vendredi 23 février 2024
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Laura Gonthier – Trac Théâtre – La Petite Académie

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Laura Gonthier est habitée par une irrésistible envie de créer. Après avoir transmis cette étincelle créative dans le domaine des arts plastiques avec La Petite Académie, elle s’associe avec l’acteur Pascal Miralles et fonde le Trac Théâtre. Laura Gonthier nous parle de cette aventure entrepreneuriale et évoque son parcours guidé par la passion.

Pouvez-vous nous présenter votre activité ?

Le Trac Théâtre c’est d’abord une école d’acteurs. C’est ensuite une école amateur pour tous ceux qui voudraient s’initier au théâtre et c’est enfin une salle de spectacle, un théâtre. Trac, l’école de formation d’acteurs est une école en trois ans. Les deux premières années c’est un cursus pluridisciplinaire où l’on apprend vraiment les bases du clown, du théâtre, du jeu face caméra, de la danse… et la troisième année c’est une année d’incubation. Donc là on accompagne les projets professionnels de nos élèves, pour ceux qui voudraient réaliser un court-métrage, se produire à Avignon. On met vraiment tout un cursus professionnel au service du projet.

L’école des amateurs c’est à partir de 4 ans déjà jusqu’à 104 ans. L’idée c’est de venir se faire plaisir, d’apprendre le théâtre dans une école qui crée vraiment un esprit de troupe où les différents âges se mélangent. Et enfin, Trac c’est également un théâtre. Donc un théâtre bien ancré dans sa ville, Castelnau-le-Lez, tout près de Montpellier. On est un théâtre intimiste de 60 places. On diffuse des spectacles professionnels, de la région évidemment, et d’autres qu’on va chercher et glaner à Avignon aussi. Ça joue jeudi, vendredi et samedi.

Pourquoi avoir créé Trac ?

L’envie de créer un projet collectif, un projet artistique, mais aussi l’envie d’enseigner le plaisir de se révéler sur scène. Pour moi, pour nous, parce qu’on est deux sur le projet Trac avec Pascal Miralles. Trac c’est vraiment cette énergie qui fait un petit peu peur, mais on n’a pas le choix, il faut y aller. On a besoin de se révéler, on a besoin d’exprimer quelque chose au monde, à soi, au public et c’est vrai que ce passage de « j’ai peur mais il faut que j’y aille », moi, ça m’anime, ça m’excite même.

Quel est votre parcours Laura Gonthier ?

Très bonne élève pendant de nombreuses années. Donc classes préparatoires, école de commerce. Ensuite j’ai atterri dans un cabinet d’audit international pendant 3 ans. J’étais profondément malheureuse, ça n’avait aucun sens, je n’admirais personne.

J’ai eu la chance de tomber dans un cours de peinture, de me révéler et d’arriver au bon moment puisque j’ai ouvert la première franchise de cette école qui s’appelle La Petite Académie. Donc je suis passée d’élève à première entrepreneuse dans le projet et ça m’a vraiment beaucoup animée. 10 ans après, j’ouvre la deuxième Petite Académie à Castelnau-le-Lez. Et toujours dans ce besoin de créer, je m’associe avec Pascal Miralles, qui lui était plutôt dans la partie théâtre, et on crée ensemble notre école de formation un peu rêvée, le Trac.

Des conseils pour lancer un projet ?

Accepter qu’on n’est pas comme les autres.
Les autres sont déjà pris, Oscar Wilde nous l’a bien dit !

Laura Gonthier

Le conseil c’est d’y croire. C’est déjà de laisser l’inspiration ou de laisser ses intuitions, sa petite voix intérieure s’exprimer. Donc, si déjà on lui laisse un peu de place, c’est un premier souffle d’inspiration et ensuite, effectivement, peut-être de se faire confiance et de laisser cette place un petit peu grandir. Peut-être qu’elle prendra toute la place, et ce sera une évidence, qu’il faudra aller créer ou, en tout cas, s’engager dans cette voie là. Peut-être pas, mais en tout cas se faire confiance.

Comment développer sa créativité ?

Je pense que c’est déjà de l’espace et de la pratique. Pour être inspiré, il ne faut pas non plus être envahi par les pensées, par un planning surchargé. Je pense qu’il faut déjà de l’espace physique et l’espace dans la tête. Et ensuite il y a plein de techniques. On peut écrire tous les jours, les morning pages c’est super important. Par exemple, on peut peindre ou dessiner et sans juger. En fait, je pense que c’est dans la pratique que petit à petit on sent si on est à l’aise, si on aime, si on a envie de progresser. Donc il faut pratiquer pour créer. Donc il faut commencer par peut-être se donner des espaces où on crée et être honnête avec soi. Fixer des rendez-vous de création, par exemple tous les lundis à 8h et vous allez créer.

Si on laisse cette part de créativité s’exprimer, à un moment donné ça va venir « ping-ponguer » le cadre établit, soit dans l’espace-temps, soit dans la bienséance, soit dans la projection qu’on s’était fait de sa vie. À un moment donné, si la part de créativité prend de la place, elle va bousculer le cadre. Idéalement, il faut péter le cadre, c’est sûr. Donc ça veut dire se faire confiance, oser, plonger et surtout accepter qu’on n’est pas comme les autres. Les autres sont déjà pris, Oscar Wilde nous l’a bien dit ! Donc aller chercher son originalité, son authenticité.

On m’a fait le plus beau compliment depuis très longtemps, un chef d’entreprise me dit : « Laura, tu te rends compte que tu es hors cadre ? Que tu es extra-ordinaire ? Que tu es bizarre ? » et ce mot « bizarre » je l’ai pris comme une validation que ça y est, aujourd’hui, je pense que ma singularité explose et ça m’a confortée dans le fait… que je suis une artiste de ma vie et c’est cool. Donc je vous le souhaite à tous.

Photo de couverture Laura Gonthier copyright Grizette.

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