dimanche 24 octobre 2021
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Les dates clés des Droits des Femmes : d’Olympe de Gouges à #MeToo, les personnalités et événements qui ont marqué l’histoire du féminisme

Dates clés des Droits des Femmes : tout ce que vous devez savoir sur les événements qui ont marqué le féminisme en France

Droit de vote, légalisation de la contraception et de l’interruption volontaire de grossesse, création du Planning Familial, autorité parentale partagée, égalité des salaires, parité, harcèlement sexuel, lutte contre les violences faites aux femmes, écriture inclusive… Les progrès sont nombreux, les combats parfois violents, mais il reste encore du chemin à faire en faveur des Droits des femmes.
Retour sur les personnalités et les événements marquants de 1791 à 2021 pour découvrir les dates clés des Droits des femmes en France.

[Utilisez les flèches gauche et droite pour naviguer entre les événements ou faites glisser la souris sur la frise chronologique.]

[Ce document sur les dates clés des Droits des femmes est mis à jour au gré de l’actualité]

Les quatre vagues du féminisme en France

• Première vague : Les Suffragettes

Les femmes exigent les mêmes droits civiques que les hommes, basé sur le principe de suffrage universel. En Angleterre, elles obtiennent le droit de vote en 1918. C’est à ce moment que les problématiques féministes entrent dans le débat public.
Madeleine Pelletier (1874–1939) est l’une des figures principales du mouvement en France. Elle défend qu’il ne faut plus que les femmes soient considérées dans la société uniquement comme des mères et se bat également pour le droit à l’avortement et un accès à la contraception.

• Deuxième vague : Années 1970 « Le privé est politique »

Cette vague est marquée entre autres par les actions du MLF (Mouvement de Libération des Femmes), les publications de Simone de Beauvoir ou encore le Manifeste des 343.
De nouveaux enjeux apparaissent comme la lutte des classes, la lutte contre l’oppression des dominé·es et la lutte contre le patriarcat.

• Troisième vague : Années 1980 « Le genre questionné »

Cette vague se distingue par la prise de conscience que le genre est souvent déterminant dans les rapports de pouvoir, à la fois dans les sphères du privé et du public. On observe une volonté de déconstruire la notion de « genre ». Les discussions abordent les limites de l’hétérosexualité, la façon d’être une femme et les luttes de la communauté LGBT se développent.

• Quatrième vague : Années 2010 « Le féminisme résonne sur les réseaux sociaux »

Cette vague dans laquelle nous sommes actuellement, émerge grâce à l’utilisation massive des réseaux sociaux. Elle ouvre la voie à la libération de la parole des femmes, notamment celles victimes de violences sexuelles (#BalanceTonPorc, #MeToo, #MeTooInceste).

N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question.
Ces droits ne sont jamais acquis.
Vous devrez rester vigilantes votre vie durant.

Simone de Beauvoir.

Chronologie des dates clés des Droits des Femmes et les personnalités et événements qui ont marqué l’histoire du féminisme en France

[Classées ici des plus récentes aux plus anciennes]

23 février 2021 – Des protections périodiques bientôt gratuites pour les étudiantes

C’est l’annonce de Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, lors d’une rencontre avec des étudiant·es à Poitiers le 23 février.
Dès la rentrée 2021, les jeunes femmes en études supérieures auront accès à des protections périodiques gratuites grâce à la mise en place de distributeurs de serviettes et de tampons dans les résidences universitaires des Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (Crous), les services de santé universitaires.

16 janvier 2021 – #MeTooInceste

Le hashtag lancé sur Twitter et Instagram met en évidence des dizaines de milliers de témoignages après l’affaire Duhamel pour libérer la parole des victimes d’incestes.
[Suite à la publication du livre de la belle-fille du politologue Olivier Duhamel, Camille Kouchner, dénonçant un inceste sur son frère jumeau à la fin des années 1980, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « viols et agressions sexuelles » sur mineur de moins de 15 ans, ndlr].

27 août 2020 – La contraception devient gratuite pour les mineures de moins de 15 ans

C’était déjà le cas pour les jeunes filles de 15 à 17 ans. Désormais, les frais liés à la contraception des moins de 15 ans sont pris en charge à 100% (consultations de médecins ou de sages-femmes, examens biologiques, médicaments et dispositifs contraceptifs).

15 mars 2020 – La pilule contraceptive accessible directement en pharmacie

Olivier Véran, Ministre des Solidarités et la Santé et Marlène Schiappa, Secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, prennent des dispositions pour permettre à toutes les femmes qui le souhaitent d’avoir accès à la pilule contraceptive directement en pharmacie, sans passer par un médecin et grâce à une ancienne ordonnance.

