Eve & the Travelers : showcase spécial pour Grizette

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Eve & the Travelers est un groupe originaire de Montpellier.
À l’occasion de la sortie de leur nouvel EP Where The Lights Go, ils nous ont offert une session acoustique à La Panacée avec le morceau : Silence is gone.

Ce jour-là, il n’étaient que trois car Mathieu, le pianiste, vit à Paris. Et avant de prendre leurs guitares, ils ont gentiment répondu à mes questions. Nous sommes autour d’une table et j’ai l’impression d’être avec des potes, tant ils débordent d’affection.

Eve, tu es à l’origine de ce groupe. Comment est-il né et quels sont vos parcours respectifs ?

Eve : J’ai fait une formation à Top Espace Musical à Montpellier et présenté une candidature au Labo artistique en 2010 avec mes compositions, suivi du tremplin Musiques de RU. J’ai ensuite rencontré Max au festival Les Internationales de la Guitare en 2012, puis Mathieu en 2013. La formation actuelle existe depuis début 2014, née de la rencontre avec Seb. C’est à partir de ce moment que nous avons voulu quelque chose de plus solide avec l’envie de faire un premier EP Landscape (grâce à une campagne de financement participatif, ndlr), où chacun puisse mettre du sien et qui nous plaise à tous les 4.

Maxime : J’ai surtout joué dans des groupes de rock, même si le premier était pop folk, comme celui-ci. C’est pendant mes études, entre autres de musicothérapie, que j’ai rencontré Mathieu, en 2012. Je suis rentré dans le groupe au même moment.

Sébastien : Moi, j’ai toujours été dans des groupes de rock parce que c’est ce que mes potes voulaient jouer, même si c’est pas forcément ce que je préférais. Sur scène on s’éclatait – d’ailleurs j’aime taper sur ma batterie (rires) – mais chez moi c’est plutôt de la pop folk, plus posée. J’en avais marre des petits groupes, alors j’ai cherché dans les annonces Internet, j’étais alors en première année de Fac… Après les auditions, j’hésitais entre 2 groupes et c’est ma mère, après lui avoir fait écouter les morceaux, qui m’a conseillé de choisir Eve & the Travelers ! Actuellement, je suis en 3e année de STAPS.

Eve : Oui on a fait des auditions ! Bien sûr musicalement ça devait correspondre, mais en fait, on avait surtout envie que ça se passe bien humainement, on fonctionne beaucoup à l’affect. On est amis aujourd’hui, on partage beaucoup de choses, on ne fait pas que jouer de la musique…
Mathieu, lui, est musicothérapeute. Il vient du classique, il a pratiqué la flûte à bec. Il finit le Conservatoire à Versailles et il a également d’autres projets.

Eve vit en ce moment à Nice, Mathieu à Paris, Maxime et Sébastien à Montpellier, ça fait beaucoup de déplacements… Le nom du groupe prend tout son sens, non ?

Eve : Carrément ! On s’est dit que ce serait une difficulté pour répéter, mais c’est aussi une force parce qu’on a pu jouer à Nice, avec des concerts en appart (chez moi aussi), à Paris, et beaucoup de rencontres… Les projets n’avancent pas aussi vite qu’un groupe qui se voit toutes les semaines, mais en s’organisant, avec les résidences, et avec beaucoup de Skype, on arrive à faire vivre le projet…

Comment sont répartis les rôles ?

Eve : Au niveau de la compo, sur le premier EP et quelques morceaux du 2e, j’écris le squelette, les paroles et les accords de guitare, puis on arrange tous ensemble. Depuis récemment, on essaie de composer tous les 4.

Maxime : Sur Silence is gone, la composition s’est faite sur Internet et par enregistrement interposé. Quand on est rentré en studio, on ne l’avait jamais vraiment joué ensemble ! Et au final, c’était intéressant de travailler comme ça, on va continuer.

Eve : Au niveau de l’organisation, Mathieu s’occupe de la communication sur les réseaux sociaux, Maxime de la technique, du matériel, et avec Seb on est multitâches : le booking, les démarchages, l’organisation, les plannings…

Vous êtes indépendants par choix ou parce que vous n’avez pas encore trouvé de label ?

Eve : Pas par choix à la base, mais finalement c’est pas si mal parce qu’on a une certaine liberté, même si le problème est de tout faire tout seul et avec un budget ric-rac.

