Sandrine Jullien-Rouquié, fondatrice de Ludilabel

Sandrine Jullien-Rouquié simplifie la vie des parents avec le marquage fun et rapide. Une révolution qui cartonne et la propulse à l’international ! 

Découvrez l’interview dans son intégralité :

Ludilabel est une start-up qui fabrique et commercialise des étiquettes nominatives pour marquer tout ce qui est vêtements et fournitures scolaires des enfants et des adultes en collectivité.

Comment vous est venue cette idée ?

J’ai travaillé pendant plus de dix ans dans la production cinématographique – un univers passionnant, enrichissant et inspirant -, mais à la naissance de mon premier enfant, j’ai eu envie de pouvoir gérer notamment mon emploi du temps. D’où l’idée de partir sur un autre projet. Il se trouve qu’au premier jour d’entrée en crèche de ma fille, on m’a demandé de tout marquer, vêtements et objets… J’ai donc réfléchi à une solution innovante et plus moderne de dépoussiérer ce marché de l’étiquetage. C’est comme ça qu’est né Ludilabel.
Notre cible, qui est la maman urbaine, active et connectée, coud moins et surtout n’a pas le temps, donc l’idée était d’avoir un produit facile à poser et ludique. C’est vrai qu’on parle des vêtements, mais typiquement pour les fournitures scolaires, ce sont maintenant les enfants qui s’y collent – sans mauvais jeu de mot -, et qui vont coller, parce que c’est facile, sur chaque crayon – et je vous parle des douze crayons de couleur, des vingt-quatre feutres, cinq tubes de colle qu’il va falloir marquer ! Les enfants de six ans peuvent identifier eux-même leurs fournitures scolaires.

Passer d’un métier dans le cinéma à un rôle de manager chef d’entreprise doit demander d’apprendre beaucoup de choses ?

J’ai appris à déléguer.

Il y a beaucoup de choses à apprendre, et c’est ce qui est passionnant. Ludilabel a six ans mais je continue à me nourrir, m’informer, me former sur tout l’univers du digital, de l’impression numérique qui est aussi notre cœur de métier. J’ai appris à déléguer, c’est-à-dire à savoir m’entourer de collaborateurs, de les prendre pour ce qu’ils sont et pas ce qu’ils font, avec de vraies expertises dans ces métiers nouveaux pour lesquels ils ne peuvent pas avoir dix ans d’expérience – je pense au trafic manager, au social manager qui sont des métiers qui n’existaient pas. Et continuer à rester audacieux ou insouciant, avoir un peu des deux et se faire confiance !

Ludilabel est une entreprise en forte croissance ?

Oui, on a eu la chance de rencontrer le succès immédiatement, et pour le coup, nos difficultés ont été de gérer l’hyper croissance : on avait des commandes qui doublaient chaque année – à l’heure actuelle, c’est 100 000 commandes par an. On a un fort pic d’activité l’été, pour les colonies de vacances et la rentrée scolaire où il faut gérer ces 3 000 commandes par jour sachant qu’on est sur du produit personnalisé donc on ne peut pas faire de stock. Donc c’est 40 personnes qui s’activent au niveau de la relation client. Il faut savoir qu’on a quatre sites internet, avec des expéditions dans plus de 80 pays dans le monde donc on a des clients Espagnols, Anglais, Italiens… – essentiellement l’Europe par rapport aux délais de livraison -, pour répondre à la demande.

Le fait d’être une femme qui monte son entreprise était facile ou difficile ?

Pour mon expérience personnelle, c’était plutôt facile parce qu’on a pu monter la société en fonds propres, qui nous ont permis d’acheter notre première imprimante numérique et de créer le site web (on vend exclusivement sur Internet). Cette hyper croissance aidant, on n’a pas eu besoin de faire appel à des organismes financiers, et je pense que c’est le principal frein quand on monte un projet c’est de trouver les fonds. Après si on se réfère aux chiffres, dans le domaine des start-up que je connais bien, il faut savoir que seulement 8 % d’entre elles sont créées ou dirigées par des femmes, donc il y a encore du travail à faire. À côté de ça, j’ai envie de mettre en évidence un autre chiffre de l’OCDE qui explique que si les projets des femmes aboutissaient autant que ceux des hommes en terme d’entrepreneuriat, on augmenterait la croissance, pour la France, de 0,4 % par an, ce qui est énorme. Donc il ne faut pas avoir peur de tester ses idées et d’aller jusqu’au bout de son projet !

Comment booster l’entrepreneuriat féminin ?

