Camille Rigaud – Le Lien

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Camille Rigaud ne manque pas d’idées pour mettre en lumière les initiatives durables. De retour d’une tournée mondiale des innovations vertes accomplie avec son complice Loïc Bordes, ils cofondent Le Lien : un tiers-lieu éco-responsable à Tarbes.

Pouvez-vous nous présenter votre activité ?

Le Lien est un tiers-lieu éco-responsable dans lequel on souhaite réunir des entreprises, des associations et des initiatives citoyennes. Le tout avec des valeurs communes qui sont l’éco-responsabilité, l’impact social et surtout, que ce lieu soit viable économiquement et dans le temps. Que ce soit un projet durable qui puisse apporter autant à ceux qui le font, qu’à ceux qui l’utilisent. C’est un projet collectif, dans lequel on met beaucoup de nos valeurs. Il y aura aussi beaucoup d’activités différentes, et c’est tout ce qui en fait sa richesse et sa force.

D’où est venue cette idée ?

Le Lien c’est une idée qui a germé pendant notre tour du monde des innovations vertes. On a voyagé pendant un an, dans 12 pays, à la rencontre d’entrepreneurs qui utilisaient l’innovation pour avoir un bon impact sur l’environnement. On a rencontré une cinquantaine de porteurs de projets, mais aussi des incubateurs, des investisseurs, tout l’écosystème autour des projets à impact. Quand on est rentrés, on s’est dit qu’on voulait réunir toutes ces activités sur un seul et même lieu. Et au moment de notre retour, on a eu l’opportunité d’installer ce projet sur une ancienne friche industrielle, juste à côté de Tarbes.

Comment rêvez-vous ce lieu ?

Tel qu’on le rêve, c’est surtout des activités très différentes. On imagine que les gens puissent venir travailler, boire un verre, faire des activités sportives ou associatives en dehors de leur travail. Et pourquoi pas se réunir pour créer des événements, des ateliers plutôt centrés sur la réutilisation de matière, le zéro déchet, sur comment vivre et consommer autrement en préservant le lien qui peut nous unir, et en préservant l’environnement. Ça se traduit par des espaces pour travailler, du coworking, des bureaux, des salles de réunion et de réception, mais aussi des endroits pour boire un verre, pour faire des activités sportives et/ou associatives. On imagine un jardin et un atelier partagés et surtout de l’espace événementiel pour que chacun puisse venir mettre sa contribution et que ce soit un vrai lieu de vie.

Quelles sont vos valeurs ?

Déjà le partage, on ne s’appelle pas « Le Lien » pour rien. L’idée, c’est vraiment de recréer du lien entre les gens, mais aussi entre les activités. On trouve que les activités on été trop cloisonnées avec d’un côté le travail et de l’autre faire ses courses, des activités sportives, culturelles, aller boire un verre après le travail, ce genre de choses. Et de réunir tout ça, pour nous ça fait sens. Ces mondes-là gagnent à se parler et à construire des choses, des projets. C’est un lieu où finalement, il y a du commun dans tout ça. Ensuite je dirais la transparence et l’honnêteté, on est sur un ancien site industriel qui a du vécu et auquel on veut donner un avenir. Et pour ça, je crois qu’il faut être très transparent vis-à-vis des usagers, mais aussi de toutes les parties prenantes qui sont investies dans le projet sur : comment on souhaite le faire, avec qui et pourquoi ? Ce sont des questions qu’on se pose dès le début pour que chacun ait une vision claire, à partir du moment où il s’investit dans le projet. Et ensuite, le respect des autres et de l’environnement. Je considère qu’il n’y a pas d’un côté notre société et de l’autre côté l’environnement, mais que c’est un tout qui fonctionne ensemble. Ce n’est pas un défi facile, mais par contre, je pense que c’est un beau challenge que de se dire que nous tous, de par nos différences, nous allons pouvoir faire un système qui fonctionne.

Persévérer, y croire, faire quelque chose qui nous plaît suffisamment et en lequel on croit assez pour ne pas abandonner à la première difficulté…

Des conseils pour celles qui voudraient se lancer ?

La première chose c’est de bien s’entourer, de trouver des ressources-clé dans son réseau, ses proches. Des gens qui puissent non seulement être de bon conseil au quotidien, mais aussi être à l’écoute dans les moments plus difficiles ou quand le projet avance moins bien que ce qu’on aimerait. D’être bien entouré c’est la première chose.
Ensuite de persévérer, d’y croire, de faire quelque chose qui nous plaît suffisamment et en lequel on croit assez pour ne pas abandonner à la première difficulté, parce qu’il y en aura c’est sûr. Et toujours y mettre de l’enthousiasme et du positif, parce que peu importe ce qu’on fera de toute façon, ça apportera quelque chose. C’est forcément positif.