Laura Strelezki – La Collab

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Laura Strelezki a créé La Collab, une agence de marketing d’un genre nouveau : à la fois collectif de freelances et laboratoire d’innovation. Mais cette hyperactive est aussi impliquée dans d’autres aventures entrepreneuriales. Son mot d’ordre ? Le travail !

Pouvez-vous présenter votre activité ?

Je suis Laura Strelezki, je vis et travaille à Toulouse depuis de nombreuses années. J’ai créé en 2015 un collectif de freelances qui s’appelle La Collab. L’envie de créer cette société est née d’un vrai vécu puisque j’étais moi-même freelance à l’origine, et j’avais envie de répondre à cette mutation du marché du travail. Parce qu’il y a quelques années, quand on rentrait sur le marché de l’emploi du marketing et de la communication, il fallait créer un petit peu ses propres opportunités. Il n’y avait pas forcément des offres attractives sur le marché. Donc La Collab c’était un petit peu la réponse, c’était – et c’est toujours – se lancer en freelance dans de bonnes conditions, se permettre de pouvoir choisir les missions sur lesquelles on va travailler, d’où on va travailler, combien de temps on va y passer. Et à la fois aussi cela répond à une vraie demande des entreprises qui veulent aujourd’hui plus de flexibilité, que ce soit en termes de coût, mais aussi de compétences. Dans le digital par exemple, on a de nombreux métiers qui sont nouveaux et sur lesquels il est parfois difficile de recruter. Et pour recruter, il faut passer par ce qu’on appelle “l’entreprise étendue”, rencontrer et sourcer des freelances, ce qui est un petit peu notre spécialité.

Vous êtes une multi-entrepreneure ?

J’ai plusieurs entreprises aujourd’hui à mon actif. La Collab est mon activité principale, ma deuxième activité qui n’a rien à voir, c’est du remorquage dépannage de véhicules automobiles dans le sud de Toulouse. Une PME de 10 salariés qui a été créée par mon père il y a 30 ans. Il a décidé de passer le flambeau et partir à la retraite. Ça fait un an que je reprends l’entreprise familiale en parallèle. Donc là, ce sont vraiment de nouveaux challenges, une typologie d’entreprise complètement différente de celles que j’ai l’habitude de côtoyer. C’est une expérience très enrichissante, notamment sur le plan management/RH où j’apprends beaucoup tous les jours. Cela me demande beaucoup de remise en question également. Je suis aussi associée de deux start-up de l’économie collaborative qui sont OandB et louerunepiscine.com. La dernière dont vous avez peut-être entendu parler cet été, puisque c’est de la location de piscine entre particuliers, et ça a fait mouche sur la toile !

Savoir s’entourer, apprendre à faire confiance aux gens avec qui on travaille (…)

Comment vous organisez-vous ?

C’est sûr qu’il y a une organisation personnelle. Je réussis à tout faire parce que je suis très très bien entourée. J’ai une associée à La Collab, j’ai encore un associé dans la société qui était à mon père. Donc c’est avant tout savoir s’entourer, apprendre à faire confiance aux gens avec qui on travaille, et que chacune des personnes qu’on a fédérées à côté de soi, soit moteur dans l’avancée de l’entreprise.

Être une femme, c’est un atout ?

Aujourd’hui, même les hommes font beaucoup plus confiance aux femmes et en leur travail. Ils ont conscience qu’avoir une femme dans l’équipe, ça va être aussi un élément moteur. Je ne me sens jamais homme, je ne me sens jamais femme, je me sens juste moi et je pense que ça se ressent, du coup les gens ont envie de faire confiance.

Que pensez-vous des réseaux féminins ?

Les femmes avaient besoin aussi d’avoir la possibilité de se regrouper, d’être ensemble pour être mises en lumière, pour avoir un peu plus de courage et s’aider à se développer… Et aujourd’hui, on fait quelque chose entre femmes que les hommes ont toujours très bien fait, qui s’appelle la cooptation et il y a une vraie entraide entre femmes, du coup je trouve ça plutôt positif.

Les femmes avaient besoin aussi d’avoir la possibilité de se regrouper, d’être ensemble pour être mises en lumière (…)

Je fais partie d’une association qui s’appelle « Gare ô Nénettes » qui accompagne les femmes. Il y a des femmes entrepreneur, il y a des gens en reconversion, il y a des personnes qui entrent sur le marché du travail, et à chaque fois, on est en binôme : il y a une mentor et une mentorée. En ce moment, nous accompagnons une personne qui vient de finir ses études et qui veut se lancer en freelance dans le marché du travail. Je suis aussi active dans un incubateur pour lequel j’interviens auprès des porteurs de projets qui sont exclusivement des femmes et qui s’appelle « Les Premières », un réseau national qui a une antenne en Occitanie.

Des conseils pour les porteuses de projets ?

Le travail ! En fait, je pense qu’à force de travail on arrive à beaucoup de choses. À la fois le travail sur la stratégie, la vision : où on va, pourquoi on fait les choses. C’est aussi le travail opérationnel : on prépare un dossier, on planche, il faut passer des heures, on passe des heures… Et c’est aussi le travail sur soi-même en tant qu’entrepreneuse, parce qu’il faut apprendre à se dépasser et il ne faut surtout pas le sous-estimer. J’ai été accompagnée pendant quatre mois par une coach. J’ai l’impression d’avoir pris cinq ans d’expérience, parce qu’elle m’a permis aussi de mieux me connaître, et de trouver un petit peu les ficelles sur lesquelles tirer pour avancer plus vite, mieux, ou plus en accord avec moi-même. Donc vraiment, je pense que le travail c’est une des solutions à pas mal de problèmes ou de difficultés que l’on rencontre. Vraiment ne jamais rien lâcher et aller au bout de ses idées !

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