Les touristes épinglés par Miss Cactus

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LE BILLET DE
mauvaise
HUMEUR

touristes
© Dafne Saporito

Mer : chauffée. Paillotes : installées. Festivals : programmés. Rosé : au frais. Moustiques : aiguisés. Touristes : installés. C’est parti pour l’été… Et la cohabitation forcée avec tous ces estivants en mal de plage, de flamants roses, de fiesta et de vieilles pierres.

Nous aussi, on aimerait bien en profiter. Parce que même si nous sommes dorées et salées comme des chips dès le mois de mai, on n’est pas en vacances toute l’année, sous prétexte qu’on a la mer et le soleil. Si on est chez nous en plein mois d’août, c’est probablement qu’on bosse. Contrairement à certaines de nos amies qui nous narguent en postant des photos de spots de rêve à l’autre bout du monde, alors qu’on est coincées dans un bouchon entre un camping-car allemand et une caravane hollandaise en rentrant de Palavas-les-Flots. Ce qui peut nous rendre un brin désagréables, c’est compréhensible !

C’est vrai que nous sommes parfois aussi tendres qu’une fougasse industrielle avec ce malheureux touriste égaré. Mais c’est simplement parce qu’on n’a pas fait néerlandais deuxième langue et que sorry but on ne sait toujours pas où se trouve le musée du Filet de pêche ! Par contre, on veut bien perfectionner notre suédois avec le grand blond là-bas, et même lui expliquer les subtilités de notre dialecte en lui faisant visiter nos lieux préférés et très secrets. On ne lui donne pas deux jours pour ponctuer toutes ses phrases de « con » et de « putaing » !

Et voilà, à jouer à l’office du tourisme à chaque coin de rue, on va être en retard au barbeuc-pétanque de notre pote de Paris qui a loué un super mas en pleine campagne (à deux heures de route) et qui compte sur nous pour lui faire visiter la région, de la Camargue aux Cévennes en passant par la jolie Collioure. C’est bien connu, dans le Sud, tout est proche ! Alors, on lui laisse les trajets en plein cagnard, les mauvais restos hors de prix et les musées bondés, nous, on reste au bureau avec la clim. En plus demain, on a rendez-vous avec Thor, au camping, pour la soirée mousse !

Difficile aussi de faire comprendre à l’ami touriste que tous les produits vendus sur nos “petits marchés si typiques” ne viennent pas tous de producteurs locaux. Et que ce n’est pas parce qu’il porte des espadrilles et un chapeau de paille, qu’on ne va pas le prendre pour un jambon (de sanglier). À lui la lavande made in Hongrie et le fromage de chèvre en provenance directe de Pologne. Tant pis pour lui s’il est persuadé d’avoir fait l’affaire du siècle.

Mais comme on est (un peu) sympa quand même, on trouvera bien une façon d’expliquer à notre sublime voisine de serviette de plage à la peau si blanche que c’est une mauvaise idée de se badigeonner d’huile d’olive – même bio – avant de faire bronzette ! En revanche, avec de la tapenade, le résultat est top, foi de fille du Sud !

Bonnes vacances !

 

Illustration Dafne Saporito

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