Le marketing de genre épinglé par Miss Cactus

LE BILLET DE
mauvaise
HUMEUR

© Dafne Saporito

En tant que mères hyper ouvertes, nous essayons toutes d’éduquer nos enfants – filles et garçons – à peu près de la même manière : pas question que Loulou se traîne devant la télé avec papa en se grattant le ventre, pendant que Louloutte débarrasse la table avec maman en chantonnant gaiement. On se bat assez pour l’égalité femme/homme au boulot pour avoir en plus à supporter de cohabiter avec des mini machos à la maison !

Mais le marketing dit “genré” (ou sexué, ndlr) nous complique bien les choses !
Comment balayer tous nos jolis principes d’éducation en vingt secondes chrono et revenir à l’image de la femme des années 50 ? Hop ! une pub par-ci avec une mignonne petite fille toute souriante qui passe l’aspirateur comme maman, hop ! une pub par-là pour un liquide vaisselle réservé aux filles qui astiquent et qui aiment ça. On avait à peu près réussi à faire comprendre aux vendeurs d’électroménagers que le fer à repasser n’était pas un cadeau de Fête des mères acceptable, voilà qu’ils nous proposent à la place un GPS rose “spécial femmes” avec en mémoire toutes les bonnes adresses shopping et spa du coin, ou un beau portable à paillettes avec recettes de cuisine et astuces de grand-mère en page d’accueil, et en cadeau l’indispensable manuel « l’informatique pour elles ».
À nous de rectifier le tir auprès de nos bambins avec notre seule arme : l’exemplarité !

Parce que nous, sans être extrémistes, on a opté pour le mode “totale tolérance” : si Petit Chéri s’écrase notre rouge à lèvres préféré sur les joues, et qu’on s’énerve contre lui, ce n’est pas parce que le maquillage, c’est un truc de fille, mais juste parce qu’on ne le trouve plus dans cette couleur. On ne cède pas non plus quand notre ado exige le nouveau dentifrice pour homme, arôme menthe-testostérone ou le déo qui rend les filles hystériques, alors qu’une simple bonne douche au savon de Marseille suffirait pour qu’elles ne s’enfuient plus.

De la même manière, quand Fifille nous annonce fièrement qu’elle veut faire médecin sans frontières, joueuse de rugby ou programmeuse web quand elle sera grande, on ne lui tapote pas gentiment la joue en lui disant qu’infirmière ou institutrice, ce serait déjà bien. Non, on l’encourage, on la soutient, on assiste courageusement aux matches, on est super fières !
Et quand notre PC plante alors qu’on finalise notre panier sur mégasoldes.com la rédaction d’un accord de fusion-absorption, on n’hésite pas à solliciter ses neurones, qui, comme c’est étrange chers publicitaires, ne sont ni roses, ni à paillettes !

Pendant ce temps, Chéri astique joyeusement le sol de la cuisine, en grignotant un fromage spécial « soirée filles ». Parce que ça, c’est la vraie vie en 2017 !

Illustration Dafne Saporito

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