Sabine Moulin – Le Flor de Salagou

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Sabine Moulin est une entrepreneure autodidacte, elle a monté plusieurs sociétés avec toujours cette passion d’entreprendre et d’aller à la rencontre des autres. Puis elle s’est lancée avec cette même fougue dans la fabrication de confitures pour devenir « Maître Confiturier de France », un titre qui s’écrit au masculin mais qu’elle vit pleinement dans son nouvel établissement de Mourèze.

Quelle est votre activité ?

J’ai créé il y a quatre ans le Flor de Salagou, un bar à tapas au cœur du village de Mourèze, qui est un site classé. Le cirque de Mourèze est un site dolomitique. J’y prépare des petites salades, des planches de charcuterie, de fromages. J’ai une cave à vin, je suis aussi caviste. Et j’y vends ma production de confiture.

Vous êtes « Maître confiturier de France », qu’est-ce que c’est ?

C’est un titre que l’on acquière lors d’un concours, au cours duquel on présente un pot que l’on pense être le meilleur de sa production, puisqu’il faut en choisir un. Si l’on obtient la médaille d’or, on devient « Maître confiturier de France ».

Comment êtes-vous venue à la confiture ?

J’étais restauratrice, j’avais un restaurant à Font-Romeu dans les Pyrénées-Orientales, et on fabriquait des confitures que l’on servait en dessert à nos clients. Notamment notre première création qui a été la gelée de fleur de pissenlit. Nos clients enchantés voulaient en rapporter, donc on leur mettait ça dans des petits pots. On a décliné une gamme : gelée de fleur de thym, gelée de fleur de romarin. Ensuite on y a proposé des confits sucré-salés : confits d’oignons au thym, confits de poivron au paprika et au piment d’Espelette, confits d’ails, et des confitures classiques.

Que vous apporte cette aventure ?

Je suis une autodidacte de la profession, par goût, par plaisir de créer, de vendre sa production, ce qui est très enrichissant et très valorisant d’ailleurs. On y prend goût et on y devient très vite accro !
Il faut y croire, il faut être très motivé. Il y a pas mal d’embûches, tout ce qui est administratif, ainsi que la question du personnel aussi. Mais c’est très enrichissant, on en retire beaucoup de joie, et je crois qu’on ne peut plus faire marche arrière ensuite de toute façon. Quand on travaille pour soi, il y a une idée de liberté, mais qui n’est qu’une idée au final, puisqu’au contraire on fait beaucoup d’heures et beaucoup plus d’heures. Mais il y a cette idée de liberté, de gérer ce qu’on a envie de faire, de gérer son entreprise qui est assez valorisante.

Il faut une très grande motivation. Savoir que l’on va bosser énormément.

Vous avez rencontré des difficultés ?

Alors il est vrai qu’en m’installant à Mourèze, je n’ai pas rencontré de difficultés particulières, parce que c’était déjà ma quatrième affaire. On va dire que j’étais un petit peu rodée. Ensuite toujours les mêmes problématiques administratives, mais sinon personnellement je n’ai pas rencontré de difficultés, non.

Des conseils pour celles qui voudraient se lancer ?

Alors quels conseils je pourrais apporter ? Déjà il faut une très grande motivation. Savoir que l’on va bosser énormément. C’est beaucoup d’heures. C’est très physique. Il faut aimer le contact avec les gens aussi, parce qu’on est en permanence avec ses clients. Mais il faut y aller, il faut le faire. Il faut effectivement bien étudier le marché. Voir l’offre, l’emplacement aussi très important dans ce genre d’établissement. Et surtout avoir un rapport qualité-prix maintenu.

C’est important de travailler en circuit court ?

Bien sûr ! Travailler avec des producteurs c’est un lien très important. En travaillant avec des producteurs locaux on peut ensuite se renvoyer des clients. C’est souvent des producteurs qui font des visites à la ferme ou des choses comme ça, qui nous envoient les clients, et puis inversement. Lorsqu’un client mange un fromage, qu’il s’extasie et qu’il nous demande où il peut aller en chercher. Il ira le lendemain, ou la semaine suivante, le chercher à la ferme. Donc c’est vraiment une collaboration indispensable.