Imany, femme de cœur

Son nom de scène signifie la foi. C’est un peu le reflet d’Imany, une artiste allée au bout de ses envies. Ex-mannequin devenue chanteuse soul-folk, elle a signé la bande originale de Sous les jupes des filles en 2014. Femme de cœur, elle est engagée dans la lutte contre l’endométriose.
En attendant la sortie de son deuxième opus prévue cet hiver, Grizette s’est entretenue avec cette belle artiste.

C’est la foi en la vie, en moi, en mes rêves, qui a fait que j’ai réussi à faire ce que je voulais.

Imany, vous êtes issue d’une famille nombreuse d’origine comorienne et née à Martigues. Gardez-vous des liens avec le Sud ?

Je suis née à Martigues mais j’ai grandi à Istres. Mon père était militaire, nous avons beaucoup déménagé. Lorsqu’on est une famille nombreuse, l’attache devient ses frères et sœurs mais j’ai encore beaucoup de famille à Marseille.

Votre famille a-t-elle joué un rôle important dans votre parcours de chanteuse ?

C’est ma décision seule, mes parents n’étaient pas du tout emballés au départ. Mais d’une certaine manière, l’adversité aide à se hisser vers ce que l’on veut. Ma sœur m’a aidée tout de suite, elle est devenue mon manager.

Imany
© Festival Voix de Femmes
Imany signifie la foi en swahili, c’est le fil conducteur de votre carrière ?

Oui. C’est la foi en la vie, en moi, en mes rêves, qui a fait que j’ai réussi à faire ce que je voulais.

Vous avez été mannequin pendant 7 ans à New York. Pourquoi avoir tout quitté pour la musique ?

La mode est éphémère, à un moment donné on sait qu’il faut penser à autre chose. Puis il y a eu des périodes compliquées après le 11 septembre. Alors tant qu’à galérer, autant que ce ne soit pas juste pour payer le loyer et faire ce qui me plaît. J’ai ainsi pris des cours de chant pour la première fois à New York.

Vous avez chanté dans une prison à Nice. Comment avez-vous vécu cette expérience singulière ?

On offre 45 minutes d’évasion, c’est l’humanité des personnes incarcérées en face de la nôtre, on ne sait pas pourquoi ils sont là, on n’est pas dans le jugement. C’est assez rare d’avoir des relations comme cela. J’ai trouvé cela exceptionnellement touchant, on a l’impression de faire quelque chose de bien.

Imany
© Festival Voix de Femmes
Vous êtes la marraine d’ENDOmind, une association qui lutte contre l’endométriose*, une maladie gynécologique assez méconnue. Pourquoi s’engager dans ce combat ?

Cette maladie est une véritable violence et une injustice faites à près de 2 femmes sur 10 en France en âge de procréer, entre 14 et 50 ans. Elles n’ont pas de traitement, pas de moyens de dépister, pas vraiment de prise en charge de la sécurité sociale, de considération du corps médical, professionnel ou de la famille. On dit que c’est une maladie invisible, pourtant ces femmes sont tellement invalidées par la douleur qu’elles en perdent leur travail, leur conjoint ou ne peuvent avoir d’enfant. Elles n’ont pas le droit de se plaindre car on leur dit que c’est normal d’avoir mal pendant leurs règles !

Vous avez vous-même été diagnostiquée à l’âge de 23 ans…

Oui, en moyenne il faut compter sept ans d’errance médicale. L’endométriose est mal diagnostiquée car les médecins ne sont pas formés. C’est un mépris volontaire ou non, mais c’est pas possible qu’au XXIe siècle on puisse aller sur Mars et ne pas la diagnostiquer du premier coup.

Comment lutter contre la douleur ? Où trouver un spécialiste ?

Il y a la pilule contraceptive, la ménopause chimique ou des interventions chirurgicales… Comme tout le monde, je prends des cachets contre la douleur. Il y a aussi le yoga ou la sophrologie, ça ne guérit pas mais ça aide parfois à la supporter.
Si on a une douleur invalidante, il faut suivre son intuition, aller sur endomind.fr pour trouver un spécialiste et faire des examens. C’est un soulagement de savoir que l’on n’est pas folle car personne ne vous croit !

Quels sont vos projets après votre tournée qui vient de s’achever ?

Nous devons terminer le deuxième album dont la sortie est prévue cet hiver. L’univers musical sera le même sauf qu’il sera beaucoup plus live.

Imany
© Barron Claiborne

*Présence anormale de tissu endométrial à l’extérieur de l’utérus migrant sur d’autres organes, provoquant kystes ou lésions.

Pour en savoir plus

Site officiel de Imany
Site de l’association ENDOmind

Lire aussi notre article sur l’endométriose.

 

 

 

 

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