Désenchantés et égoïstes les Français ? Pas vraiment, si l’on en croit les chiffres du bénévolat. Malgré – ou à cause de la crise – ils sont nombreux à vouloir se rendre utiles. Dont une proportion importante de femmes.
Comment expliquer ce besoin d’engagement quand on a déjà des emplois du temps si chargés ?

Selon une enquête réalisée au printemps dernier*, la France compte environ 20 millions de bénévoles, soit 14% de plus qu’en 2010. Un résultat qui tord le cou aux discours répandus sur la supposée tendance au repli sur soi et à l’individualisme de nos concitoyens. Autres nouveautés : on compte davantage de femmes et de jeunes parmi les bénévoles, que par le passé. Peut-être parce qu’il y a aussi davantage de femmes à la tête des structures ? La forme du bénévolat change également : la montée de la misère et des difficultés sociales favorise le besoin d’agir concrètement, près de chez soi. Terminée la défense des bébés phoques, même si c’est une noble cause. Donner un coup de main durant l’hiver aux Restos du Cœur ou à la Croix-Rouge semble aujourd’hui plus urgent que jamais.

Les motivations pour le bénévolat

Ce qui pousse près d’un tiers d’entre nous à franchir le cap et à donner du temps gratuitement pour les autres ou pour contribuer à une cause, en dehors de l’aide apportée au sein de la famille (la nouvelle définition du bénévolat) ? Au départ, c’est essentiellement le besoin d’activités, une sollicitation d’amis ou encore la tradition familiale.
Quant aux motivations plus profondes, le souhait d’être utile à la société arrive en tête, surtout dans le social et l’éducation populaire, deux secteurs où l’on retrouve d’ailleurs une majorité de femmes. L’épanouissement personnel arrive plus loin et se retrouve surtout dans la culture, le sport et les loisirs. Le souhait d’appartenir à une équipe et la cause défendue sont également cités. L’acquisition d’une compétence est un ressort choisi par 1 bénévole sur 5, surtout dans le secteur de la santé et chez les plus jeunes. Enfin, le désir d’exercer une responsabilité est partagé par environ un quart des bénévoles.

Vous aussi vous vous sentez animée par ce besoin de vous rendre utile ? Foncez. Même si vous avez déjà parfois l’impression que votre vie est bien remplie et que vos journées sont trop courtes. Car, comme l’expliquent les spécialistes de la question : « lorsqu’on se donne aux autres généreusement, on rentre chez soi avec une impression de richesse intérieure immense. On ne gagne pas d’argent, mais il n’y a pas de gratuité non plus : on reçoit énormément. »

* Etude réalisée par l’IFOP pour France Bénévolat en mars 2013 auprès d’un échantillon national représentatif d’individus âgés de 15 ans et plus.                                                                       

Jennifer, 29 ans, socio-esthéticienne bénévole à Etincelle-LR

Je n’avais jamais pensé au bénévolat jusqu’à ce que je lise un article présentant l’association Etincelle à Paris. Leur volonté d’accompagner les femmes souffrant ou ayant souffert d’un cancer m’a touchée. Même si personne dans mon entourage n’est concerné, ça peut arriver à tout le monde. Et j’avais envie de me rendre utile auprès de ces femmes fragilisées. Hasard du calendrier, Betty Mercier était en train de créer au même moment Etincelle-LR.

bénévolat
Jennifer © DR

Je suis donc bénévole dans la structure depuis janvier 2008, date de sa création. Cet engagement correspond pleinement à mes attentes. C’est très enrichissant mais il faut savoir se protéger, apprendre à mettre une certaine distance. On ne peut plus remplir correctement son rôle quand on se laisse envahir par la peur ou le chagrin à l’annonce d’une rechute ou d’une disparition. Personnellement, enlever ma blouse après avoir fait mes soins m’aide à faire la coupure. J’ai aussi été formée à l’écoute active et nous faisons régulièrement des réunions avec l’équipe pour parler de nos ressentis.

Bon à savoir

Quelle est la différence entre bénévolat et volontariat ?

Le bénévole s’engage à temps partiel et n’est pas rémunéré, ses activités associatives sont temporaires. Le volontaire, lui, s’engage à plein temps dans une action de solidarité internationale. Il reçoit de l’argent mais c’est une indemnité, pas un salaire.

Je suis mineure, puis-je être bénévole ?

Oui, à condition d’avoir 16 ans minimum et d’avoir l’autorisation écrite de vos parents ou de vos tuteurs au moment de l’adhésion.

Comment ça se passe au niveau des assurances ?

On n’est jamais à l’abri d’un accident corporel, même quand on remplit des tâches administratives. Et si vous blessiez quelqu’un dans le cadre de vos activités bénévoles, votre responsabilité civile, voire pénale, pourrait être engagée. Mieux vaut donc vous renseigner auprès des responsables de l’association et de votre propre compagnie pour être sûre d’être parfaitement couverte.

Comment trouver l’association qui me correspond ?

Rapprochez-vous de France Bénévolat. Ces spécialistes mettent à disposition des bonnes volontés un fichier répertoriant plus de 60 associations en quête de bénévoles. Le principe est simple : vous leur expliquez vos attentes, vos disponibilités et ils vous orientent vers la structure qui vous correspond le mieux. On peut également s’y procurer le Passeport Bénévole, un outil précieux quand on est étudiant ou en recherche d’emploi et que l’on veut valoriser l’expérience acquise pour l’intégrer à son CV.

Pour aller plus loin : www.associations.gouv.fr

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