jeudi 9 décembre 2021
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Julie Simoës – Epopées

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Julie Simoës est convaincue de l’urgence à s’investir pour faire évoluer notre société vers un futur durable. C’est avec la volonté de mettre du sens dans ces actes qu’elle a créé l’agence-conseil engagée Épopées ainsi qu’Îlots, un projet pour rassembler les acteurs du changement en Bigorre & Béarn.

Pouvez-vous nous présenter votre activité ?

L’agence Épopée accompagne des entrepreneur·es et des artisans du changement, c’est-à-dire des personnes individuelles ou des collectifs qui veulent se saisir des grands enjeux contemporains pour porter des projets à impact positif. Par exemple : la révolution numérique depuis un certain nombre d’années maintenant, mais aussi la révolution écologique et sociale, les mutations en cours dans notre époque.
Par ailleurs, je fais du conseil en stratégie d’entreprise depuis un certain temps. J’accompagne des projets qui existent depuis plusieurs années comme des projets entrepreneuriaux, des projets associatifs ou collectifs qui ont besoin de trouver de nouvelles pistes pour se développer ou pour changer d’échelle. Le tout avec un regard qui vient du monde de l’entreprise, du marketing et de la finance. La différence c’est que je mets ces outils-là, appris par ma formation et mon expérience, au service de projets qui ont du sens.

Pourquoi vous consacrer aux projets à impact ?

C’est un long cheminement qui m’a menée, par des événements personnels et professionnels, depuis mes études en école de commerce jusqu’à maintenant une quinzaine d’années après, à me demander comment aligner mes convictions personnelles avec mon activité professionnelle. Comment mettre ces compétences-là au service de projets à impact, sachant que je viens du monde de l’entrepreneuriat, de l’innovation, et donc comment porter des projets au service du bien commun ?
J’ai la spécificité d’avoir une expertise dans la conception et l’analyse des modèles économiques. Je suis de toute façon en réflexion permanente sur les nouveaux modèles économiques et sociaux qui vont permettre d’assurer la transformation positive de notre société.

Cela nécessite de changer les habitudes et de déconstruire des certitudes.

Julie Simoës

Cela nécessite de changer les habitudes et de déconstruire des certitudes. Il faut penser et agir différemment, mais il y a des modèles qui ont fait leur preuve sur le terrain depuis une cinquantaine d’années. Il leur faut un soutien, un portage politique notamment ou aussi un changement de regard de la société en général sur ces manières de faire et de penser, qui sont différentes, mais qui ont du sens et qui répondent aux enjeux actuels. Et qui, par ailleurs, peuvent créer des emplois, ce qui va avoir une vraie dynamique économique intéressante.

Les entreprises ont-elles intégré ces enjeux ?

Dans le cadre des formations que je dispense dans l’enseignement supérieur, je constate quand même que la génération qui arrive a grandi avec ces urgences et ces enjeux-là. Dans des projets d’entrepreneuriat étudiant par exemple, on en voit de plus en plus qui intègrent ces enjeux-là dès leur genèse et avec des jeunes qui ont parfaitement compris. Parce que c’est un triptyque : on a le social et l’environnemental, mais on a aussi l’économique. C’est-à-dire qu’il faut qu’il y ait une viabilité, une forme de performance économique pour que ces projets puissent se pérenniser.
Je vois beaucoup de choses sur les jeunes et dans les territoires aussi, parce que ça a une dynamique avec un ancrage territorial fort tout ça. On revient au « penser global mais agir local » avec une vraie dynamique de territoire, que ce soit des territoires urbains, ruraux ou des territoires de montagne à côté de chez moi. Dans les vallées de montagne, il y a beaucoup de projets qui font sens pour la communauté locale, et puis plus globalement pour répondre à ces enjeux de société.

Des conseils pour lancer des projets à impact ?

Aller sur le terrain recueillir les besoins des usagers, des bénéficiaires, des clients.

Julie Simoës

D’aller assez rapidement sur le terrain recueillir les besoins des usagers, des bénéficiaires, des clients, de ceux qu’on appelle « les cibles », pour faire émerger les besoins. Pour s’assurer que la solution qu’on va construire correspond bien aux besoins du territoire, puisqu’en général les projets à impact ont quand même un ancrage territorial fort, donc ils doivent partir du terrain.
On n’est pas obligé d’entreprendre, de monter une boîte et de révolutionner sa vie professionnelle pour reporter des projets à impact. Quand on monte un collectif de voisins pour créer un jardin partagé ou pour mutualiser un parc de voiture par exemple (parce que c’est un peu idiot de partir tous avec une voiture chacun de son côté alors qu’on va à peu près au même endroit). Ça a du sens aussi.

Il est aussi important de bien organiser son temps. Moi par exemple sur une semaine de 5 jours, j’essaie de consacrer 60% de mon temps à des activités professionnelles rémunérées, 20% c’est mon temps de maman et 20% sur des projets citoyens. J’ai réussi à organiser mon activité de cette manière-là, ce n’est pas toutes les semaines pareil, c’est à l’année. C’est ma façon de contribuer aux enjeux de société.

Photo de couverture Julie Simoës copyright Grizette.

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