Caroline Delattre – Pyren’mood

466

Caroline Delattre s’est lancée dans une aventure une peu folle : devenir digitale nomade dans les Pyrénées ! Elle a donc aménagé un van qui est devenu son logement et son « agence de communication » mobile. Exceptionnellement, nous nous sommes donnés rendez-vous en extérieur près d’un stade, et nous avons fait l’interview en compagnie des oiseaux…

Pouvez-vous nous présenter votre activité ?

Je travaille sur la gestion de projets de communication pour l’artisanat, la gastronomie, l’agriculture paysanne et les sports outdoor. Je travaille sur différents points comme les réseaux sociaux, la création d’une identité visuelle par le graphisme et l’accompagnement à la création de sites internet – je trouve que c’est très important que les personnes sachent s’accommoder de leur futur propre site internet – ainsi que l’accompagnement stratégique global au niveau communication et marketing. Tout ça pour les TPE et PME pyrénéennes.

Quel est votre projet actuel ?

Pyren’mood, nomadisme pyrénéen est un projet que je lance actuellement sur ma partie digitale nomade. Il y a un an, j’ai eu une grosse opération à cœur ouvert et j’avais déjà cette idée dans la tête de voir si dans les Pyrénées, on pouvait travailler dans différents points, de façon nomade via le télétravail et des espaces de coworking, ou carrément travailler via le Wi-Fi comme moi, dans son fourgon aménagé.
L’expérimentation va donc se baser sur des rencontres, des tests en solo où je vais me déplacer sur les Pyrénées, et voir si le développement pyrénéen peut passer par cette « nouvelle mode » du travail nomade.

Pourquoi les Pyrénées vous tiennent à cœur ?

Avant, j’étais dans le développement territorial et touristique. J’ai été cheffe de projet européenne, chargée de mission économique et développement touristique. Et à ce moment-là, je me rendais compte que certains super projets pyrénéens ou de super personnes, qui portaient une entreprise pyrénéenne, manquaient d’image. Que ce soit vraiment des petites structures comme les agriculteurs paysans qui font des circuits courts, aussi bien que des PME vraiment ancrées dans le territoire. C’est pour ça que la chaîne pyrénéenne est pour moi très riche, par sa culture, sa nature et ses humains, hommes et femmes. C’est pour ça que je veux rester et ça me tient à cœur de travailler pour les Pyrénées et de les mettre en avant.

Comment trouvez-vous vos clients ?

Je compte beaucoup sur les réseaux sociaux, c’est mon cœur de compétence sur mon activité à vrai dire, et je remarque déjà que ça suit au niveau Facebook, Instagram, LinkedIn alors que ce n’est que le début. Je n’ai pas encore mis en place tous les moyens techniques et logistiques pour mettre en avant des projets que je connais, ou des personnes que j’ai déjà envie d’aller voir. Donc ça sera plutôt par ces moyens-là. Après, moi je crois beaucoup aux rencontres, ça va faire comme des ricochets à mon avis. Donc on verra suivant les rencontres, comment le projet peut vivre via des personnes ou d’autres moyens.

Des conseils pour celles qui voudraient se lancer ?

Pour lancer un projet « fou » – qui n’est jamais vraiment fou puisque c’est nous qui l’avons réfléchi et que l’on est des personnes sensées quand même – il faut bien le penser. De nos jours, un projet fou peut être super intéressant, parce qu’il est atypique et pourrait être dans l’air du temps. C’est aussi ce que les gens recherchent, c’est inspirant. En plus, pour nous les femmes ce n’est quand même pas facile d’entreprendre, c’est pour ça que j’étais rentrée dans la Scop, dans La Maison de l’Initiative. C’était pour être accompagnée, pour qu’il y ait un réseau, de la formation, pour que derrière je sois suivie et éviter que je parte dans tous les sens sur des statuts de style auto-entrepreneur, où on ne sait pas trop où on va.

C’est votre projet, il faut y croire et normalement les gens qui vous accompagnent ne doivent pas être négatifs.

Tout ce qui est couveuses ou CAE (Coopérative d’Activités et d’Emplois), c’est fait pour ça, pour se lancer et tester son projet. C’est super important et je recommande parce que j’ai testé les deux, couveuses et CAE, moi je me suis plus retrouvée dans la CAE, d’autres sont mieux dans les couveuses. On est accompagné pendant deux ans, si ça marche, c’est super. Si ça ne marche pas, ce n’est pas grave, de toute manière on rebondit le plus souvent, et on n’est jamais laissé pour compte.
Moi je pense que, de toute manière, c’est au fond de nous et si le projet nous porte, même si on va mettre un peu de temps, et qu’on va avoir des gens qui vont vous dire : « Mais tu n’as pas peur ? », « Mais tu es sûre que tu vas y arriver ? », « Mais tu imagines tout l’investissement, l’impact sur ta vie personnelle, tout le temps que tu vas y passer ? »… Oui, mais c’est votre projet, il faut y croire et normalement les gens qui vous accompagnent ne doivent pas être négatifs.