vendredi 14 mai 2021
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Anissa Sadaoui – Anissa Pâtisserie

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Quand Anissa Sadaoui a été sélectionnée pour « Le Meilleur Pâtissier » sur M6 elle n’imaginait pas devenir un jour entrepreneure ! C’est une rencontre déterminante avec ses futurs associés qui l’a motivée pour créer Anissa Pâtisserie, la pâtisserie sans sucre.

Pouvez-vous nous présenter votre activité ?

Anissa Pâtisserie est un concept de pâtisseries sans impact sur la glycémie. Aujourd’hui, un patient diabétique peut manger mes pâtisseries sans avoir un pic sur sa glycémie, c’est une pâtisserie plus raisonnée, plus saine et qui est complètement dans l’air du temps.

Comment avez-vous eu cette idée ?

J’ai participé au « Meilleur Pâtissier » il y a 4 ans et lorsque je suis arrivée en finale, le Groupe Bastide m’a contactée pour faire une animation sur le Congrès du Diabète. Les médecins venaient nous voir en nous disant : « c’est formidable ce qu’on voit à la télé mais nos patients ne peuvent pas en manger » et là, on a eu l’idée avec Dorothée Bravard qui fait partie de la direction du Groupe, de créer une pâtisserie sans sucre. Au début, on pensait être sur une niche et répondre à une attente de patients avec une vraie pathologie. Donc on s’est associé avec le Groupe Bastide pour rendre la gourmandise aux patients et à l’ouverture, on s’est aperçus qu’aujourd’hui, j’ai 15% de diabétiques et tout le reste, ce sont des personnes qui veulent juste se faire plaisir et retrouver le goût des matières premières, des goûts francs, sans avoir ce saccharose (sucre) qui va masquer le palais.

Comment peut-on faire de la pâtisserie sans utiliser de sucre ?

Deux ans de recherches, de tests, de pleurs parce que parfois ça ne fonctionne pas. Au-delà du fait que ça amène un goût sucré aux pâtisseries, le sucre est un agent conservateur, c’est un agent de texture, de coloration donc il a fallu vraiment repartir d’une feuille blanche. Pendant deux ans, j’ai testé mes recettes en faisant des allers-retours au CHU de Nîmes pour rencontrer la diététicienne Katy Boissier et la diabétologue Laure Rocher. Elles me validaient : « là c’est bon, là c’est pas bon, là faut refaire »… Donc pendant deux ans, on a testé les recettes jusqu’à avoir la carte actuelle.

Je suis pâtissière avant tout, il fallait que mes pâtisseries soient jolies, très esthétiques puisque ça passe d’abord par le regard. Et je ne voulais pas des pâtisseries fades mais vraiment avoir le côté gourmand, plaisir. Je ne voulais pas non plus que mes pâtisseries soient un médicament ou un produit miracle pour les régimes donc ça a prit beaucoup de temps mais aujourd’hui, je suis fière puisque je défie quiconque de manger ma pâtisserie et me dire : « c’est pas du tout sucré ». On a l’impression d’avoir le côté sucré mais il n’y a pas du tout de sucre.

Pourquoi avez-vous eu envie de faire « Le Meilleur Pâtissier » (M6) ?

Je me suis pas du tout dit que j’allais faire « Le Meilleur Pâtissier » ! J’étais mère au foyer, je postais des photos de pâtisseries sur Facebook parce que j’aimais bien faire des gâteaux pour mes filles et un jour, une casteuse de chez M6 m’a écrit en me demandant de participer à l’émission, donc au début j’ai répondu non. Je n’avais pas envie de postuler et puis mon conjoint m’a dit : « Tu n’as rien à perdre, tente ta chance au pire tu perds, bah c’est pas bien grave puisque de toute manière tu débutes ! ». Ça faisait quoi 4-5 mois que je commençais la pâtisserie et je l’ai écouté, je pensais sortir à la première étape mais je suis arrivée en finale.

Pendant l’émission, je me suis rendu compte que je m’étais vraiment découvert une passion et que ma vie allait changer. Je ne savais pas trop comment, mais je voulais être pâtissière. Et j’ai bien accroché avec Cyril Lignac, Mercotte, avec les différents chefs parce qu’ils ont vraiment vu mon amour pour la pâtisserie et ils m’ont dit : « Quoi qu’il se passe Anissa, il faut que tu construises tes fondations, va te former et ensuite tu verras ce qui se propose ». Donc je me suis dirigée à l’IRFMA de Nîmes (Institut Régional de Formation des Métiers de l’Artisanat) où j’ai fait un an pour me former à la pâtisserie.

Quel est le secret pour entretenir votre motivation ?

Mon secret c’est mon associée. Je doute tout le temps et puis encore heureux parce que si je ne doutais pas, j’aurais un melon comme ça, je n’en ferai qu’à ma tête et il n’y aurait pas de développement. Je parle beaucoup avec mon associée qui a plus d’expérience dans l’entrepreneuriat que moi. Elle a le recul, elle me donne confiance mais aussi elle sait m’apaiser et me dire : « Attends, regarde déjà tout ce que tu as fait » et ensuite on visualise où on veut aller, ça prendra le temps qu’il faut, mais elle arrive comme ça un peu à m’apaiser.

Vous êtes très présente sur les réseaux sociaux…

C’est vraiment une vraie famille, pour rien au monde je ne changerais mes clients.

J’ai eu la chance de passer à la télé, j’avais déjà une communauté importante. Donc ça m’a permis à l’ouverture d’avoir une force de communication différente que si je montais une pâtisserie avec quelques abonnés. Et puis au fil des ans, au fil de l’aventure, elle a commencé à grandir donc on est à peu près à 35 000 sur Facebook et on va approcher les 70 000 sur Instagram. Ca me permet en fait d’être en direct avec mes clients, si j’ai une nouveauté je vais leur dire tout de suite, je vais leur montrer les coulisses, je vais parler de mes doutes, je suis sans filtre sur Instagram. C’est vraiment une vraie famille, pour rien au monde je ne changerais mes clients.

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