présenté notre sac tout de suite, sur les réseaux sociaux on a plutôt parlé de nos valeurs, de ce que ça allait apporter. On n’a pas dévoilé le sac rapidement, on l’a dévoilé presque à un mois du financement parce qu’on voulait qu’en premier les gens comprennent pourquoi on faisait ça, ce qui les intéresse parce qu’ils aiment bien avoir une entreprise qui est humaine. « La Startup est dans le pré » nous a aidées au niveau communication mais on a continué à nourrir ça et en nourrissant ça, on a augmenté notre communauté sur les réseaux sociaux. Et quand on a lancé le financement participatif, il y avait plein de personnes qui étaient super intéressées d’acheter ce sac. I faut vraiment communiquer avant ! Pas se dire : « On va envoyer des articles quand le financement sera lancé ». Non, surtout pas. Commencez trois à quatre mois avant. En plus, il faut savoir que la presse, les médias en général, doivent respecter des calendriers de publication. Donc être vraiment prévoyant, et envoyer bien en amont des dossiers de presse, etc.

Pourquoi votre projet rencontre-t-il un tel succès ?

Je pense que ça part à fond parce que c’est la bonne idée au bon moment. Je pense que j’aurais fait ça il y a quatre ans, ça aurait fait un flop. Là maintenant on est à fond dans l’écologie, dans tout ce qui est naturel, on ne veut plus de produits chimiques, on ne veut plus tout ça !

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