La contraception d’urgence est par ailleurs disponible sans ordonnance en pharmacie.

1er mars 2020 – INDEX de l’Égalité professionnelle

Cet index, calculé selon des critères très précis (rémunérations, augmentations, promotions, congés maternité, parité du top management) permet de mesurer les écarts de situation entre les femmes et les hommes dans les entreprises, et de corriger les éventuels résultats problématiques. Il s’applique depuis le 1er mars 2020 aux entreprises d’au moins 50 salarié·es.

droits des femmes
Adèle Haenel-Festival de Cannes 2017©Georges Biard

28 février 2020 – La 45e cérémonie des Césars crée la polémique

J’accuse le nouveau film de Roman Polanski reçoit trois Césars (dont celui du meilleur réalisateur) bien que ce dernier soit accusé par douze femmes de viol et agressions sexuelles depuis 1977.

Adèle Haenel – l’actrice qui, quelques mois auparavant prenait la parole dans Mediapart pour dénoncer les attouchement et le harcèlement subis pendant son adolescence par le réalisateur Christophe Ruggia, rejoignant ainsi le mouvement #MeToo – décide de quitter la cérémonie en clamant : « C’est une honte ! ». Elle est immédiatement suivie par une centaine d’autres invité·es dont Florence Foresti, maîtresse de cérémonie, qui n’est pas réapparue sur scène suite à l’attribution du prix. Cette dernière s’exprimera quelques secondes plus tard dans une story Instagram par un mot : « Écœurée ».

3 septembre 2019 – Grenelle contre les violences conjugales

Le Gouvernement lance le premier Grenelle contre les violences conjugales. Ce dispositif réunit autour de la table de nombreux acteurs : ministres, parlementaires, élus locaux, administrations, associations, familles et proches de victimes, avocats, médias, professionnels de la santé, du logement, forces de l’ordre…

Son objectif : prendre des engagements concrets et collectifs visant à lutter toujours plus efficacement contre les violences conjugales autour de 3 grands axes (prévenir, protéger et prendre en charge, punir pour mieux protéger).

1er mars 2019 – Féminisation des noms de métiers et de fonctions

Dans sa séance du jeudi 28 février 2019, l’Académie française a adopté à une large majorité le rapport sur la féminisation des noms de métiers et de fonctions présenté par une commission d’étude comprenant quatre de ses membres.

8 mars 2018 – 8 mars 15h40

Les femmes en France sont toujours payées 26% de moins que les hommes. Comme si elles arrêtaient tous les jours d’être payées à 15h40…

15 octobre 2017 – #MeToo

En réponse à #BalanceTonPorc et cet élan solidaire, aux États-Unis, l’actrice Alyssa Milano incite toutes les femmes à dénoncer les abus sexuels dont elles ont été victimes : « Si vous avez été harcelée ou agressée sexuellement, écrivez “moi aussi” en réponse à ce tweet ».

Là aussi, le sujet s’est retrouvé en tête du réseau social car plus de 27000 personnes en deux jours ont publié des statuts, y compris sur Facebook, sous le hashtag #MeToo.

13 octobre 2017 – #BalanceTonPorc

Après les révélations sur l’affaire Weinstein, les femmes osent parler des harcèlements sexuels – voire agressions sexuelles – dont elles ont été victimes dans leur travail.

#BalanceTonPorc est un hashtag créé sur Twitter par la journaliste française Sandra Muller expatriée à New York, pour dénoncer les abus sexuels au travail et inciter les femmes à témoigner sur les réseaux sociaux afin de briser les tabous autours du harcèlement sexuel.

Insultes dans la rue, gestes déplacés, menaces, agressions… c’est une avalanche de témoignages qui déferle sur la Toile – plus de 50 000 tweets en un week-end. À tel point que le hashtag est passé en deux jours au top des « tendances France » sur Twitter.

Septembre 2017 – L’écriture inclusive fait débat

Le principe de l’écriture inclusive ? Rétablir la parité dans la langue française en utilisant des règles orthographiques plus neutres et égalitaires. Exit par exemple le « masculin l’emporte sur le féminin » au pluriel (règle adoptée du reste en 1647 alors que jusqu’au XVIIe, tous les noms de métiers, fonctions et dignités exercées par des femmes avaient leur féminin : autrice, doctoresse, charpentière…).
Bonjour la féminisation des noms, une communication dégenrée et l’utilisation des mots épicènes (dont la forme ne varie pas selon le genre). L’écriture inclusive se caractérise aussi par l’ajout d’un point médian dans un mot (artisan·es, client·e, lecteur·rices etc.)

