Le jeunisme épinglé par Miss Cactus

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LE BILLET DE
mauvaise
HUMEUR

le jeunisme
© Dafne Saporito

La nostalgie, celle qui nous fait danser sur Début de Soirée ou Cloclo après deux mojitos, déjà, c’est limite. Mais la tendance actuelle à l’ultra régression, qu’on nous vend partout comme le truc hyper hype qui fait du bien à notre enfant intérieur, sur fond de “c’était mieux avant”, c’est quand même du grand n’importe quoi !

Tout a commencé par la tendance « je fais mumuse et je l’assume ». Matraquage de pub sur tous les écrans, envahissement des réseaux sociaux : impossible pour un adulte de résister ! Aligner des bonbons, récolter des citrouilles ou mener une guerre virtuelle intersidérale sur son smartphone, entre deux rendez-vous pros ou dans la salle d’attente du dentiste, ça vide la tête. Mais le progrès technologique, à la base, c’était pas pour autre chose ?

On nous encourage aussi à nous relaxer en réalisant de sublimes coloriages (niveau avancé), et à fabriquer, comme à la maternelle, de jolies choses en pâte à sel et en papier mâché dans des ateliers DIY hyper tendance. C’est nos mamans qui vont être contentes de recevoir un coffret à bijoux en boîte à camembert et coquillages, à la prochaine fête des Mères…

La mode a suivi le mouvement : si on accepte encore de se percher sur des escarpins pour aller voir le banquier ou passer un entretien d’embauche, ce sont les baskets flashy et les jeans déchirés qu’on collectionne. Au final, on s’habille comme ses enfants, alors que franchement, ça vous aurait fait kiffer vous, à 8 ans, d’être habillée comme votre mère ?
Exit le vernis chic, désormais on doit tuner ses ongles avec des paillettes et des petits dessins trop mimis, se parfumer à la guimauve et se coller des tattoos partout, comme notre nièce de 4 ans. Une bonne claque au glamour !

Quand nos parents se damnaient pour un resto triplement étoilé et son tournedos à la truffe sur lit de homard, il paraît que nous, on préfère s’éclater les papilles dans des cantines qui servent des coquillettes au jambon ou du poulet/purée. Le dress code, c’est jupe plissée et serre-tête ? La bataille de petits pois, c’est compris dans le prix ? D’ici à ce qu’on nous propose des restos petits pots/biberon !!

À la maison, on nous ressort la déco de mamie : tapis en lino, papier peint à fleurs, table basse en Formica, et fauteuil en scoubidou. Mais en beaucoup plus cher. Même le macramé a retrouvé ses lettres de noblesse. Pourtant, on avait tout fait pour l’oublier ce truc marron qui pique les doigts !

Alors notre enfant intérieur, on le laisse à sa place (mais on a le droit de le cajoler) et on refuse de se prêter à ce jeunisme ridicule, parce que le jour où une pétition demandera que le ballon prisonnier devienne épreuve olympique, ce sera vraiment trop tard !

Illustration Dafne Saporito

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