mercredi 24 juillet 2024
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Marie Ville – We are Amari

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Peut-être avez-vous déjà écouté BAM PWR, le podcast féministe et inspirant créé par Marie Ville ? Mais saviez-vous que cette Toulousaine passionnée de communication digitale est aussi la créatrice de We are Amari, une gamme d’infusions magiques pour accompagner toutes les femmes dans les différentes phases du cycle menstruel ?

Pouvez-vous nous présenter votre activité ?

We are Amari est une marque dédiée aux femmes et plus particulièrement à leur cycle menstruel. L’idée est de comprendre son cycle menstruel, de pouvoir l’analyser et de comprendre les quatre grandes phases du cycle et ensuite de pouvoir l’optimiser. Pour cela, j’ai développé une marque qui tourne autour des quatre grandes phases. On les connaît plus ou moins, cela dépend des femmes, on repère très facilement la première qui est la phase des règles, mais il en existe trois autres et de les comprendre, ça aide grandement à pouvoir moins subir son cycle, moins avoir de douleurs et de symptômes et vivre plus sereinement sa vie au quotidien, qu’elle soit personnelle ou sa vie professionnelle.

Ce que j’ai développé, c’est vraiment une routine d’infusions. Il y a une recette d’infusion pour chaque phase : une recette spécifique pour la phase des règles, la phase qui est juste après qu’on appelle le printemps donc une fois qu’on a plus de règles, qui est une phase où on est plus en énergie, plus en action et où on a besoin justement de récupérer un peu son fer qu’on vient de perdre par exemple. La phase de l’été, c’est celle de l’ovulation, souvent plus facile à vivre. C’est plus évident d’être en relations interpersonnelles, de pouvoir faire des rendez-vous. Et puis une phase qu’on appelle automne, où des fois on a deux, trois problématiques qui vont arriver et où on peut avoir ce qu’on appelle le SPM, le syndrome prémenstruel. Le syndrome prémenstruel c’est immense, il y a 155 symptômes. Il y en a pour toutes et les symptômes les plus connus, les plus rencontrés, c’est irritabilité, fatigue, etc. Et on a une recette, une composition spéciale pour cette phase-là.

Les règles, c’est tabou ?

On est plusieurs femmes en France, et bien au-delà, à pouvoir s’emparer de cette thématique-là de cette manière. C’est-à-dire de parler de ce sujet au-delà de la sphère très privée. On le voit aujourd’hui avec la sphère de l’entreprise où on voit arriver le congé menstruel. Donc c’est effectivement le fait que ça se déplace petit à petit dans la sphère du travail. Et puis on le voit aussi socialement, c’est beaucoup moins tabou de parler de ses douleurs de règles, de son cycle, de sa périménopause, de sa ménopause et pour moi, c’est très lié à ce qu’a engendré MeToo.

Comment ce projet s’inscrit-il dans votre parcours ?

J’ai fait un Master à Toulouse, à Paul Sabatier, dans la communication digitale et j’ai rapidement eu la chance de travailler par La Mêlée, une grosse association toulousaine autour du numérique où j’ai pris la place de responsable communication. Donc événementiel, communication digitale et j’ai adoré la communication digitale. Je suis passée par deux agences, aussi toulousaines, sur ces thématiques-là et en simultané, j’ai développé un podcast – BAM PWR – où j’ai pu interviewer pas mal de femmes de la région avec qui j’ai eu énormément d’échanges. J’ai eu aussi, en parallèle, un parcours personnel où j’ai arrêté moi-même ma contraception. Et en fait, on a rapidement parlé en off de ces sujets-là parce que le sujet du cycle menstruel est encore tabou, mais qui commençait petit à petit à émerger dans nos discussions un peu off.

Et je me suis rendu compte à quel point ça « drivait » nos énergies, notre manière d’être avec les autres et j’ai voulu, pour moi-même en fait, trouver une solution naturelle et qui ne soit pas forcément une solution médicamenteuse. Je n’étais pas malade, je n’ai pas d’endométriose, mais j’avais quand même de grosses variations d’énergie. Je me sentais très différente d’une période à l’autre et je me suis dit : « Il faut trouver quelque chose qui m’accompagne au quotidien », que ce soit un peu un moment pour moi de prendre le temps de savoir où j’en suis dans mon cycle, comment je me vois avec les autres, comment je me sens et ce que je peux faire au quotidien pour aller mieux.

Quel est votre écosystème ?

Je suis rentrée dans un incubateur qui s’appelle 1Kubator à Toulouse, qui est sur plusieurs villes en France, au sein duquel j’ai appris pas mal de choses sur la sphère entrepreneuriale. Donc comment on développe – alors plus qu’un produit c’était au-delà de ça – comment on développe une entreprise globalement, plutôt tournée start-up. En même temps, j’ai lancé une campagne de crowdfunding qui a fonctionné et là, j’ai vraiment eu mes infusions, mes premières clientes, etc. Et depuis, l’idée est de faire fonctionner un site e-commerce.

Je pense que c’est essentiel de ne pas rester dans son coin.

Marie Ville

J’avais très envie qu’il y ait aussi des produits physiques en magasin pour que les femmes puissent venir voir les infusions, voir la qualité des plantes, que je puisse avoir aussi un contact physique avec elles. Donc on a pu rapidement vendre dans un café boutique à Toulouse, dans lequel on fait des événements pour justement continuer d’avoir ce dialogue avec les femmes, pour pouvoir parler de ces problématiques qu’elles ont et développer potentiellement d’autres produits qui correspondent à leur vrais besoins. En parallèle, je suis aussi dans un réseau de femmes entrepreneures qui s’appelle Glow Up, qui apporte plutôt un enrichissement sur des thématiques liées à l’entrepreneuriat et aussi un réseau d’entraide.

Je pense que c’est essentiel de ne pas rester dans son coin, qu’on se lance, même après quand on est entrepreneur, parce que l’apport d’autres personnes qui sont sur ces mêmes problématiques est essentiel pour pouvoir aller plus loin dans son projet et, même si je n’aime pas ce mot, se challenger sur ce qu’on est en train de mettre en place.

Des conseils pour lancer un projet ?

Un conseil que je trouve essentiel c’est vraiment d’essayer de se lancer rapidement, même si le produit n’est pas parfait ou le service n’est pas encore optimal. Mais pour avoir vraiment des retours clients rapides, très concrets, très pratico-pratiques et pouvoir ajuster son produit, son service.

Sinon, lancer une boîte ça coûte de l’argent c’est vrai, mais on peut aussi la lancer assez facilement sans avoir un gros budget. Il y a des choses qui existent, on peut lancer une campagne de crowdfunding assez facilement aujourd’hui. Ça prend un peu de temps, il faut avoir une com’ bien organisée et bien percutante, mais c’est possible. Ne vous restreignez pas parce que votre budget n’est pas incroyable.

Photo de couverture Marie Ville copyright Grizette.

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