Reconversion : le grand saut vers l’inconnu ?

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Qui n’a jamais envisagé de tout envoyer voler ? Envie de changement, envie de réaliser ses rêves, de s’accomplir. Elles l’ont fait ou sont en train de le faire. Elles ? Marion et Krystel. Deux parcours professionnels, deux profils et un point commun : la reconversion comme une évidence.

74 % des actifs ont déjà envisagé de changer de vie. C’est ce qui ressort d’une étude OpinionWay pour l’Afpa (Association pour la formation professionnelle), dévoilée en mars dernier.
Marion, 32 ans, a sauté le pas. Il y a un an et demi, cette Montpelliéraine décide de tout plaquer : petit copain, appartement et son boulot dans la pub. Le fruit d’une mûre réflexion. « Mais ça s’est fait très rapidement » reconnaît-elle. En une semaine. Avec pour seule formation ses années d’expérience, elle décide de se tourner vers la carrière dont elle a toujours rêvé : prof. « Quand j’étais petite, je disais tout le temps que j’avais envie d’enseigner mais mes parents ont préféré m’envoyer en Sup de Co. J’ai respecté leur choix. » Mais Marion n’est pas seulement une pubarde reconvertie, c’est également une grande voyageuse. Un tour du monde il y a trois ans. Un séjour en Inde juste avant sa reconversion. « Un voyage pour réfléchir à mon avenir et jouir de ma liberté. Je ne voulais pas foncer tout de suite. J’ai mis un an à peu près pour savoir comment j’allais faire pour devenir prof. » Mais de formation pure, il n’en a pas vraiment été question. « Je ne vois pas pourquoi en France on se bloque. Les compétences, on les a acquises avec un cursus scolaire, un parcours professionnel et puis il faut savoir se faire confiance, reconnaître qui on est à la base. Ce que je fais aujourd’hui est le résultat de ce que j’ai vécu. »

L’important, c’est de savoir recycler ses aptitudes.

Les trois étapes de la reconversion : se poser les bonnes questions, se former et foncer !

Si tout s’est fait au feeling pour Marion, l’expérience de Krystel est tout autre. Maman de trois garçons de 6, 11 et 15 ans, cette visiteuse médicale a respecté les étapes classiques de la reconversion professionnelle. Se poser les bonnes questions, se former et foncer. « D’ici quatre ou cinq ans, des visiteurs médicaux il n’y en aura plus, il me fallait un plan B. »
Depuis toujours, Krystel est passionnée de viticulture et d’œnologie. Elle fait partie d’un groupe de dégustateurs qui voyage partout, dans tous les vignobles de France, à la rencontre des vignerons. « Il y avait quand même une curiosité de voir comment ça marche, comment on élabore le vin. » Elle pense au début à vendre la production des autres. « Mais après tout, pourquoi ne pas fabriquer mon propre vin ? » Avec son compagnon, ils ont racheté une vigne à Saint-Alban-du-Bosc. « Joël se forme actuellement. Il va quitter son travail à la fin de son CIF (voir encadré). Dès qu’on pourra se payer, je démissionnerai à mon tour. » Elle utilisera alors ses compétences de commerciale pour la vente mais compte bien aussi mettre la main à la grappe ! Ce qui l’a poussée à cette reconversion ? « Il fallait que je change de métier, j’en avais marre. » Ses enfants ? Ils ont joué un rôle d’accélérateur dans le processus, « même si aujourd’hui – parce qu’on travaille énormément les week-ends – c’est difficile, ils sont un peu sacrifiés, surtout le petit dernier. Mais nous avons le souci de leur transmettre quelque chose de durable et de solide : la terre. »

Jamais un échec, aller de l’avant

On le constate en tout cas avec ces deux témoignages, changer de carrière n’est jamais vécu comme un échec. « J’étais une bonne commerciale, je peux être une bonne prof et j’espère être bonne dans plein d’autres domaines », dixit Marion. Pour Krystel, elle qui en avait ras-le-bol de son boulot « le fait d’avoir cette activité à côté, un projet concret, me permet de tenir. Ça m’a aidée à prendre beaucoup de recul. Je me dis que le bout du tunnel est proche. » Alors, formation ou pas, l’important est de savoir recycler ses aptitudes.

88 % des salariés se disent prêts à suivre une formation pour un métier qui recrute*. Oui mais quel type de formation ?

  • Le bilan de compétence (BC) permet de faire le point sur ses aptitudes et motivations et de construire son projet.
  • Le droit individuel à la formation (DIF) offre au salarié la possibilité d’acquérir un crédit d’heures de formation (20 heures par an, 120 heures maximum) qu’il peut ensuite utiliser pour développer ses compétences, réaliser un BC ou une VAE.
  • La validation des acquis de l’expérience (VAE) permet de faire reconnaître ses compétences par un diplôme. Elle s’adresse à toute personne ayant au moins 3 ans d’expérience salariée, non salariée ou bénévole.
  • La formation hors temps de travail (FHTT) offre à tout salarié en CDI la possibilité de suivre une formation, en dehors du temps de travail.
  • Le congé individuel de formation (CIF) permet de suivre une formation d’un an à temps plein ou de 1 200 heures à temps partiel, en vue d’une évolution de poste ou d’une reconversion. Le financement du CIF est assuré par des organismes paritaires agréés par l’État (Fongecif, Opacif). Le salarié bénéficie pendant son CIF de la prise en charge de sa rémunération entre 80 et 100 %.

*étude OpinionWay pour l’Afpa.

Pour obtenir des informations

Pôle emploi
Fongecif

Sites dédiés à la reconversion

Pôle emploi-Reconversion professionnelle
AFPA

Demain je change
Reconversion professionnelle
Orientation pour tous

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