Aïcha Benali – Mas Chansonnet

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Aïcha Benali a créé les locations de charme et chambre d’hôtes Mas Chansonnet à Allègre-les-Fumades après une carrière parisienne. Convaincue de la force du groupe, elle est à l’origine de l’association de femmes entrepreneures Start Women.

Pouvez-vous nous présenter votre activité ?

J’étais dans ce mas, qui est un mas de famille, et j’ai eu l’idée de faire des gîtes et chambres d’hôtes pour créer mon travail, puisque j’étais à cette époque sans emploi. Ce qui a été un gros investissement, personnel et financier, afin de créer cinq hébergements, des espaces communs, gérer un potager et une table d’hôte.

Quel est votre parcours ?

Au départ, je ne suis pas du tout dans le secteur du tourisme. Je suis plutôt dans la gestion. J’ai fait des études de gestion à l’Université de Montpellier et à Paris-Sud. Je suis diplômée d’un Master 2 en Gestion des Ressources Humaines. Et j’ai travaillé pendant de nombreuses années à Paris, dans le conseil. J’étais responsable « process qualité » dans la gestion du personnel.

Avez-vous été accompagnée dans cette création d’entreprise ?

Je me suis tournée vers les organismes dédiés au tourisme. J’ai moi-même fait, avant de me lancer, une formation au tourisme, à la gestion et à l’accueil en gîte et en chambre d’hôtes. Notamment avec les Gîtes de France qui m’ont accompagnée dans un premier temps. Et ensuite, j’ai été aussi suivie par la FEDER, qui est un organisme d’aide, de subvention aux personnes qui créent ce type d’établissement.

Comment est née l’association « Start Women » ?

Elle est née après une soirée où, personnellement, je ne me suis pas sentie considérée comme chef d’entreprise, mais comme une femme venant là boire un verre. Ce qui m’a beaucoup gênée. Je n’en ai pas dormi de la nuit. Dès le lendemain, la nuit avait fait le travail, l’idée m’est venue de créer une association professionnelle qui regroupe les femmes. J’en ai parlé à quelques amies, quatre notamment, à qui j’ai demandé si elles étaient d’accord pour créer avec moi cette association qui regroupe des femmes cheffes d’entreprise et entrepreneures, artisanes, commerçantes, professions libérales sur le secteur d’Alès, le territoire des Cévennes, pour créer ce groupe avec moi.
Elles m’ont dit : « Oui, Il y en a besoin, c’est une nécessité, on le fait avec toi ». Donc l’association est née comme ça. Elle s’appelle « Start Women », elle est basée a Alès. Nous avons créé une antenne à Nîmes depuis 2019, et l’origine remonte à 2018.

Comment analysez-vous le succès de cette initiative ?

Il y avait une carence dans ce secteur du networking. Un manque pour les femmes, et peut-être qu’elles ne se sentaient pas forcément bien ou très à l’aise dans un réseau mixte, elles avaient besoin de se retrouver entre elles pour parler d’activités, pour s’entraider, pour créer une solidarité entres elles. Et effectivement ça fonctionne très très bien.

Des conseils pour celles qui voudraient se lancer ?

Si je devais donner un conseil à une femme qui doit créer son entreprise, tout d’abord il faut qu’elle soit motivée et impliquée. On ne crée pas une entreprise, une activité, si on n’est pas motivé parce qu’il y a une implication très forte quand on crée quelque chose. Il faut tout créer, il faut tout inventer, il faut aller chercher l’information. Et avant tout il faut créer le projet. Si je veux créer une entreprise, il faut que je sache ce que je crée. Qu’est-ce que je mets dedans ? Est-ce que je fais une petite étude autour de moi pour voir s’il y a un besoin là-dessus ? Etc. Le conseil que je vais donner, c’est surtout ça : c’est de travailler en amont, de monter le projet pour savoir s’il est viable, si dans le temps il sera pérennisé, et si le succès est attendu ou pas.

Si on vous ferme la porte, rentrez par la fenêtre.
Et si la fenêtre est fermée, rentrez par le toit. Mais rentrez toujours.

Un autre conseil quand on est bien motivé, et je l’ai donné dernièrement aux lycéens du lycée Jean-Baptiste Dumas à Alès où on a fait une conférence, justement sur les métiers genrés. Le conseil que je donnerais : « si on vous ferme la porte rentrez par la fenêtre, et si la fenêtre est fermée, rentrez par le toit. Mais rentrez toujours ».
Il y a très longtemps de ça, j’étais jeune et je cherchais un emploi, et je me plaignais de ne pas en trouver. La personne à qui je disais ça m’a répondu : « Si tu ne trouves pas d’emploi, crée ton travail ». Et cette phrase est restée comme marquée au fer rouge. Et quand je suis arrivée dans la région et que je n’ai pas trouvé de travail puisque j’arrivais de Paris, et ce malgré mes recherches très très sérieuses, je me suis dit : « Bon je vais créer mon travail ». J’ai alors créé les gîtes et chambres d’hôtes et j’en suis très heureuse.