Violence envers les femmes : pourquoi il faut continuer à se mobiliser

"La vie peut être un conte de fée si vous brisez le silence - Aucune femme n'est à l'abris de la violence conjugale" ©Alexsandro Palombo

[Mise à jour 24/11/2017]

JOURNÉE INTERNATIONALE POUR L’ÉLIMINATION DE LA VIOLENCE
À L’ÉGARD DES FEMMES

Depuis 1999, le 25 novembre est marqué par la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, soutenue par l’Organisation des Nations Unies. C’est l’assassinat ce même jour en 1960 des sœurs Mirabal – militantes politiques dominicaines – qui est à l’origine de ces campagnes de sensibilisation organisées par les gouvernements, les ONG et les organisations internationales.
Pourquoi une telle commémoration est toujours nécessaire en 2017 ? Découvrez le programme en Occitanie. Quelles sont les actions mises en oeuvre pour protéger et aider ces femmes ? De nombreuses structures travaillent sur le terrain pour sensibiliser à ce fléau sociétal. Focus sur les violences conjugales.

Le message de Marlène Schiappa

Mettre une main aux fesses d’une inconnue, embrasser une personne sans son consentement, injurier une femme dans la rue sont autant d’actes que beaucoup pourraient encore considérer comme mineurs ou sans gravité.

Secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa a choisi de braquer l’attention sur les auteurs, les agresseurs, via une campagne de communication lancée le 26 octobre dernier. Cette campagne a pour objectif de rappeler que « TOUT acte d’agression sexuelle et sexiste est puni par la loi, et peut être sanctionné d’une amende et d’une peine de prison. »

De quoi les accuse-t-on ? Cliquez sur les numéros !

Des stars s’engagent contre les violences faites aux femmes

La Fondation Kering a lancé la 6e édition du White Ribbon For Women, sa campagne annuelle de sensibilisation à la lutte contre les violences faites aux femmes. Entièrement digitale pour cibler en priorité la génération Z, cette campagne réunie des photos de stars sous le hashtag #ICouldHaveBeen (sous-entendu « j’aurais pu être à sa place »), suivi de « Her » pour les femmes – ou pour les hommes, du prénom qu’ils auraient eu s’ils étaient nés filles.

Son objectif ? Encourager le public – notamment la jeune génération – à se mobiliser pour rompre le silence sur les violences envers les femmes. Aux côtés de la créatrice Stella McCartney et l’actrice Salma Hayek qui ont créé et dirigé cette campagne, on retrouve des influenceurs comme Hugo Clément, Christopher Kane ou Panayotis Pascot.

Vous aussi, vous pouvez soutenir la campagne en postant votre photo sur les réseaux : icouldhavebeen.org.

Violences au sein du couple

Les violences au sein du couple sont définies par la loi comme des situations où les faits de violences – agressions physiques / sexuelles / verbales / psychologiques, voire économiques – sont récurrents, s’aggravent, s’accélèrent (phénomène de “la spirale”) et s’inscrivent dans un rapport de force dominant/dominé. À ne pas confondre avec les disputes ou conflits conjugaux où les points de vue s’opposent, mais dans un rapport d’égalité.

Dans les violences conjugales, l’auteur domine et prend le pouvoir, contrôle et détruit sa victime par ses propos et ses comportements. La victime vit dans un climat de peur et de tension permanent, provoquant en plus des séquelles physiques éventuelles, des dégâts psychologiques importants : perte de l’estime de soi et de l’autonomie, culpabilité, isolement…

Comment les reconnaître ?

Les formes des violences au sein du couple sont multiples et peuvent coexister. Leurs manifestations peuvent prendre différents aspects :

  • Physiques (bousculades, coups avec ou sans objet, strangulations, morsures, brûlures, séquestrations…) ;
  • Verbales (injures, menaces, cris…) ;
  • Psychologiques (intimidations, humiliations, dévalorisations, chantages affectifs, interdiction de fréquenter des amis, la famille…) ;
  • Sexuelles (agressions sexuelles ou viols) ;
  • Matérielles (bris ou lancé d’objets) ;
  • Économiques (contrôle des dépenses, des moyens de paiement, interdiction de travailler) ;
  • Au moyen de confiscation de documents (carte nationale d’identité, carte vitale, passeport, livret de famille, carnet de santé, diplôme, etc.).

Quelles que soient les explications et justifications, le seul responsable est l’auteur des violences. Les violences verbales, physiques, psychologiques, sexuelles commises par un conjoint, concubin ou partenaire lié par le PACS ou un ancien conjoint, concubin ou partenaire pacsé sont INTERDITES et PUNIES sévèrement par la loi.