Encouragée par le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes dans son Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe publié en 2015, l’écriture inclusive crée pourtant la polémique, surtout depuis la publication par l’éditeur Hatier d’un manuel scolaire en mars 2017 l’utilisant.

21 janvier 2017 – Women’s March

droits des femmes Women's March
Women’s March ©DR

La Women’s March on Washington (Marche des Femmes) s’est déroulée le lendemain de l’investiture de Donald Trump à la présidence des États-Unis afin d’envoyer un message fort à la nouvelle administration menaçante pour la condition féminine, selon lequel « les Droits des femmes sont des droits de l’Homme » (voire de l’humain). Les manifestantes portaient le fameux pussy hat, un bonnet rose aux oreilles de chat devenu depuis un signe de ralliement de la “révolution” des femmes et un symbole féministe anti-Trump.

Ce mouvement politique a rassemblé des centaines de milliers de personnes à Washington. Des marches sœurs (« Sister Marches ») ont été organisées partout dans le monde (408 aux USA et 168 dans d’autres pays). En France, des manifestant·es se sont rassemblé·es pour défendre les droits et les libertés des femmes notamment à Paris, Marseille, Bordeaux, Toulouse et Montpellier.

6 avril 2016 – Lutte contre la prostitution

Promulgation de la Loi n°2016-444 visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et accompagner les personnes prostituées.

20 janvier 2016 – #JamaisSansElles

140 entrepreneurs, acteurs du numérique, des médias et de la politique s’engagent à ne plus participer à des événements, débats, panels d’experts ou tables rondes sans femmes.

L’appel lancé sous le hashtag #JamaisSansElles par le Club des Gentlemen pour voir davantage de femmes intervenir dans les manifestations publiques, a donné naissance à l’association éponyme présidée par Tatiana F. Salomon et Guy Mamou-Mani.

1er janvier 2016 – Taxe tampon

Baisse de la TVA sur les produits d’hygiène féminine de 20% à 5,5%. Les serviettes hygiéniques, tampons et coupes menstruelles sont désormais considérés comme des produits de première nécessité.

2016 – 1er Plan interministériel en faveur de l’égalité professionnelle

Ce plan est inscrit dans la continuité des grandes avancées en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes au travail, marquées par la loi Roudy de 1983, la loi Copé-Zimmermann de 2011 et la loi pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes adoptée en 2014. Il poursuit trois objectifs :

  • Créer des emplois
  • Diminuer le taux de chômage des femmes
  • Améliorer la performance économique des entreprises et accompagner les transformations du marché du travail

20 septembre 2014 – Discours d’Emma Watson au siège des Nations Unies

Ambassadrice de bonne volonté d’ONU Femmes, l’actrice britannique Emma Watson fait un discours très remarqué à New York dans le cadre de la campagne #HeForShe : « Je m’adresse à vous en ce jour, car j’ai besoin de votre aide. Nous souhaitons mettre fin aux inégalités entre les sexes et pour y parvenir, l’implication de tous est indispensable. » (…) « L’égalité des sexes est aussi votre problème. »

4 août 2014 – Loi pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes

Promulgation de la loi pour l’Égalité entre les femmes et les hommes (JO du 5 août). Le texte vise à combattre les inégalités femmes-hommes dans la sphère professionnelle, publique et privée. Elle prévoit notamment la sanction du non-respect des dispositions sur l’égalité professionnelle, par l’interdiction d’accès à la commande publique (marchés publics, contrats de partenariat et délégations de service public).

25 mars 2013 – L’IVG et les contraceptifs médicaux remboursés pour les mineures de plus de 15 ans

Décret qui établit le remboursement à 100% du forfait IVG par l’Assurance maladie ainsi que la gratuité des contraceptifs médicaux pour les mineures âgées de plus de 15 ans.

31 janvier 2013 – Abrogation de l’interdiction du port du pantalon pour les femmes

La loi du 17 novembre 1800 intitulée « Ordonnance concernant le travestissement des femmes » interdisait aux femmes de porter le pantalon en précisant que « Toute femme désirant s’habiller en homme doit se présenter à la Préfecture de police pour en obtenir l’autorisation », sauf si « la femme tient par la main un guidon de bicyclette ou les rênes d’un cheval ». Cela visait avant tout à limiter l’accès des femmes à certaines fonctions ou métiers en les empêchant de se parer à l’image des hommes.

Le Ministère des Droits des femmes abroge cette “loi sur le pantalon” le 31 janvier 2013, considérant que cette ordonnance est « incompatible avec les principes d’égalité entre les femmes et les hommes qui sont inscrits dans la Constitution et les engagements européens de la France ».

