Julie Leleu – Catspad

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À 27 ans, Julie Leleu est la cofondatrice de Catspad, une start-up innovante qui a développé un distributeur connecté révolutionnaire pour mieux nourrir son chat !

Pouvez-vous nous présenter votre entreprise ?

Chez Catspad, on a travaillé avec des vétérinaires pour prendre en compte toutes les problématiques de santé des chats dans notre quotidien, et on s’est attardés notamment sur l’alimentation qui joue sur beaucoup de problèmes de santé comme l’obésité, la boulimie, les calculs rénaux etc. Et donc on a conçu un premier produit qui permet de pouvoir réguler l’alimentation du chat, qui est un distributeur d’eau et de croquettes, connecté au smartphone. Il permet de s’occuper de son animal à distance, au quotidien quand on est au travail mais aussi en week-end, en vacances etc. Donc en fait, ce produit est connecté à une application qui permet de pouvoir programmer les rations que l’on veut donner à son animal, réaliser un suivi de la consommation alimentaire, et être alerté quand il y a des changements dans les habitudes alimentaires, quand les réserves commencent à diminuer etc. Voilà, c’est un outil qui simplifie le quotidien des propriétaires, tout en prenant soin de la santé des animaux.

Comment est née cette idée ?

Ça a germé quand j’étais en école de commerce : j’ai adopté Mozart qui est mon petit chat –  qui est ici et doit traîner dans les bureaux aujourd’hui. Et donc avec Mozart, je me suis rendu compte un petit peu de toutes les problématiques que rencontrent les propriétaires d’animaux au quotidien. Problèmes effectivement quand on part en week-end, mais aussi problèmes de santé parce que Mozart, je l’ai adopté dans la rue et donc Mozart a un comportement de chasseur et a tendance à se jeter sur la nourriture dès qu’il en voit. C’est un gourmand… et donc du coup voilà, je suis partie de ce constat : « comment je fais pour réguler l’alimentation de mon chat tous les jours de l’année, que je sois là ou que je ne sois pas là ? ».

Comment avez-vous lancé ce projet ?

Moi j’ai fait une école de commerce qui m’a permis de me former à l’entrepreneuriat puisque c’était ma spécialité. Et puis j’ai décidé aussi de m’associer avec un ingénieur, Brice, mon associé qui est spécialisé en électronique des systèmes embarqués. Donc lui, son rôle dans l’aventure, c’est de prendre en charge toute la partie technique de conception de produit, d’industrialisation et de production… Et donc voilà, avec Brice en fait, on a rejoint l’incubateur de l’école de commerce de Toulouse, qui s’appelle TBSeeds et qui nous a permis de pouvoir nous former à l’entrepreneuriat, confronter notre idée au marché et… créer vraiment de la gestion de projet, un plan d’action pour développer l’entreprise qui va bientôt avoir quatre ans. Donc ça a été plutôt bénéfique pour nous de pouvoir participer justement à cet incubateur et pour lancer le projet, ça a été vraiment une piste de décollage importante.

Quel est votre secret pour entretenir votre motivation ?

Je pense que ce qui est important quand on entreprend, c’est de ne pas se réfugier dans le travail, ça a pu être mon cas au début, mais c’est important de prendre en compte aussi la vie personnelle. C’est important pour moi de faire du sport parce que si je ne fais pas de sport, je ne me sens pas bien dans mon corps et dans ma tête, donc il y a ça à prendre en compte évidemment. Il y a aussi les liens sociaux qu’on entretient à côté : il ne faut pas garder comme liens sociaux uniquement son équipe et ses partenaires pro, parce que vite, on s’enferme dans le travail et ça ne fonctionne pas du tout. Donc voilà, faut aussi avoir des activités à côté, des amis qui permettent de pouvoir aussi lâcher du lest quand on en a besoin parce qu’on en a régulièrement besoin.

Des conseils pour celles qui voudraient se lancer ?

Ce que j’ai tendance à conseiller aux gens qui se lancent dans l’entrepreneuriat, c’est de bien s’entourer, aussi bien en interne qu’en externe. Nous quand on a démarré, quand on est des jeunes entrepreneurs, on a besoin de pouvoir avoir des gens d’expérience qui nous aident. Il y a plein de réseaux qui existent justement pour aider les jeunes entrepreneurs Le Réseau Entreprendre, le réseau Moovjee etc. Donc voilà, moi je conseille vivement aux entrepreneurs de pouvoir être accompagnés par des mentors ou des coachs et ensuite… Un entrepreneur ne peut pas tout faire, ne serait-ce que parce que soit il n’a pas les compétences, soit il n’a pas le temps. Donc il faut aussi s’entourer d’une équipe, c’est pas toujours simple de bien recruter, c’est pas toujours simple de trouver les financements pour payer une équipe. Mais je pense que c’est important aussi de pouvoir confronter ses idées avec celles qu’une équipe peut nous apporter de manière complémentaire dans l’activité, dans l’aventure.

Vous-même avez eu des mentors ?

On a eu plusieurs mentors à plusieurs stades d’avancement de l’entreprise. Au démarrage, quand on était à l’incubateur TBSeeds de l’école de commerce, on avait des coachs qui nous accompagnaient, académiques et professionnels, qui nous ont permis de pouvoir vraiment réfléchir de manière globale aux idées qu’on souhaitait développer au sein de l’entreprise. Et ensuite, on a été accompagnés par d’autres mentors plutôt dans la phase d’accélération de l’entreprise. Donc là, on avait des chefs d’entreprise aguerris avec plusieurs années d’expérience qui nous permettaient aussi de challenger l’aventure de manière globale, tout en ayant un retour d’expérience de personnes qui sont passées par là avant.

Vous avez rencontré des difficultés ?

Concevoir un produit dans le secteur de l’industrie c’est toujours… compliqué, long et coûteux. Donc l’idée, c’était justement de voir quelles étaient les solutions qui nous permettent de pouvoir mener à bien cette innovation de manière technologique. Donc effectivement, l’État nous a beaucoup aidés grâce à des subventions, des avances remboursables etc. Mais ça a été un challenge quand même de financer une telle innovation qui nous a coûté près de 750 K€ à développer. Quand on sort de l’école avec quelques milliers d’euros, c’est un bel effet de levier à faire qui n’est pas forcément facile, donc je pense que le plus difficile, ça a été :
1. Trouver les fonds
2. Bien les allouer pour développer une innovation technologique assez poussée et complexe qui est le distributeur Catspad que les consommateurs ont dans les mains aujourd’hui.
Donc c’est qu’on a réussi !

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