Céline Jardy-Triola – Urgences Chrono

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Elles sont docteure et infirmière mais elles sont devenues entrepreneures, Céline Jardy-Triola et Magali Diagne ont cofondé Urgences Chrono, un service en ligne pour faciliter la prise en charge des Urgences. Leur solution a-t-elle inspiré la Ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn ? Toujours est-il que le sujet est actuellement au cœur de l’actualité !

Pouvez-vous nous présenter votre activité ?

Urgences Chrono est un site internet qui a pour but d’informer et d’aider les gens qui ont besoin de consulter en urgence. Et surtout le but ultime, c’est de désengorger les Urgences.

Comment ça marche ?

Vous allez sur Urgences Chrono quand vous avez besoin de trouver un médecin en urgence, et là vous allez voir toutes les solutions qui existent avec les Urgences mais aussi les Maisons Médicales de garde, les Services de soins non programmés ou Centres de premiers recours et les services d’urgence publics et privés. Avant d’aller consulter en urgence, allez sur Urgences Chrono vous verrez, les Urgences c’est pas une évidence et comme ça, vous pourrez retrouver toutes les solutions pour si possible éviter les Urgences, gagner du temps, aider et soutenir les services d’urgence qui sont vraiment en souffrance en ce moment.

C’est un sujet d’actualité…

Ça fait trois ans et demi qu’on travaille là-dessus quand même avec Magali, parce qu’on avait bien vu que c’était de plus en plus compliqué pour les services d’urgence et donc pour les patients qui attendaient de plus en plus longtemps. Et donc depuis trois ans et demi on a travaillé, fait ce référentiel, on l’a amélioré, on a mis aussi des temps d’attente. Le but c’est que, quand vous avez une belle offre de soins, comme Montpellier, Toulouse… qu’il y a plusieurs services d’urgence, les patients puissent voir à l’avance s’il y a du monde à l’instant T. Donc on a rajouté des petits chronos : moins d’une heure, moins de deux heures, moins de trois heures ou plus de trois heures pour que les gens qui ont le choix et qui doivent aller aux Urgences, puissent aller dans le service le plus disponible.

Quel est votre parcours ?

Les Urgences c’est pas une évidence.

J’ai fait huit ans de médecine d’urgence dans le public et dans le privé et après, ben ras-le-bol, c’est un métier très, très difficile et avec deux enfants en bas âge et un mari chef d’entreprise, je me suis orientée vers la médecine générale plus familialement “facile” on va dire. Mais voilà, c’est pas tellement fait pour moi en fait, le travail en équipe, l’adrénaline des Urgences me manquaient et donc rapidement, j’ai bifurqué vers la santé et le numérique parce que j’ai vu qu’il y avait un gros gros manque grâce à Magali Diagne, mon amie infirmière, qu’on était à l’Âge de pierre. Et du coup au bout d’un an à peu près on a commencé à s’y intéresser, à vouloir faire un passeport numérique en santé, puis bon on s’est rendu compte que ça existait déjà, et naturellement, on s’est orientées vers les Urgences parce que c’est quelque chose qu’on connaît bien toutes les deux et on s’est dit qu’il y avait vraiment quelque chose à faire pour aider les patients et les soignants.

Comment avez-vous concrétisé votre idée ?

Ça a démarré avec un Startup Weekend en fait… parce qu’on débarquait et donc on nous a dit : « Allez faire un Startup Weekend et allez tester un peu votre idée ». Donc là c’était le passeport santé, et puis finalement à la fin du week-end, on a bifurqué sur un embryon d’Urgences Chrono. Et après on a travaillé, on a rencontré beaucoup de monde pour valider l’idée, le concept. Donc tous les institutionnels, c’est beaucoup de rendez-vous, et puis après, création de la société et incubation au Bic Innov’up de Nîmes. Ça, c’est une étape importante pour être aidé et accompagné parce que un médecin et une infirmière qui veulent créer une société, autant vous dire qu’on n’était pas armée et formée à ce genre d’exercice ! Avec des gens qui se sont greffés au projet et des bonnes volontés, j’ai énormément appris pour arriver à monter en compétences. Ce qui est passionnant dans le fait d’entreprendre, c’est de découvrir en permanence des nouvelles choses, des gens qui vous aident qui vous tirent vers le haut, qui vous inspirent aussi et c’est ça qui guide et qui permet d’avancer toujours, toujours plus loin avec une équipe toujours plus grande et compétente.

C’est différent d’être une femme entrepreneure ?

Le fait d’être une femme, par exemple, m’a permis d’intégrer le Club Génération #Startuppeuse de Viviane de Beaufort qui est une femme absolument exceptionnelle et qui aide les femmes qui ont des projets à impact. Et grâce à elle, j’ai pu faire des rencontres très importantes pour Urgences Chrono avec des mentors qui nous aident, Viviane de Beaufort qui continue à nous aider… Donc pour moi ça a été plutôt positif, je n’ai pas eu de frein, au contraire, je n’en ai jamais eu de toute façon donc je pense que c’est plutôt une force. Pour les femmes, il y a de plus en plus de réseaux féminins souvent bienveillants. Tous les réseaux animés par des femmes dans lesquels je suis allée cherchaient avant tout à aider les autres, à les tirer vers le haut, sans se dire : « Si je l’aide, elle va m’apporter ça, ça va être du business ». Moi je ne l’ai pas du tout senti comme ça, et ça du coup c’est vraiment important, d’où l’idée de vraiment s’ouvrir aux autres.

Des conseils pour celles qui voudraient se lancer ?

Il faut s’accrocher, il faut vraiment avoir envie et donner aux autres envie de vous aider. C’est le plus important parce que tout seul, on peut pas aller bien loin surtout sur un projet comme ça. Et en étant convaincue, en s’ouvrant aux autres, il faut partager un petit peu son concept, pas avoir peur qu’on vous pique votre idée, ça c’est ce dont on a peur au départ. Avec Magali, on était paranos, on se disait : « On va nous piquer l’idée ! ». Oui l’idée est simple mais à réaliser, c’est encore autre chose… Donc finalement, il vaut mieux en parler, trouver de l’aide, trouver des gens compétents qui vous aident pour arriver à réaliser un vrai projet.

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