22 novembre 2012 – Manifeste des 313

Pour faire écho à sa publication en 1971 du « Manifeste des 343 » à propos de l’avortement, Le Nouvel Obs publie le « Manifeste des 313 ».

Comme Clémentine Autain, femme politique à l’origine de cet “acte politique”, toutes déclarent avoir été violées et se mobilisent pour qu’enfin « la parole se libère, car le silence, la honte et la culpabilité font le jeu des violeurs ». Pour qu’émerge la réalité sociologique de ce crime qu’est le viol.

6 août 2012 – Harcèlement sexuel

Promulgation de la loi sur le harcèlement sexuel (JO du 7 août). Le texte donne une nouvelle définition du harcèlement sexuel, établit des circonstances aggravantes et détermine les sanctions qui y sont associées.

Cette loi a été votée en procédure d’urgence à la suite du vide juridique provoqué par une décision du Conseil Constitutionnel qui avait annulé l’article du Code pénal sur le harcèlement sexuel. Le Conseil avait jugé que l’article était contraire au principe constitutionnel de l’égalité des délits et des peines, dans le cadre d’une question prioritaire de constitutionnalité.

21 juin 2012 – Création du Ministère des Droits des Femmes de plein droit

Mise en place d’un gouvernement paritaire et préparation de la loi sur l’Égalité entre les femmes et les hommes (depuis 1986, les droits de femmes s’exerçaient au gré des gouvernements).

Najat Vallaud-Belkacem est nommée ministre des Droits des Femmes avec la volonté de faire émerger une « troisième génération de droits des femmes ». Elle crée notamment en 2013 le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes, présidé par l’ancienne députée Danielle Bousquet.

8 mars 2012 – Pacte de l’Égalité

Le Pacte pour l’égalité, proposé à la signature des candidat·es à la présidentielle de 2012, a pour objectifs de les interpeller sur la question de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, et de proposer une série de mesures permettant de l’instaurer.

Il sera signé en 2013 par François Hollande aux côtés d’Olga Trostiansky, cofondatrice du Laboratoire de l’Égalité.

27 janvier 2011 – Loi Copé-Zimmermann

Les grandes entreprises doivent veiller à une représentation équilibrée des femmes et des hommes dans les conseils d’administration et de surveillance, et à l’égalité professionnelle afin de briser le plafond de verre. Notamment en imposant un quota de 40% de femmes dans les conseils d’administration.
Depuis le 1er janvier 2020, la Loi a été élargie à toutes les entreprises de plus de 250 salarié·es.

violences faites aux femmes

9 juillet 2010 – Violences faites aux femmes

Promulgation de la loi n°2010-769 relative aux violences faites aux femmes, aux violences au sein du couple et à leurs incidences sur les enfants.

Cette loi renforce le dispositif de prévention et de répression des violences faites aux femmes, en instituant notamment l’ordonnance de protection des victimes et le délit de harcèlement moral au sein du couple.

28 février 2008 – 1ère manifestation publique de « La Barbe »

Ce groupe d’action féministe français dénonce de manière ironique l’absence ou la sous-représentation des femmes dans des instances de pouvoir économiques, politiques, culturelles et médiatiques. Affublées de barbes postiches comme symbole de la pilosité masculine, les militantes opèrent sur des actions publiques mises en scène, comme lors de la séance de dédicaces du journaliste et écrivain Éric Zemmour. À Toulouse, le groupe existe depuis 2011.

2008 – Naissance des FEMEN

droits des femmes Femen
©FEMEN Women’s Movement

Ce mouvement féministe créé en Ukraine par Anna Hutsol entre autres, regroupe des activistes aux actions commandos menés seins nus pour défendre les droits des femmes.

Inna Shevchenko, qui a récemment obtenu le statut de réfugiée politique, est une figure médiatique et la leader actuelle en France des FEMEN.

2008 – Création du Mouvement HF

L’association créée en Rhône-Alpes a pour objectif « l’égalité réelle entre femmes et hommes aux postes de responsabilité, dans l’attribution des subventions, dans les programmations, dans les instances de décisions et de nominations » dans les arts et la culture.
Aujourd’hui, la Fédération interrégionale du Mouvement HF compte 14 collectifs régionaux.

5 avril 2006 – Prévention et répression des violences conjugales

La loi n°2006-399 renforce la prévention et la répression des violences au sein du couple ou commises contre les mineurs (JO n° 81 du 5 avril). De nombreuses campagnes de sensibilisation sur les violences faites aux femmes sont diffusées chaque année.