Un constat lourd

On estime qu’en moyenne chaque année en France, 225 000 femmes¹ âgées de 18 à 75 ans sont victimes de violences conjugales dans ses formes les plus graves (violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint).
Parmi elles, 19 % déclarent avoir déposé une plainte en gendarmerie ou commissariat de police suite à ces violences.
Toutefois ce chiffre ne couvre pas l’ensemble des violences au sein du couple puisqu’il ne rend pas compte des violences verbales, psychologiques, économiques ou administratives.

violenceSur un an, plus de 82 600 faits de violences commis par un conjoint ou ex-conjoint ont été recensés par les forces de sécurité.
Dans 88 % des cas, la victime est une femme.

143 000 enfants vivent dans un foyer où une femme a déclaré être victime de violences physiques et/ou sexuelles de la part de son conjoint ou ex-conjoint.
42 % de ces enfants ont moins de 6 ans².

En 2016, 123 femmes ont été tuées (un décès tous les 2,7 jours) par leur conjoint et/ou ex-conjoint ou leur partenaire non-officiel (petit ami, amant, relation épisodique…)³.
25 enfants mineurs ont été tués par un de leurs parents dans le cadre de violences au sein du couple³.violence

Chaque année, en moyenne, 84 000 femmes majeures sont victimes de viol ou de tentatives de viol.
1 victime d’agression sexuelle sur 3 était âgée de 18 à 25 ans au moment de l’agression4.
Dans 90 % des cas, ces agressions ont été perpétrées par une personne connue de la victime.
Dans 37 % des cas, c’est le conjoint qui est l’auteur des faits.

L’enquête « Violences et rapports de genre » (VIRAGE) menée en 2016 par l’INED, a permis de mesurer le nombre de personnes ayant subi des violence sexuelles (viols, tentatives de viol, attouchements du sexe, des seins ou des fesses, baisers imposés par la force, pelotage) au cours de leur vie. Ces violences ont concerné 14,5 % des femmes et 3,9 % des hommes âgés de 20 à 69 ans5.

1 jeune fille sur 5 a été insultée en ligne sur son apparence physique et 1 sur 6 a été confrontée à des cyberviolences à caractère sexuel par photos, vidéos ou textos6.


Violences femmes info : appelez le 3919 par Min_FEDDF

Comment agir ?

Le fait de subir des violences au sein du couple justifie le départ du domicile de la victime.

En cas d’urgence, il faut appeler la police ou la gendarmerie en composant le 17 ou le 112. Déposer plainte ou au moins signaler les faits permet qu’ils soient consignés dans une main courante ou un procès verbal. Cette déclaration est une trace écrite (en plus d’un éventuel certificat médical) qui pourra être utilisé ultérieurement dans le cadre d’une procédure judiciaire.

Appeler le 3919 : la ligne d’urgence nationale soutenue par le Ministère des Familles, de l’Enfance et du Droit des Femmes (appel anonyme et gratuit).

La victime de violences conjugales peut saisir le Juge aux Affaires Familiales qui peut délivrer en urgence une ordonnance de protection (article 515-11 du code civil) et accorder à titre provisoire les mesures suivante :

  • Expulser l’auteur du domicile du couple et attribuer la jouissance à la victime (sauf circonstance particulières) ;
  • Interdire à l’auteur de recevoir ou de rencontrer la victime ;
  • Autoriser la victime à dissimuler son domicile ou sa résidence et à élire domicile chez l’avocat qui l’assiste ou la représente ou auprès du procureur de la République dans certains cas ;
  • Se prononcer sur les modalités d’exercice de l’autorité parentale et, le cas échéant, sur la contribution à l’entretien et à l’éducation des enfants ;
  • Autoriser la dissimulation du domicile et l’élection de domicile pour les besoins de la vie courante chez une personne morale qualifiée (association…) ;
  • Admettre provisoirement à l’aide juridictionnelle pour couvrir les frais d’avocats et les éventuels frais d’huissier et d’interprète.

5e PLAN DE MOBILISATION ET DE LUTTE CONTRE TOUTES LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES (2017-2019)

Le Gouvernement a lancé le 23 novembre 2016 le 5e Plan de mobilisation et de lutte contre toutes les violences faites aux femmes (2017-2019). Ce plan, organisé autour de mesures fortes avec des moyens supplémentaires (plus de 125 millions d’euros seront engagés au total pour financer les mesures), doit permettre aux femmes victimes de violences d’accéder à leurs droits, d’être protégées et accompagnées, pour sortir des violences et se reconstruire.

