dimanche 26 mai 2024
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Sigrid Berger – Profil Public

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Le monde des start-ups voit souvent émerger des projets innovants. Sigrid Berger incarne cette créativité. Avec Profil Public, elle a créé une plateforme pour réinventer et dynamiser le processus de recrutement dans le secteur public. Redéfinir les règles du jeu et rebattre les cartes pour donner les bons outils aux recruteurs et attirer les talents, une vraie mission d’intérêt général !

Pouvez-vous nous présenter Profil Public?

Profil public c’est à la fois un média pour donner envie aux candidats de rejoindre le secteur public, mais c’est aussi une plateforme d’emploi pour faire découvrir aux candidats des recruteurs du secteur public et des jobs au service de l’intérêt général et enfin depuis peu, c’est un logiciel de recrutement pour réinventer les codes du recrutement et améliorer l’expérience candidat dans le secteur public.

Comment est née cette idée ?

Je travaillais dans le secteur public et c’est quand j’étais à la Direction Générale de Pôle emploi que je voyais beaucoup d’offres d’emploi, souvent très longues, qui faisaient trois ou quatre pages pleines d’acronymes. Du coup ça m’a motivé pour créer une plateforme qui donne envie aux candidats de rejoindre le secteur public et je me suis lancée le défi de réenchanter le recrutement du secteur public.

Quel est votre parcours ?

Je suis spécialisée en communication et en stratégie de recherche d’emploi. J’ai d’abord fait Sciences Po et après j’ai passé les concours de la fonction publique et j’ai commencé en tant que directrice de la communication la région Hauts de France à Lille. Ensuite, j’ai rejoint la Direction Générale de Pôle emploi puis je me suis lancée dans l’entrepreneuriat. J’ai voulu le faire en interne du secteur public, en intrapreneuriat, puisqu’il y a des projets, des start-ups internes, qui existent notamment à la Direction interministérielle du numérique. Et finalement, comme je n’ai pas pu le porter en interne, j’ai fait un pas de côté et j’ai quitté mon poste et j’ai créé ma start-up. Au début, j’étais toute seule avec Léa, mon associée, et aujourd’hui on est une équipe de huit, basée entre Toulouse et Montpellier, 100% Occitanie.

Comment vous êtes-vous lancée ?

Quand j’ai eu l’idée, j’ai présenté le projet auprès de Willa, un incubateur à Paris et qui aide les femmes à développer leurs projets. Il propose un programme de 6 mois qui permet de tester l’idée et de voir si finalement on veut créer une entreprise, se mettre en libéral ou autre.
Au bout des 6 mois, ce qui était bien c’est que j’ai eu des cours, aussi bien digital que de comptabilité, un petit peu de formation à la création d’entreprise parce que je ne viens pas de ce milieu mais du secteur public. J’ai vu que le projet commençait à prendre et j’ai décidé de créer mon entreprise au bout des 6 mois.

J’avais publié une offre de stage sur les réseaux sociaux au début et c’est ça qui m’a permis de faire la rencontre de Léa qui est finalement devenue mon associée. Donc une super rencontre puisqu’elle était passionnée par le projet. Elle travaillait elle-même dans le secteur public à la ville de Rodez. Elle souhaitait travailler sur le projet aussi de rendre la fonction publique beaucoup plus attractive. Donc ça nous a fait un point commun et on s’est rejoint sur ce projet là.

Ce qu’on aime bien avec Léa Roux mon associée, c’est d’être tout le temps accompagnées et de pouvoir rencontrer aussi d’autres créateurs d’entreprise, de pouvoir échanger au quotidien sur nos problématiques. On a fait le choix d’être à la fois à Toulouse et à Montpellier. À Toulouse on est accompagnées par le Village du Crédit Agricole et à Montpellier par le BIC de Montpellier, le Business Innovation Center, qui est porté par la Métropole de Montpellier.

Comment votre initiative est-elle perçue ?

Globalement, je dirais qu’on a beaucoup de retour candidats. Donc c’est vraiment chouette de voir que les formats d’offres d’emploi qu’on propose plaisent aux candidats. La partie pour postuler, qui est beaucoup plus simple, leur plaît également. Ce qui est motivant aussi au quotidien c’est de recevoir des témoignages de candidats. Du côté des recruteurs, il y a ceux qui souhaitent innover et qui sont bien ancrés dans la démarche. Il y en a d’autres qu’on doit convaincre un peu plus et c’est aussi notre rôle au d’aller convaincre les institutions publiques, se dire comment on développe notre attractivité RH et plus globalement la marque employeur du secteur public.

Il faut tester, voir ce qui fonctionne et potentiellement réorienter.

Sigrid Berger
Des conseils pour lancer un projet ?

J’aurais deux conseils pour celles et ceux qui veulent se lancer dans la création d’entreprise. Je dirais tout d’abord s’attaquer à un problème qu’on aime particulièrement parce qu’on passe beaucoup de temps sur le projet. Il ne faut pas forcément se lancer si ce n’est pas le cas.

Et le deuxième conseil, c’est d’y aller peut-être à petits pas. C’est-à-dire de tester, voir ce qui fonctionne, potentiellement réorienter, parce que c’est finalement la logique entrepreneuriale qu’on utilise au fur et à mesure de toute l’aventure entrepreneuriale.

Quelles sont vos valeurs ?

La curiosité parce qu’à la fois on est tous curieux dans l’équipe et on a une partie média qui permet justement au candidat ou au recruteur d’aller s’inspirer des pratiques innovantes à l’international. On a fait un tour du monde des innovations RH dans le secteur public.

Je dirais aussi l’entraide. L’idée c’est d’aider les candidats à trouver le job qui leur correspond au service de l’intérêt général. On s’entraide beaucoup aussi dans l’équipe. Donc c’est vraiment l’idée.

La troisième idée en termes de valeur qu’on partage au sein de l’équipe, c’est le fait de bien aimer de mettre en valeur les autres. Mettre en valeur des recruteurs, mettre en valeur des projets et c’est vraiment ce qui nous anime au quotidien.

Vous parliez de réenchanter le recrutement, un exemple ?

On a lancé un jeu de cartes pour aider aussi les recruteurs à réinventer leurs entretiens de recrutement et à rendre beaucoup plus ludique l’entretien du recrutement avec 38 cartes “Questions”. Le candidat tire une carte, il y répond et il peut même aussi inverser les rôles et peut poser des questions au recruteur. Ça chamboule un peu !

Photo de couverture Sigrid Berger copyright Grizette.

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