14 mars 2007 : Mise en place du 3919, un numéro de téléphone national pour les victimes et témoins de violences conjugales.

23 mars 2006 – Égalité des salaires

Promulgation de la loi n°2006-340 relative à l’égalité salariale entre les femmes et les hommes.
Cette loi prévoit la suppression des écarts de rémunération entre femmes et hommes dans un délai de cinq ans, le renforcement des droits des femmes en congé de maternité et favorise l’accès des femmes à l’apprentissage.

2006 – Alignement de l’âge légal du mariage pour les filles et les garçons à 18 ans

1er février 2003 / 8 mars 2003 – Ni putes ni soumises

En réaction à la mort de Sohane, 17 ans, brûlée vive dans un local à poubelles de la cité Balzac à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), un collectif de 7 filles « Ni putes ni soumises » vont parcourir la France pendant un mois.
Cette marche des cités « contre les ghettos et pour l’égalité » arrivera à Paris le 8 mars.

4 mars 2002 – Choix du nom de famille

La loi n°2002-304 relative au nom de famille vise à renforcer l’égalité entre les père et mère en substituant la notion de nom de famille à celle de « nom patronymique ».

Cette loi offre aux parents la possibilité de transmettre à leur enfant soit le nom du père, soit le nom de la mère, soit les deux noms accolés dans l’ordre choisi par eux.

10 août 2001 – Création du congé de paternité

Une nouvelle loi permet au père de prendre un congé de paternité de onze jours (ou 18 jours en cas de naissances multiples).

Il passera à 28 jours le 1er juillet 2021, selon l’article 73 de la loi de financement de la Sécurité Sociale.

6 juin 2000 – Les femmes en politique

Égal accès des femmes et des hommes aux fonctions électives et mandats électoraux.

1er juin 2000 – 1ère représentation des « Monologues du vagin »

La pièce de théâtre créée par la dramaturge et féministe américaine Eve Ensler en 1996 à Broadway, est mise en scène par Tilly pour la première fois à Paris avec Fanny Cottençon. Considérée comme un pilier du féminisme, la pièce a été interprétée dans plus de 130 pays et traduite en 46 langues.

droits des femmes
« La vie peut être un conte de fée si vous brisez le silence – Aucune femme n’est à l’abris de la violence conjugale » ©Alexsandro Palombo

25 novembre 1999 – Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes

Le 25 novembre marque pour la première fois la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, soutenue par l’Organisation des Nations Unies.
C’est l’assassinat ce même jour en 1960 des sœurs Mirabal – militantes politiques dominicaines – qui est à l’origine de ces campagnes de sensibilisation organisées par les gouvernements, les ONG et les organisations internationales.

8 mars 1999 – Manifeste « Les Chiennes de garde »

Cette association féministe créée par l’écrivaine Florence Montreynaud et la romancière Isabelle Alonso, défend les femmes contre les insultes sexistes, notamment dans l’espace public, les médias, la publicité. Leur action a pour but de « décrypter, dénoncer, résister » car selon leur devise : « Adresser une injure sexiste à une femme publique, c’est insulter toutes les femmes ». Leur manifeste compte de nombreuses personnalités du monde politique, artistique et culturel parmi les signataires.

8 mars 1998 – Féminisation des noms

Publication au Journal Officiel (JO 57 du 8 mars) d’une circulaire relative à la féminisation des noms de métier, de fonction, grade ou titre.

18 octobre 1995 – Parité

Création de l’Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes (OPFH).
Institué auprès de la ministre en charge des Droits des Femmes, ce service assure une fonction d’expertise et d’évaluation des politiques publiques visant à favoriser l’égalité entre les femmes et les hommes dans les domaines politique, économique et social.

Depuis 2013, il a été remplacé par le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes (HCE), créé par Najat Vallaud-Belkacem.

2 novembre 1992 – Harcèlement sexuel au travail

Loi sanctionnant l’abus d’autorité en matière sexuelle dans les relations de travail.

15 mai 1991 – Édith Cresson est la première femme nommée Premier ministre

Et reste la seule à ce jour.

5 septembre 1990 – Viol entre époux

La Cour de Cassation reconnaît pour la première fois le viol entre époux. Les 15 ans de réclusions prévus dans la loi de 1980 pour un viol sont majorés à 20 ans en cas de viol entre époux.

1984 – Congé parental et égalité des époux

Congé parental autorisé à chacun des parents salariés, sans distinction de sexe. Égalité des époux dans la gestion des biens du foyer et des enfants.

