Myriam Pied – La cueillette de Pyrène

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Myriam Pied est cueilleuse de plantes sauvages comestibles, un métier-passion qu’elle exerce après un parcours professionnel atypique qui l’a fait voyager jusqu’en Afrique. Pour partager son savoir, elle organise des balades et fait découvrir la flore pyrénéenne à tous.

Pouvez-vous nous présenter votre métier ?

Ça consiste tout simplement à faire de la cueillette de plantes sauvages alimentaires que l’on peut donc consommer. On les trouve dans tous les milieux sauvages, dans des prairies, des forêts, des friches, dans les jardins aussi puisqu’on on a tout un tas de plantes qu’on s’évertue souvent à arracher alors qu’elles sont tout à fait propres à la consommation. Donc c’est tout ce qui est plantes sauvages, plantes naturelles, plantes qu’on trouve autour de nous et qui sont pour la plupart mal connues ou méconnues. J’en fais la cueillette et je les vends sur un marché et j’organise des balades à travers une association, « Natura Deliciosa« , pour partager toutes ces connaissances sur les comestibles sauvages.

Qui sont vos clients

Je vends sur les marchés donc je dois présenter les plantes à des gens qui ne les connaissent plus ou alors qui les reconnaissent de leur jardin. Ils ont une garantie que c’est quelque chose de comestible puisque en les vendant, et bien ils peuvent en acquérir, les goûter, je peux leur faire déguster. Avec mon entreprise « La cueillette de Pyrène« , je les commercialise aussi auprès des Chefs de cuisine, surtout des grands Chefs, pour des restaurants gastronomiques la plupart du temps. Ils ont déjà eu dans leur carrière de cuisinier, une expérience et savent quoi en faire ou ils sont prêts à découvrir ou être très créatifs en les utilisant.

Ces plantes sont meilleures pour la santé ?

La quantité de micronutriments est énorme, d’excellente qualité aussi parce que rien n’a été dégénéré, rien n’a été domestiqué donc la plante sait trouver dans les sols exactement ce dont elle a besoin pour s’épanouir de manière optimale. Quand on consomme ces végétaux, et bien on trouve de manière optimale aussi, la quantité d’oligo-éléments, de vitamines et de minéraux, qui sont donc les micronutriments.

Comment vous êtes-vous lancée dans ce métier ?

J’en suis venue à me demander ce que je pourrais rajouter dans mon alimentation pour qu’elle soit encore plus proche de la nature, donc par évidence j’en suis venue à rechercher des personnes qui pouvaient me transmettre des plantes sauvages, autour de moi. Pensant trouver une dizaine de plantes j’ai été forcément très ravie et très agréablement surprise parce que aujourd’hui après cinq ans de recherches, j’en suis à plus de cent cinquante, en sachant que je ne les ai pas toutes découvertes, juste dans le département des Pyrénées-Orientales où je vis. Donc au fur et à mesure je me suis formée auprès de gens, puisqu’il n’y a pas d’école classique, conventionnelle pour se former à ça. Il faut aller rencontrer des cueilleurs, il y a notamment François Couplan qui a été le pionnier en Europe, on va dire même dans le monde entier pour l’utilisation, la réutilisation des plantes sauvages comestibles, et leur réintroduction dans notre cuisine. Il a formé pas mal de monde en Europe, en France et donc moi, je suis élève d’élèves de cet ethnobotaniste. Et du coup en me formant auprès de quelques-uns, j’ai pu réussir à regrouper autant de connaissances sur les plantes.

Des conseils pour celles qui voudraient se lancer ?

Se recentrer et se concentrer sur vraiment l’idée qu’on a de partager quelque chose qui est essentiel pour nous. Et vraiment creuser, plonger là dedans pour se donner aussi les moyens et le courage de l’exprimer avec cette possibilité de se dire qu’on est bienveillant en le faisant. Mettre du positif, et écarter tout ce qui est doute, ne regarder que ce qui est lumineux dans un projet, qui est personnel et nous tient à cœur. Il faut aussi être prêt à faire l’aventure d’expérimenter des choses nouvelles, en s’octroyant vraiment cet espace de liberté. De repousser les limites et de croire ce qu’on ressent soi-même et non pas ce qu’on nous dit, d’arrêter d’appliquer des recettes et ce qu’il y a dans les livres, de se permettre de faire des petites expériences qui nous stimulent. Ça je pense que c’est la créativité !

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