Ce plan fixe 3 objectifs :

  1. Sécuriser et renforcer les dispositifs qui ont fait leurs preuves pour améliorer le parcours des femmes victimes de violences et assurer l’accès à leurs droit ;
  2. Renforcer l’action publique là où les besoins sont les plus importants ;
  3. Déraciner les violences par la lutte contre le sexisme, qui banalise la culture des violences et du viol.

« Ce n’est qu’en nous mobilisant collectivement que nous parviendrons à attaquer le problème à sa source et faire reculer les violences sexistes. »
Laurence Rossignol, ancienne Ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes – novembre 2016

Le nouveau clip de Solidarité Femmes

« Ennemi intérieur » est le film de la campagne 2017 de Solidarité Femmes. Cette vidéo rappelle que dans la majorité des situations de violences, les femmes connaissent leur agresseur.

Des centres d’accueil pour les femmes victimes de violences conjugales

Rencontre

Elles nous reçoivent chaleureusement, mais on peut lire dans leurs sourires la timidité de celles qui entrouvrent une partie de leur jardin secret, et dans leurs regards un long combat, mais l’espoir aussi…
Elles ? Ce sont les femmes que j’avais rencontrées il y a plus d’un an au Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale Élisabeth Bouissonnade à Montpellier – le centre d’accueil de jour qui accompagne les femmes seules ou avec enfants, victimes de violences conjugales, en vue de les aider à accéder ou à recouvrer leur autonomie personnelle et sociale.

La violence au quotidien

Si aujourd’hui ces Montpelliéraines arrivent à raconter leur expérience avec humilité et courage, le parcours de ces femmes n’a été qu’épreuves, blessures, menaces et peur.
La peur de mourir sous les coups de leur conjoint, la peur des représailles si elles parlent, la peur de l’homme qui partagent leur quotidien, le père de leurs enfants. Des femmes comme il y en a tant, comme il y en trop. Dans l’Hérault, ce sont plus de 2 300 faits de violences intrafamiliales constatés par la police et la gendarmerie en 2014.

Ne restons pas silencieux face aux violences faites aux femmes partout dans le monde.

Avec des actions soutenues par la Délégation Régionale aux Droits des Femmes (DRDFE), les Centres d’Informations pour les Droits des Femmes et des Familles (CIDFF) œuvrent sur le terrain et comptent une centaine de points d’accueil répartis en Occitanie.

Les lieux d’accueil comme celui que j’ai visité sont financés par la DRDFE, en partenariat avec les villes et la CAF. Ils permettent aux victimes de rompre avec l’isolement, de les renseigner sur leurs droits et de les soutenir dans leurs démarches.

La reconstruction comme objectif

Dans le CHRS É. Bouissonnade, la capacité d’accueil est de 35 personnes, avec un suivi de 1 500 personnes par an en moyenne. Certaines sont logées sur place, mais la plupart des femmes qui fréquentent le centre vivent encore dans leur domicile, parfois à l’hôtel dans l’attente d’une solution pérenne. Outre l’écoute et le soutien psychologique, c’est un véritable foyer où elles peuvent se réfugier avec leurs enfants, échanger et participer à des ateliers de création et d’écriture, un exutoire indispensable pour exorciser les angoisses dans cette démarche de réparation et de reconstruction.

SOS VIOLENCES FAITES AUX FEMMES www.sosfemmes.com
www.stop-violences-femmes.gouv.fr


Campagne « Stop aux violences faites aux femmes » par droitsdesfemmes

Sources :
¹ Lettre de l’Observatoire national des violences faites aux femmes publiée en novembre 2017. (Pour info, en 2016 le chiffre était de 223 000 femmes.)
² Enquête “Cadre de vie et sécurité”, INSEE – ONDRP 2012-2015.
³ Étude nationale sur les morts violentes au sein de couple, année 2016-Délégation aux victimes, Ministère de l’Intérieur.
4 « Contexte de la sexualité en France », INSERM-INED, 2006.
5 Enquête « VIRAGE », INED, 2016.
6 Centre Hubertine Auclert, 2016.

Programme autour de la Journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes

TOULOUSE

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Du 23 au 25 novembre à Muret :
Festival des Ailes pour l’Égalite, organisé par l’association Du Côté des Femmes 31 (ciné-débat, expos, ateliers, concerts…)

• Vendredi 24 novembre à Muret : spectacle « Décontes du quotidien et autres chroniques féministes » par la compagnie Les Boudeuses.

• Samedi 25 novembre :

→ À 11h30, Allées Jean Jaurès : Disons STOP aux violences contre les femmes (rassemblement mixte organisé par les associations militantes locales).

→ De 10h à 18h, Square Charles de Gaulle : Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes avec les associations qui luttent au quotidien pour les droits des femmes (Mouvement du Nid 31Osez Le Féminisme Toulouse,  Zéromacho…).