1983 – Loi sur l’Égalité professionnelle entre les femmes et les hommes

L’une des lois importantes mises en œuvre par Yvette Roudy, alors ministre déléguée aux Droits de la femme.
C’est le 3 novembre 1982 que le Conseil des ministres avait entériné le projet de loi relatif à l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes proposé par Yvette Roudy.

8 mars 1982 – La France organise sa première « Journée internationale des Femmes »

La médiatisation de cette journée permet de mettre en avant les enjeux de l’égalité entre les femmes et les hommes. C’est Clara Zetkin, journaliste, enseignante et militante allemande qui avait proposé cette journée dédiée à la mobilisation des femmes, à la Conférence internationale des femmes socialistes, à Copenhague en 2010. La tradition ne se met en place qu’à partir de 1917 lors de la grève des ouvrières à Saint-Pétersbourg. Après 1945, la « Journée des femmes » est célébrée dans tous les pays socialistes. Elle est célébrée par les Nations-Unies en 1975, reconnue officiellement en 1977, puis en France en 1982. Aujourd’hui dans de nombreux pays dont la France, cette journée est appelée « Journée internationale des Droits des Femmes » [et non journée de LA femme !].

21 mai 1981 – Yvette Roudy, ministre déléguée aux Droits de la femme

François Mitterrand, nouvellement élu président de la République, transforme le Secrétariat d’État aux femmes en « ministère des Droits de la femme » dont il confie la responsabilité à Yvette Roudy pendant cinq ans.
Elle mettra en œuvre notamment la loi relative à la prise en charge des frais liés à l’IVG non thérapeutique par la Sécurité Sociale.

23 décembre 1980 – Loi sur le viol

La loi relative à la répression du viol et de certains attentats aux mœurs donne une définition précise du viol et le reconnaît comme un crime : « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui, par violence, contrainte, menace ou surprise, est un viol. »

6 mars 1980 – Marguerite Yourcenar à l’Académie française

Marguerite Yourcenar est la première femme élue à l’Académie française.
Suivront ensuite : Jacqueline de Romilly (1988), Hélène Carrère d’Encausse (1990), Florence Delay (2000), Assia Djebar (2005), Simone Veil (2008), Danièle Sallenave (2011), Dominique Bona (2013), Barbara Cassin (2018), Chantal Thomas (2021).

Oui à ce jour, parmi les 736 « Immortels » que compte l’Académie française depuis sa fondation en 1635 par Richelieu, seulement 10 femmes ont occupé l’un des 40 fauteuils !

1976 – Mixité obligatoire dans les écoles

1975 – Benoîte Groult publie « Ainsi soit-elle »

Militante engagée depuis mai 1968, la romancière et journaliste Benoîte Groult publie « Ainsi soit-elle », et devient ainsi une référence dans le féminisme.
Dans cet ouvrage à l’humour corrosif, elle dénonce la condition des femmes, la suprématie masculine et pour la première fois, ose aborder le délicat sujet des mutilations génitales féminines comme l’excision.

Le féminisme n’a jamais tué personne,
le machisme tue tous les jours.

Benoîte Groult

« À toutes celles qui vivent dans l’illusion que l’égalité est acquise et que l’Histoire ne revient pas en arrière, je voudrais dire que rien n’est plus précaire que les Droits des femmes. »

11 juillet 1975 – Divorce par consentement mutuel

Loi initiée par Valéry Giscard d’Estaing autorisant le divorce par consentement mutuel.

17 janvier 1975 – Légalisation de l’avortement

Promulgation de la loi autorisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dite loi Veil, adoptée pour une période de 5 ans.

Le 13 novembre 1974, le Conseil des ministres avait adopté le projet de loi relatif à l’interruption volontaire de grossesse présenté par la ministre de la Santé Simone Veil.

16 juillet 1974 – Françoise Giroud, première Secrétaire d’État à la condition féminine

Droits des femmes Françoise Giroud
Françoise Giroud©AFP

Création d’un Secrétariat d’État à la condition féminine.

Françoise Giroud, célèbre journaliste et fondatrice de L’Express, lancera cent mesures pour les femmes.

La femme serait vraiment l’égale de l’homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente.

Françoise Giroud, Le Monde – 11/03/1983

22 décembre 1972 – À travail égal, salaire égal

Une loi pose le principe de l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes.

8 novembre 1972 – Procès de Bobigny

L’avocate Gisèle Halimi (1927-2020) défend cinq femmes jugées pour pratique ou complicité d’avortement, dont Marie-Claire Chevalier, une mineure qui avait avorté après un viol.

Ce célèbre procès a servi d’amorce à la loi Veil de 1975 autorisant l’IVG.

