dimanche 24 octobre 2021
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Marie Paillas – Alliées

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Marie Paillas a créé Alliées une marque de prêt-à-porter féminin née d’une utopie créative : le désir que chaque femme puisse inventer un vestiaire coloré et graphique.

Qui fait quoi dans Alliées ?

Les collections d’Alliées sont fabriquées en France, principalement à Toulouse où on a monté un réseau de cinq couturières indépendantes qui travaillent avec nous main dans la main, et un atelier sur Marseille qui nous produit les tee-shirts qui sont faits en plus grosses quantités.
Moi je fais du dessin, de la création jusqu’au premier prototype tout ce qui est patronage, modélisme confection aussi du premier prototype, la recherche du tissu… la communication.

Quel est votre parcours ?

Je suis allée très vite dans une direction professionnelle, je suis partie en BEP Métier du cuir, j’ai fait un bac pro et une école de mode sur Toulouse pendant quatre ans jusqu’à l’obtention d’un Master.

Alliées est une marque engagée…

Je voulais vraiment créer une marque, un message comme le logo l’exprime : des petites mains qui se tiennent. Il y a beaucoup de partage dedans, on valorise l’humain, l’entraide, il y a vraiment des valeurs sincères.

J’ai la chance aujourd’hui de travailler avec des couturières qui sont passionnées, elles sont extraordinaires. L’une d’elles est une amie du lycée qui a monté son atelier de couture et ça prend une dimension différente, il y a vraiment de la joie, du partage dans chaque création qu’on peut faire et quand elles me rendent les produits, il y a une émotion à chaque fois. Elles me les rendent comme si c’étaient des petits bijoux ils sont tout beaux… C’est vraiment ce côté qu’il y a derrière la profession de couture, derrière chaque corps de métier, il y a quelqu’un qui se cache derrière et nous on veut les valoriser. Les avoir proche de nous, c’est ce qui nous permet aussi d’avoir tant de lien, d’alliage dans notre marque. Il faut prendre conscience qu’un vêtement à 2€ ne sera pas fait dans les meilleures conditions possibles. Il y a vraiment un coût qu’on essaie de revoir et sur le marché, les gens sont souvent perdus parce que si on prend l’exemple du tee-shirt, il y a un tee-shirt à 2€ et un à 2 000€ et il y a une démesure de chaque côté. Il faut essayer d’avoir un prix juste en fabriquant de la meilleure façon qu’on peut et en racontant une histoire aussi parce qu’on ne veut pas faire un simple vêtement sans avoir une idée derrière.

Quelle histoire racontez-vous avec les vêtement ?

On a toutes une petite étoile en nous et souvent on oublie qu’on peut briller. Et avec des pièces coup de cœur, c’est ce que j’essaie de faire. Des pièces assez fortes avec beaucoup de mélange de couleurs de matières, il faut oser le porter. Et on se sent différent une fois qu’on ose aller vers une autre démarche, vers un autre univers, des choses qui viennent nous bousculer qu’on n’a pas trop l’habitude de faire. On n’a pas besoin d’avoir le même style tout le temps et de rentrer dans une case, on peut être chaque jour différent et chaque jour raconter une nouvelle histoire.

On aimerait donner cette impulsion à la femme, montrer qu’on peut être qui on veut chaque jour et qu’on n’a pas besoin de rentrer dans une case.

Vos vêtements sont des sortes d’armures pour affronter le quotidien ?

Oui, tout à fait ! Il y avait une phrase dans une chanson de Clara Luciani, quand j’ai créé la première collection qui m’avait plu : « Il faut avoir de sacrées épaules pour vivre à cette époque ». Du coup dans ma collection, j’avais mis plein d’épaulettes parce que c’est vrai que des fois, on en a gros sur le dos, on porte tous nos carapaces, nos petits ballotins, et c’est vrai qu’il faut pouvoir s’armer et affronter tout ce qu’on vit aussi. Et que ça peut être très beau au final, il y a une belle vision de ce qu’on peut faire.

C’est important de sortir de sa zone de confort ?

J’essaie chaque jour de faire un exercice qui vient aussi me déranger un peu, me forcer à sortir de cette zone de confort où on aime bien être la petite souris, je le dis souvent. Rester un peu cachée c’est beaucoup plus confortable que venir s’exposer ou prendre la parole, faire un sourire dans une démarche de tous les jours, faire une petite chose qui nous fait avancer.

Toujours garder son âme d’enfant (…) c’est la chose qui m’a le plus servi.

Des conseils pour celles qui voudraient se lancer ?

De toujours garder son âme d’enfant, c’est quelque chose qui perturbe peut-être et qui nous est souvent reproché mais c’est la chose qui m’a le plus servi. Il faut aussi garder cette naïveté quand on ne sait pas trop vers quoi on s’embarque mais on y va. On aura peur quoi qu’il arrive et quand on a cette petite partie un peu naïve qui s’installe, ça nous pousse à le faire. Et si on savait de suite toutes les problématiques qu’il pourrait y avoir… Je ne sais pas si j’y serais allée et ça aurait été une bêtise.

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