→ À 18h, Esplanade Alain Savary : inauguration d’une stèle  en mémoire des femmes victimes de violences machistes par Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, en présence du Collectif Midi-Pyrénées des Droits des Femmes.

→ À 19h au Métro François Verdier : Marche de nuit (féministe en mixité choisie) contre les violences sexistes.

• Mercredi 29 novembre de 18h30 à 20h30 et samedi 9 décembre de 14h30 à 16h30 au musée des Augustins : Visite au musée, la figure de la femme – Parcours commenté par une guide conférencière autour de la figure de la femme dans les collections du musée des Augustins (XIIe-XIXe siècle), à travers le prisme des violences symboliques. Suivi d’un débat animé par l’association Olympe de Gouges.

MONTPELLIER

• Vendredi 24 novembre

 De 14h à 16h30 : lancement de l’opération « sac à pain » (la violence ne doit pas être notre pain quotidien !) par les clubs Zonta de France Sud avec le soutien de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de l’Hérault-Montpellier.

 À 19h au Peyrou : Marche de nuit non mixte.

• Samedi 25 novembre :

 De 10h à 20h, pierresvives : Editathon. Journée Wikipedia. Femmes Féminisme en Hérault. Ces ateliers de contributions ont pour but de rendre plus visibles les femmes dans l’encyclopédie et amener davantage de femmes à la contribution. Une journée contributive co-organisée par les Archives départementales de l’Hérault, la communauté Wikipédia et l’association Montpel’libre.

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De 13h à 17h place de la Comédie : un village associatif réunit les structures locales qui travaillent au quotidien auprès des femmes et les associations militantes (avec entre autres le CIDFF, Osez le féminisme…).

→ À 18h, Centre Rabelais : conférence-débat sur les violences conjugales – enquête sur un meurtre de masse. En présence de Juliette Deborde et Gurvan Kristanadjaja, journalistes à Libération.

• Jeudi 30 novembre :

Journée de rencontre organisée par le CIDFF de l’Hérault : quelques 200 professionnel.le.s de l’Hérault impliqué.e.s dans les réseaux de lutte contre les violences conjugales, au Lazaret à Sète. Parce que l’accueil et l’accompagnement des femmes victimes nécessite l’implication et la formation continue de tous les acteurs et actrices de terrain. Événement labellisé « Tour de France de l’égalité entre les Femmes et les Hommes ».

DANS L’AUDE

Du 23 au 25 novembre à La Redorte : festival Les Kulutr’Elles, le Festival Chanson au féminin dédié à la lutte contre les violences faites aux femmes.

ET AUSSI…

Le Département de l’Hérault s’investit dans le quotidien des femmes

  • En matière de santé (éducation et information contraception, IVG, informations autour de la grossesse) ;
  • Soutien à la parentalité (et à la mono-parentalité, travail autour du lien mère/enfant, préparation à la séparation) ;
  • Intégration et socialisation (cours d’alphabétisation, ateliers d’expression, insertion professionnelle/projet de vie, sorties culturelles/sportives) ;
  • Informations sur leurs droits (conseils juridiques, accompagnement des femmes victimes de violences conjugales, des jeunes en situation ou en risque prostitutionnel, des jeunes filles victimes de mariages forcés…).

En plus de ses 19 agences de solidarité, le Département de l’Hérault, en partenariat avec le CIDFF et l’association Via Voltaire, a édité le guide pratique gratuit Mon Hérault au féminin à destination des Héraultaises pour leur apporter des conseils pratiques, des réponses et une sélection de services qui leurs sont destinés.

Pour aller plus loin

CIDFF Alpes-Maritimes
UR-CIDFF Bouches-du-Rhône
UR-CIDFF Languedoc-Roussillon
UR-CIDFF Midi-Pyrénées
CIDFF Aude
CIDFF Hérault
CIDFF Gard
CIDFF Pyrénées-Orientales
CIDFF Vaucluse

Amicale du Nid
Du Côté des Femmes 31
Osez le Féminisme Toulouse
Osez le Féminisme 34
VoyellesFM

Liste des associations en Occitanie qui viennent en aide aux femmes.

Ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des Femmes

Ministère des Affaires sociales de la santé

Photo de couverture extraite de la campagne lancée en 2015 : des stars internationales (Emma Watson, Angelina Jolie, Kendall Jenner, Madonna, Kim Kardashian, Miley Cyrus, Gwyneth Paltrow, Kristen Stewart) ont accepté d’être défigurées en photo par l’artiste italien Alexsandro Palombo pour dénoncer les violences faites aux femmes à travers le monde.

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