5 avril 1971 – Le Manifeste des 343

Le Nouvel Observateur publie le Manifeste des 343, signé par 343 femmes, parmi lesquelles de nombreuses personnalités comme Catherine Deneuve, Françoise Sagan, Agnès Varda, Jeanne Moreau ou encore Marguerite Duras. Elles déclarent avoir avorté et réclament l’avortement libre.

Une semaine après sa publication, Charlie Hebdo a contribué à la popularité de ce Manifeste et à son ampleur médiatique en titrant en Une « Qui a engrossé les 343 salopes du Manifeste de l’avortement ? ». Autant dire que depuis, l’expression des “343 salopes” est restée !

26 août 1970 – Naissance du MLF

Dix femmes déposent une gerbe « à la femme du soldat inconnu » sous l’Arc de Triomphe à Paris. Cette manifestation marque la naissance du Mouvement de Libération des Femmes (MLF), cofondé notamment par Antoinette Fouque.

Le MLF intervient pour la protection des femmes, pour lutter contre les violences faites aux femmes et pour le droit à l’avortement.

En mars 1971, une chanson créée collectivement par des militantes féministes à Paris (dont Antoinette Fouque), sur l’air du Chant des marais, devient l’Hymne du MLF, parfois appelé Hymne des femmes ou encore Femmes debout. Devenue un emblème des luttes féministes francophones, son refrain « Levons-nous femmes esclaves Et brisons nos entraves Debout, debout, debout ! » est souvent repris en cœur lors des manifestations féministes.

Nous qui sommes sans passé, les femmes,
Nous qui n’avons pas d’histoire,
Depuis la nuit des temps, les femmes,
Nous sommes le continent noir.
Levons-nous femmes esclaves. Et brisons nos entraves. Debout, debout, debout !
Asservies, humiliées, les femmes,
Achetées, vendues, violées,
Dans toutes les maisons, les femmes,
Hors du monde reléguées.
Levons-nous femmes esclaves. Et brisons nos entraves. Debout, debout, debout !
Seules dans notre malheur, les femmes,
L’une de l’autre ignorée,
Ils nous ont divisées, les femmes,
Et de nos sœurs séparées.
Levons-nous femmes esclaves. Et brisons nos entraves. Debout, debout, debout !
Le temps de la colère, les femmes,
Notre temps, est arrivé,
Connaissons notre force, les femmes,
Découvrons-nous des milliers !
Refrain Reconnaissons-nous, les femmes,
Parlons-nous, regardons-nous,
Ensemble, on nous opprime, les femmes,
Ensemble, Révoltons-nous !
Levons-nous femmes esclaves. Et brisons nos entraves. Debout, debout, debout !

Hymne du MLF

29 avril 1970 – Les femmes sont admises à Polytechnique

3 février 1970 – Autorité parentale partagée

La loi relative à l’autorité parentale conjointe modifie le Code civil et substitue l’autorité parentale conjointe à la « puissance paternelle » (les deux époux assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille).

28 décembre 1967 – Légalisation de la contraception

La loi Neuwirth (du nom du député Lucien Neuwirth qui l’a proposée à l’Assemblée Nationale) autorise la contraception dès 18 ans. Mais elle n’est pas pour autant remboursée par la Sécurité Sociale et sa publicité est interdite. Les décrets d’application ne seront publiés qu’entre 1969 et 1972.

13 juillet 1965 – Les femmes mariées peuvent exercer une profession sans l’autorisation de leur mari

La loi modifie le régime légal du mariage pour les couples mariés sans contrat : les femmes peuvent gérer leurs biens, ouvrir un compte en banque et exercer une activité professionnelle sans le consentement de leur mari.

8 mars 1956 – Création de La Maternité Heureuse qui deviendra le Planning Familial

« La Maternité Heureuse » est un mouvement clandestin de femmes en faveur du contrôle des naissances. Il devient le Mouvement Français pour le Planning Familial (MFPF) en 1960.

Le Planning Familial a pour objectif l’éducation sexuelle, la lutte pour le droit à la contraception et à l’avortement.

28 octobre 1949 – Simone de Beauvoir publie « Le Deuxième Sexe »

Dans cet essai, Simone de Beauvoir dénonce une société aliénante pour les femmes et appelle à la lutte pour leur émancipation. Vendu à plusieurs millions d’exemplaires depuis sa sortie et traduit dans plusieurs langues, « Le Deuxième Sexe » est devenu l’ouvrage de référence de la philosophie féministe.

droits des femmes Simone de Beauvoir
Simone de Beauvoir ©DR

21 avril 1944 – Les Françaises obtiennent le droit de vote

Le droit de vote et d’éligibilité est accordé aux femmes françaises. Elles voteront pour la première fois aux élections municipales du 29 avril 1945.

