Isabelle Souriment-Bazin | Photographe

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Isabelle Souriment-Bazin est une passionnée de photo. Que ce soit dans sa pratique professionnelle ou par pur plaisir elle vit sa vie de photographe à 200%.

Pouvez-vous nous présenter votre activité ?

Moi ce que j’aimais et ce que j’aime toujours, c’est faire des choses différentes, et dans le Gers c’est important, car il n’y a pas forcément du travail toute l’année. De mai à octobre environ, je fais beaucoup de mariages, je photographie aussi des portraits pour les familles. Ensuite, j’ai une pratique personnelle en photographie plutôt axée sur l’art, parce que j’ai fait une école d’art plastique. Ça me « nourrit », mais je ne peux pas dire que je gagne ma vie avec tout ce qui est artistique alors je travaille aussi pour les entreprises, que ce soit du portrait ou du reportage.

Comment êtes-vous passée de la coiffure à la photo ?

Je suis partie en Angleterre avec mon CAP coiffure et de fil en aiguille, j’ai rencontré un autre photographe qui a regardé mon book et qui m’a dit : « Si tu adores ça, vas-y, fais un book, propose-le aux écoles et tu verras bien ». Et c’est ce que j’ai fait, j’ai été acceptée dans de bonnes écoles à Londres. Je pense que l’éducation là-bas est un petit peu différente, on passait un équivalent du bac (A level) avec quinze heures de cours par semaine. J’étais à l’école le lundi, et du mardi au samedi je travaillais en tant que coiffeuse. J’avais le dimanche pour faire mes devoirs et j’adorais ça. J’étais d’abord photojournaliste et ce qui est génial dans ce métier de la photographie, c’est qu’on peut en faire plein de choses.

Qu’est-ce qui vous tient à cœur dans ce métier ?

Ce métier m’a carrément sauvée, pour moi la photo c’est tout, je suis même une « malade de la photo ». Quand je vais en vacances, je prends des photos tout le temps, je dis que j’ai la maladie de l’index. C’est vraiment une passion qui est née très jeune à l’adolescence. Qu’est-ce que ça m’apporte ? La communication. C’est une manière de communiquer et c’est un besoin pour moi de communiquer avec le monde. C’est cette relation entre le monde et moi, et la photo m’ouvre plein de portes. La photographie est une manière de communiquer et aussi de montrer le beau, d’aller plus loin qu’une simple image. C’est vrai que dans notre société aujourd’hui, on a un surplus d’images, c’est un problème, mais on peut aussi éduquer, amener à voir, questionner et tout cela.

Comment vous intégrez-vous dans l’écosystème local ?

Je crois qu’il faut s’entourer, il y a un super réseau dans le Gers, comme un peu partout. Le premier réseau que j’ai rencontré ici quand je suis arrivée, c’est Soho Solo. Je suis arrivée avec une aiguille sur la carte, c’est-à-dire que je ne connaissais personne, j’étais en Angleterre et j’ai atterri ici. J’ai travaillé au centre de photographie de Lectoure au début, donc plutôt photographie d’art, et ensuite je me suis mise à mon compte et j’ai découvert Soho solo qui m’a beaucoup aidée. Au début Soho solo, c’était « Internet s’installe à la campagne », donc décentralisé, on peut travailler de n’importe où. Ils mettaient toujours un panneau devant chaque village : « Village connecté ». C’était génial parce que ce réseau s’est développé, des entrepreneurs venaient de partout, que ce soit des étrangers ou des Français d’autres régions. Maintenant, il en existe beaucoup, énormément même, et j’adore les réseaux.

Des conseils pour celles qui voudraient se lancer ?

Il faut y croire et aimer ce qu’on fait, et du moment qu’on a ça, alors on a l’énergie nécessaire.

J’ai appris à être indépendante très vite, je n’ai pratiquement jamais eu un travail fixe avec un salaire qui tombe tous les mois, ou en tout cas très peu. Je pense qu’il y a une âme d’entrepreneure aussi, il y a des personnes qui se sentent hyper à l’aise par rapport à ça. De nos jours avec Internet, avec tous les groupements, les aides, c’est encore plus simple. En tant que femme, je pense que des fois c’est plus compliqué oui, mais on y arrive, ça peut aussi être un atout. En gros, il faut tout changer pour que ça deviennent des atouts, et puis de nos jours avec Internet tout est ouvert, il y a une liberté quand même énorme. Il faut y croire et aimer ce qu’on fait, et du moment qu’on a ça, alors on a l’énergie nécessaire.