Pour moi, c’est important de mettre en avant les histoires, les réussites de l’entrepreneuriat au féminin parce qu’il est là, il existe et il y a une entraide, une volonté d’échanger, de partager, voire de transmettre ces réussites. Donc il ne faut surtout pas hésiter notamment à réseauter et à participer à différentes conférences, débats qui se créent de plus en plus, axés sur l’entrepreneuriat féminin.

Il faut mettre en avant l’entrepreneuriat féminin pour le rendre accessible à toutes.

Parce qu’il y a un réel besoin de le mettre en avant pour le rendre accessible à toutes ces porteuses de projet qui sont là, qui n’osent pas et qui ont pourtant de bonnes idées qui méritent d’exister et de se transformer en entreprises qui réussissent.

Quels combats vous tiennent à cœur ?

Le premier est vraiment de mettre en avant, rendre visible l’entrepreneuriat au féminin et le deuxième est de gommer cette frontière Paris versus province. On a implanté Ludilabel à Toulouse d’où l’on fabrique et expédie dans plus de 80 pays dans le monde, on a pu créer des filiales à l’étranger. On se sent pour le coup épaulés, encouragés, il y a une bienveillance de la part de la Ville de Toulouse et la Région Occitanie… On a aucune raison de remonter à Paris, au contraire, on a envie de ce dynamisme et il y a énormément de start-up en Occitanie qui sont des success stories. C’est plutôt l’envie de se rendre visible et de devenir, on en entend parler, la deuxième Région des start-up en France après l’Île-de-France . Le vivier est là, y’a plus qu’à !

Comment stimulez-vous votre créativité ?

Je ne devrais pas le dire, je suis quelqu’un de dispersé (rires) ! Mais au sein de mon équipe, j’ai su m’entourer de gens qui vont pouvoir canaliser cette énergie et ces idées, les planifier, les structurer, les mettre en place pour qu’elles aboutissent. Voilà, j’ai des petits anges gardiens – je pense à ma directrice marketing qui fait ça très bien. Mais après c’est nécessaire d’être à l’affût, et surtout sortir de son propre secteur, s’ouvrir à l’univers culturel où il y a des idées, des inspirations sur nos designs qui vont nous aider à rester innovants, ça aussi c’est important.

Des conseils pour celles qui voudraient se lancer ?

Il ne faut pas hésiter à parler de son projet.

J’invite toutes celles qui ont des projets, en tout cas à tenter l’aventure ! Le point le plus important, c’est que votre projet corresponde à un besoin. On a tendance à avoir une idée et à se lancer tête baissée sans pour autant la confronter. Or c’est important d’échanger, cela vous permet de structurer déjà votre idée, de voir si elle est viable, de travailler votre business modèle. Et j’ai envie de rajouter : n’hésitez pas à réseauter. Je fais partie du groupe ConnectHers, qui favorise tout ce qui est entrepreneuriat au féminin et cela nous permet d’échanger, partager, même si on travaille dans des business totalement opposés, on va avoir des sujets communs qui sont le recrutement, les RH ou le développement à l’international. Ne pas hésiter à parler de son projet, échanger. On a tendance à se dire : « on a la super idée, on la garde pour soi, surtout on n’en parle pas et on avance… ». C’est une erreur parce qu’en parler permet de la confronter, de vous rendre compte qu’il y a des points à améliorer, de travailler le business modèle pour savoir si elle va fonctionner, plaire à un nombre important, fidéliser une clientèle. C’est tout un tas de questions qu’il est important de se poser et le fait d’échanger va vous permettre de structurer votre projet, de le maîtriser, et si vous avez besoin de frapper aux portes des investisseurs financiers, vous aurez quelque chose de construit qui tient la route et qui vous permettra d’aboutir.

Quels sont vos prochains défis ?

Continuer notre développement à l’international. On a une première filiale en Italie, en plein cœur de Milan, l’idée est de mettre d’autres filiales un peu partout en Europe pour devenir numéro un européen de l’étiquette nominative. D’aller chercher d’autres marchés parce que c’est vrai qu’on est très axés sur l’enfant mais on l’a évoqué à demi-mot, il y a les seniors où le besoin d’identification est le même… il y a d’autres structures comme cela où le besoin de marquer les vêtements est présent. Et parce que c’est amusant, sortir de nouveaux produits en respectant notre charte : un produit qualitatif, esthétiquement joli et ludique. Donc on a plein d’idées qui vont germer, se mettre en place et vont être proposées au grand public au cours de l’année 2018.

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