Maxime : Si on devait être dans un label, même si c’est une aide précieuse, il faudrait que ce soit par affinité, et surtout qu’on ne nous oblige pas à faire autre chose !

Vous avez des origines musicales différentes, mais la folk est votre dénominateur commun ?

Eve : Moi ça a toujours été pop folk.

Sébastien : Même si j’ai fait du rock, ce que je vais écouter chez moi, c’est de la folk.

Maxime : J’ai toujours écouté de tout, jazz, musique classique, électro éventuellement, mais principalement, c’est du rock. Mathieu aussi écoute du rock, et la musique des jeux vidéo ou de films… Mais c’est génial de faire de la folk.

Quelles sont vos inspirations ?

Maxime : On aime tous Feist, je crois. Mais on est un peu obligé d’être ouvert musicalement et on pioche à droite à gauche.

Sébastien : Radiohead

Eve : Émilie Simon (une autre montpelliéraine, dont ils ont fait la première partie en 2014, ndlr), St. Vincent, Son Lux, Keren Ann. À un moment donné, toutes nos influences se retrouvaient et c’était un peu le fouillis. On voulait qu’il y ait cette pâte commune, et la résidence à 34 Tours (le dispositif d’accompagnement du département de l’Hérault, ndlr) nous a permis de tous jouer le même morceau. Il a fallu faire ce travail pour que chacun trouve sa place mais que ça reste cohérent.

Que racontent vos chansons ? Pourquoi sont-elles uniquement en anglais ?

Eve : Ça parle beaucoup de voyage, de paysages. Des thèmes sur l’enfance, la vie, la mort, les peurs, mais qui racontent aussi des lieux. Par exemple, Silence is gone parle de Nice, Meadow de Édimbourg. C’est aussi des états intérieurs, des choses que je vis finalement. Et en anglais parce que ça me paraissait naturel, j’écoute principalement des choses en anglais, et ça touche aussi d’autres gens. Mais c’est pas fermé et ça pourrait être un bon exercice ! (rires)

Sébastien : On a aussi l’impression que les phrases passent mieux en anglais qu’en français.

Comment s’est créé ce 2e EP ?

Sébastien : Tout s’est joué à la résidence au Sonambule, tous les morceaux ont changé à ce moment-là. On devait l’enregistrer en septembre, mais on a préféré attendre cette résidence en janvier.

Eve : Ces morceaux existaient déjà depuis 2014, à part 2, mais on a attendu cette 3e résidence pour les peaufiner, les réarranger pour que ce soit cohérent tous les 4.

Vos prochaines dates sont à Paris, les 20 et 21 mai prochains. Vous ressentez ce besoin de reconnaissance de la scène parisienne ?

Eve : Oui on y va un peu pour ça, parce que c’est là que sont les pros, c’est l’enjeu… Les groupes de province doivent passer par Paris pour montrer leur travail.

Sébastien : C’est bien de le marquer sur son CV !

Maxime : Même si c’est plus compliqué techniquement à cause des conditions. Ils prennent moins de risques, tout est sous contrat car beaucoup de gens veulent jouer à Paris. Mais on n’a pas spécialement de public là-bas…

Derniers mots pour conclure avant de vous écouter : ce nouvel EP Where The Lights Go a-t-il un fil conducteur ?

Maxime : Y’a pas vraiment de fil conducteur.

Sébastien : L’ordre a bien été travaillé quand même…

Maxime : Oui c’est vrai, on a travaillé l’ordre, mais les 6 morceaux n’ont pas été composés avec une suite logique.

Eve : Par rapport au titre, c’est surtout des thèmes assez existentiels. Ces petites lumières sont comme des guides, des choses qu’on a à l’intérieur, mais aussi à l’extérieur. Après, chacun a son interprétation, c’est très subjectif. On a aussi beaucoup travaillé en rétroprojection sur les visuels, donc la lumière était importante sur cet EP.

Tous ensemble : Donc c’est la lumière !

 

Eve & the TravelersEve & the Travelers – Where The Lights Go

Eve Brisson : Guitare, chant
Maxime Baggio : Guitare, basse, chœurs
Mathieu Dupont : Claviers
Sébastien Clos : Batterie

Pour en savoir plus

Site officiel
Page Facebook
Les écouter sur Soundcloud

 

 

 

 

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