samedi 17 avril 2021
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Delphine Josse – Créatrice de petites robes minimalistes

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Delphine Josse s’est fait connaître en créant exclusivement des petites robes noires et ça a marché ! Maintenant elle a élargi sa gamme tout en développant son style épuré qu’elle qualifie de « minimaliste ». Mais Delphine ne s’est pas arrêtée là, bouillonnante d’idées, elle est aussi à l’origine de la création d’Espace N°9 pour fédérer les acteurs et actrices de la mode toulousaine.

Pouvez-vous nous présenter votre activité ?

J’imagine, je dessine, je patronne, je fais les tailles, les premiers prototypes et je couds moi-même une partie de mes collections. Je me fais aussi aider par une couturière pour créer des petites robes toutes simples, juste un beau tissu et une belle coupe pour mettre en valeur les femmes. Je fais aussi bien des petites robes noires que des petites robes blanches pour les mariages civils et autres beaux événements. J’ai eu envie de faire une ligne simple, juste une jolie robe pour ne pas qu’on voit le vêtement mais plutôt la femme derrière la robe, ce qui plaît bien visiblement.

Quel est votre parcours ?

J’ai fait des études de Lettres, puis d’Arts plastiques et d’Arts Appliqués, ensuite je me suis formée à la couture en autodidacte avec de bons livres, beaucoup de persévérance et quelques conseils de personnes avisées. Je n’ai fait aucune école, j’ai mon CAP Couture Floue que j’ai passé en candidate libre parce que j’avais envie d’avoir ce diplôme et me dire que oui, je sais coudre. Sinon j’ai appris moi-même.

Vous partagez votre vie d’entrepreneure sur les réseaux…

Je trouvais ça intéressant que les gens voient les dessous de la marque, et aussi ce qu’il y a derrière la femme chef d’entreprise parce que ce n’est pas toujours si simple. C’est intéressant de voir les croquis, le prototype, les mannequins, les shootings photo… Mais ce qu’on voit moins, c’est les choses comme les galères de fournisseurs, le temps passé à faire de la communication etc. En communication d’ailleurs, j’ai décidé d’être transparente, de montrer que c’était moi qui fabriquais plutôt que de faire croire que c’est une grande marque. C’est moi qui fabrique, mais je suis aidée aussi, c’est un échange. Je montre aussi l’autre facette côté femme chef d’entreprise qui va au-delà de ma propre entreprise, celle d’aider les autres.

Être femme entrepreneure, c’est différent ?

Un peu plus compliqué puisqu’il faut plus faire ses preuves, il faut plus travailler, montrer qu’on est un vrai entrepreneur, et que ce n’est pas un hobby à côté, mais que notre passion est un vrai métier et pas juste de la couture DIY le dimanche dans le garage.

Vous avez créé une association professionnelle…

Je suis à l’initiative de l’association « Les Espaces de la Mode Toulousaine et Occitane » (EMTO) dont le siège est à l’Espace n°9. C’est une boutique partagée où les personnes peuvent venir exposer, vendre, apprendre, se développer… On propose aussi des résidences. On soutient les adhérents au niveau de la communication, de la presse et toutes les casquettes de l’entrepreneuriat. Il y a du coaching en vente aussi, car souvent on sait faire de très bons produits mais on sait moins bien les vendre.
C’est aussi un lieu où nous avons fait des ateliers, j’espère que nous pourrons continuer. Nous faisons aussi des présentations d’associations, et on redirige les gens vers les autres associations partenaires ou Pôle Emploi. C’est une mission de conseil. C’est une sorte de « tiny » tiers-lieu, un 20 mètres carrés où l’on fait plein de choses, un point de rendez-vous où les créateurs peuvent recevoir un photographe ou faire un pop-up, rencontrer un client pour échanger un produit ou montrer plusieurs tailles, des fournisseurs qui présentent leurs tissus… Nous proposons différents services et c’est aussi beaucoup d’échanges avec nos adhérents (environ une trentaine). Ils ont trouvé réponse à leurs besoins comme des couturières dont l’activité décollait, du soutien en communication ou pour la comptabilité, des bons plans, des astuces.
Je ne pouvais pas me dire : j’ai des bonnes infos, je vais les garder pour ma pomme. Je ne trouvais pas ça intéressant, surtout que j’avais galéré et quand je demandais de l’aide à d’autres personnes, on me disait : « Ah non, tu vas me copier… » Des idées, on en a plein quand on est un bon créateur, ce n’est pas ça qui manque ! Donc ce que nous avons fait, c’est que nous avons bien structuré l’association avec un questionnaire et nous avons rencontré tous les adhérents pour nous assurer qu’ils étaient dans le même état d’esprit de partage. Cette sélection nous a évité quelques personnes qui étaient plutôt désireuses de prendre sans donner, et quand on rentre dans l’association, on est prêt à échanger.

Des conseils pour celles qui voudraient se lancer ?

Je pense que pour tout secteur d’activité, c’est la communication et c’est en général ce qu’on n’aime pas faire, surtout quand on est créatif. Vous pouvez avoir le meilleur produit du monde, si vous n’en parlez pas alors personne ne le saura. Il faut en parler encore et encore et il ne faut pas hésiter à se former à la communication et à dire, tout en restant humble, que votre produit est le meilleur.
Sinon, ne rien lâcher, être ultra persévérante puisqu’on vous dira que ce n’est pas la peine, que ça ne va pas marcher… Je crois que c’est un conseil très personnel car on m’a dit que ça ne marcherait pas, que je n’y arriverai pas. La porte était fermée alors je suis passée par la fenêtre, la fenêtre était fermée, j’ai cassé le mur et j’ai persévéré comme ça pendant dix ans.

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