18 février 1938 – Les femmes peuvent s’inscrire à l’université

… sans l’autorisation de leur mari.

1919 – Création du baccalauréat féminin

Les programmes scolaires et épreuves d’examen deviendront les mêmes pour les filles et les garçons seulement au cours de l’année scolaire 1924-1925.

1909 – Congé maternité

La loi institue un congé de maternité de huit semaines sans rupture du contrat de travail.

1907 – Salaire

Les femmes mariées peuvent disposer librement de leur salaire.

1903 – Marie Curie reçoit le prix Nobel de physique

Marie Curie
Marie Curie ©DR

Née Maria Sklodowska à Varsovie en Pologne, Marie Curie est connue pour ses recherches sur la radioactivité, avec son mari Pierre Curie, ce qui lui vaudra de recevoir le prix Nobel de physique avec le professeur Henri Becquerel.

En 1911, elle reçoit le prix Nobel de chimie pour la découverte de nouveaux éléments : le radium et le polonium.

Marie Curie est la seule femme à avoir reçu deux prix Nobel.

9 décembre 1897 – « La Fronde », le premier quotidien féministe au monde

Fondé par Marguerite Durand, ancienne journaliste au Figaro et féministe, « La Fronde » est le premier journal français entièrement conçu, dirigé et distribué par des femmes. Marguerite Durand veut ainsi prouver que les femmes peuvent réussir dans le monde du journalisme, à l’époque largement dominé par les hommes.

D’abord quotidien jusqu’en 1903, puis mensuel, il sera diffusé jusqu’en 1905.

droits des femmes Marguerite Durand
Marguerite Durand ©Gallica-BnF-Wikipedia et Première Une de « La Fronde »

13 février 1881 – 1er numéro du journal « La Citoyenne »

Ce journal bimensuel lancé par Hubertine Auclert paraîtra jusqu’en 1891. Avec sa ligne éditoriale féministe, il défend l’émancipation des femmes, exigeant notamment la modification du code Napoléon et le droit pour les femmes de se présenter aux élections.

1876 – Hubertine Auclert fonde la société « Le droit des femmes »

droits des femmes Hubertine Auclert
Hubertine Auclert©DR

Journaliste, écrivaine, Hubertine Auclert est la première militante française à se déclarer “féministe”. Elle se mobilise pour la République et les droits des femmes, notamment en faveur de l’éligibilité des femmes et leur droit de vote. Elle innove dans le combat féministe en proposant par exemple l’idée du contrat de mariage entre conjoints avec contrat de mariage et la féminisation de certains mots (témoin, avocat, électeur, député, etc.). Sa société deviendra « Le suffrage des femmes ».

En 1877, elle lance un appel : « Femmes de France, nous aussi nous avons des droits à revendiquer : il est temps de sortir de l’indifférence et de l’inertie pour réclamer contre les préjugés et les lois qui nous humilient. Unissons nos efforts, associons-nous ; l’exemple des prolétaires nous sollicite ; sachons nous émanciper comme eux ! ».

1804 – Vu dans le Code Civil :

« Le mari doit protection à la femme, la femme doit obéissance au mari. »

1791 – Olympe de Gouges première féministe

Olympe de Gouges droits des femmes
Olympe de Gouges©DR

Marie Gouze, dite Olympe de Gouges, est une femme de lettres née à Montauban (Tarn-et-Garonne) en 1748. Autrice de nombreux essais en faveur des droits civiques et politiques des femmes, et de l’abolition de l’esclavage des Noirs, elle publie en 1791 la « Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne« .

Grande figure de la Révolution française, elle est considérée comme l’une des pionnières du féminisme en France. Elle meurt guillotinée en 1793.

Pour aller plus loin :

8 Mars – Journée internationale des Droits des Femmes en Occitanie : découvrez le programme

Carole Delga pour l’Égalité Femmes-Hommes en Occitanie

Le féminisme à travers les générations

Harcèlement de rue inversé : comment les hommes réagissent ?

Sextrémisme : Femen ouvre la voie

Égalité professionnelle ? Just do it !

Sources :

egalite-femmes-hommes.gouv.fr
Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes
Centre national d’information sur les droits des femmes et des familles
8mars.info
Vie Publique
Le Monde (en BD)
« 100 ans de combats pour la liberté des femmes » de Frédérique Agnès et Isabelle Lefort – Flammarion
Images d’archive : France Télévisions / INA Institut National de l’Audiovisuel / Gaumont 1944-45
Wikipédia

Image de couverture copyright Olha-Fotolia.

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